Campagne de prévention

15 avril 2012 22:28; Act: 15.04.2012 22:57 Print

Quand papi et mamie testent le Kâmasûtra

Parce qu'il n'y a pas d'âge pour faire l'amour, il n'y en a pas non plus pour utiliser un préservatif. C’est le message d’une campagne de prévention osée lancée aux Etats-Unis auprès des seniors.

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MST et EMS ne font pas bon ménage. Une vidéo mettant en scène de sémillantes personnes âgées qui miment diverses positions du Kâmasûtra fait le buzz aux Etats-Unis. Elle a été produite par l’association américaine Safe Sex for Senior afin de sensibiliser au fait qu’il n’y a pas d’âge pour se protéger et porter un préservatif lorsqu’elles s’envoient en l’air.

Dans ce clip d'une trentaine de secondes, on peut voir des seniors simuler toutes sortes de positions sexuelles sur un fond sonore de musique électro. Ses auteurs expliquent que les MST (maladies sexuellement transmissibles) ont augmenté de 71% en Floride, un Etat à forte population de retraités, sans préciser sur quelle période. La vidéo se termine par le message de prévention: «Il y a des tas de manières de le faire. Il y en a une seule de se protéger: utiliser un préservatif».

Si cette vidéo qui aborde le tabou de la sexualité chez les personnes âgées a choqué certains internautes, elle a pour but avant tout de sauver des vies. Il faut en effet savoir que certaines MST ont augmenté de manière assez spectaculaire et préoccupante auprès des seniors américains.

Selon des chiffres du Centers for Disease Control and Prevention, cité dans un article de la chaîne ABCNews, il y avait 885 cas de syphilis chez les 45-64 ans sur tout le territoire des Etats-Unis en 2000. En 2010, ce nombre est passé à 2500. Sur la même période de 10 ans, les cas de chlamydia (une autre maladie sexuellement transmissible) ont quasiment triplé, passant de 6700 à 19'000.

Une génération moins sensibilisée

Les chiffres de personnes âgées vivant avec le VIH a aussi presque doublé en 10 ans. En 2005, 15% des nouveaux cas de VIH aux États-Unis étaient diagnostiqués à des personnes âgées de 50 ans et plus. Pour expliquer ce phénomène, Eli Coleman, le directeur du programme sur la sexualité humaine à University of Minnesota Medical School, avance une théorie. Il estime que vivre plus longtemps et divorcer davantage poussent les gens à avoir plus de partenaires et donc à multiplier les risques. Cette génération est sans doute également moins informée que leurs enfants sur les questions de prévention.

(gco)