Etats-Unis

12 janvier 2018 07:43; Act: 12.01.2018 21:48 Print

Les enfants ciblés par les gadgets du CES

Malgré les innombrables études sur les risques liés à l'addiction des jeunes aux écrans, le salon de Las Vegas a dédié un espace entier aux bambins.

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Dernier industriel en date à annoncer une petite électrique pas chère, l'équipementier automobile français Valeo, qui a présenté lundi au salon de l'électronique grand public (CES) de Las Vegas un démonstrateur de petite voiture urbaine de 2 places 100% électrique, dotée de 100 kilomètres d'autonomie et d'une vitesse de pointe de 100 km/heure. (Samedi 13 janvier 2018) Tablettes, brosse à dents avec réalité augmentée, jeux éducatifs: les gadgets pour enfants sont nombreux dans les allées du salon électronique de Las Vegas, malgré les inquiétudes sur les risques d'addiction à la technologie et aux écrans. (Vendredi 12 janvier 2018) Les constructeurs automobiles sont présents au CES pour présenter leurs projets de voitures autonomes et leur modèle d'intelligence artificielle. (Jeudi 11 janvier 218) Des «valises-robots» ont mis à profit certaines technologies (capteurs, caméras...) utilisées dans les voitures autonomes pour rouler toute seules. (Mercredi 10 janvier 2018) Sur le marché de niche de la voiture électrique de luxe, le constructeur Fisker a dévoilé cette semaine à Las Vegas un modèle à 129'000 dollars (125'500 francs), dans un nouvel effort pour concurrencer Tesla. (Mercredi 10 janvier 2018) Valeo a mis au point une voiture électrique, capable d'atteindre 100 km/h et d'une autonomie de 100 km, fonctionnant sous basse tension (48V), suffisante pour le quotidien en zone urbaine, selon le groupe. (Lundi 8 janvier 2018) Nvidia, fabricant de puces graphiques, a annoncé lundi qu'il allait renforcer son partenariat avec Uber Technologies et s'allier avec Volkswagen dans les véhicules autonomes. (Lundi 8 janvier 2018) Buddy, le robot de compagnie Frog Robotics, est déjà très populaire à Las Vegas. (Lundi 8 janvier 2018) La startup française PostMii présente un triporteur autonome, fonctionnant grâce à des capteurs solaires, qui permet aux touristes de transformer leurs photos en cartes postales. (Lundi 8 janvier 2018) Alanna Cotton, vice-présidente de Samsung-America, représente son entreprise au Mandalay Bay Convention Center de Las Vegas. (Lundi 8 janvier 2018) Nexo de Hyundai est une voiture à commande vocale et à intelligence artificielle qui peut être autonome. (Lundi 8 janvier 2018)

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Tablettes, brosses à dents avec réalité augmentée, jeux éducatifs: les gadgets pour enfants sont nombreux dans les allées du salon électronique de Las Vegas, malgré les inquiétudes sur les risques d'addiction à la technologie et aux écrans.

Au CES, les très jeunes ont leur propre section avec des produits destinés, selon les organisateurs, à «permettre aux enfants du 21ème siècle à apprendre et à jouer de façon plus intelligente».

Avec ses tablettes éponymes, la startup chinoise Dragon Touch vise «les 3 à 6 ans», explique son patron Lei Guo. Design coloré, stylet ludique, applications éducatives..., l'appareil numérique dispose aussi d'une interface pour le contrôle parental.

«Les enfants pleurent»

«Les parents peuvent limiter le temps que leurs enfants passent sur la tablette, à 30 minutes par jour par exemple», précise le jeune chef d'entreprise, reconnaissant que «c'est l'inquiétude numéro un des parents». «Je ne veux pas que mes enfants passent trop de temps sur internet» mais si on leur interdit la tablette, «les enfants pleurent et je ne veux pas leur briser le coeur», poursuit-il en riant. Chez tous les fabricants, le discours est bien rodé.

Les innombrables études sur les risques liés à l'addiction des enfants aux écrans, aux réseaux sociaux et aux smartphones font désormais partie du paysage, mettant notamment en garde contre les risques d'anxiété, de dépression, d'obésité ou de troubles du sommeil.

Un débat qui a refait surface en début de semaine avec la lettre de deux grands actionnaires du géant américain Apple, préoccupés par les effets sur la santé mentale d'un usage excessif des iPhone, et réclamant au groupe une étude sur l'addiction des plus jeunes à ses smartphones.

Exposition pragmatique

En réponse, Apple a assuré «avoir toujours été vigilant concernant les enfants» et «travailler dur pour créer des produits (...) qui divertissent et éduquent les enfants tout en aidant les parents à les protéger en ligne» via des outils de contrôle parental par exemple.

Amy Braun, directrice marketing de la startup américaine Pai Technology, se veut pragmatique face à ces craintes: «La technologie est là pour un moment et c'est important d'exposer nos enfants à la technologie mais d'une façon bénéfique».

Avec les «Pai Storybooks», des livres de contes pour enfants qu'une application permet de métamorphoser en univers de réalité virtuelle sur l'écran d'une tablette, «il s'agit de transformer le temps passé sur un écran en temps de lecture» via la technologie, dit-elle. «La question n'est pas écran ou pas écran », estime la jeune femme.

Aux Etats-Unis, «41% des familles avaient un appareil mobile à la maison en 2011» contre «95% aujourd'hui», selon l'association spécialisée Common Sense Media. Avec Magik, la brosse à dents colorée pour 6-12 ans du français Kolibree, l'enfant se regarde dans l'écran d'un smartphone ou d'une tablette en se brossant les dents. «Grâce à l'analyse d'image, l'application détecte les mouvements de brossage», explique sa conceptrice Léonie Williamson.

Un «équilibre à trouver»

Le brossage devient un jeu utilisant la réalité augmentée: l'enfant doit éliminer des petits monstres à l'image --preuve que la brosse est maniée correctement-- pour gagner des points. A la question de savoir si cela n'encourage pas les enfants à passer davantage de temps sur des écrans, Mme Williamson relativise: «C'est limité à trois brossages de deux minutes par jour, sinon les enfants se brosseraient les dents dix fois de suite!»

C'est un «équilibre à trouver», résume Ahren Hoffmann, responsable «Education» de l'association américaine des magasins de jouets indépendants. Il faut «que les enfants sortent s'amuser, qu'ils jouent avec des jouets traditionnels, des jeux de société mais qu'ils utilisent aussi leurs tablettes et leurs jouets technologiques, qu'ils apprennent à faire du code (informatique) et toutes ces choses qui sont autour de nous de nos jours», dit-elle.

(nxp/afp)