Le leader de Metallica

18 avril 2012 16:14; Act: 18.04.2012 17:15 Print

«On a voulu nous assassiner. Intéressant!»

par Catharina Steiner/fec - Le célèbre groupe américain Metallica se produira le 30 mai 2012 au Sonisphere festival à Yverdon-les-Bains. James Hetfield, son leader, répond à nos questions.

storybild

James Hefield (devant) entouré par Robert Trujillo, Kirk Hammett et Lars Ulrich (de g. à dr.) (Photo: DR)

Sur ce sujet
Une faute?

Vous réjouissez-vous de vous produire devant les fans suisses?
Oui, beaucoup. En fait, on se réjouit de toute la tournée. Ça faisait longtemps qu’on était plus sur les routes. Nous aimons le live. Et nous allons fêter notre «Black Album». Le line up de Sonisphere? Hallucinant, Slayer, Motörhead et aussi des groupes locaux.

A l’image d’Eluveitie par exemple...
Oui, j’ai entendu quelques trucs d’eux. C’est intéressant de voir qu'aujourd’hui des groupes de metal puisent dans les racines de leurs pays pour faire de la musique. C'est cool. Un groupe comme Eluveitie a beau être très folk dans l’âme, il peut être aussi très brutal.

Pour vous personnellement que représente votre «Black Album» sorti en 1991?
Nous avons déjà joué une bonne partie de ses titres en live durant nos trois dernières années de tournée mais jamais le disque dans son entier. Au début des années 1990, c’était le point culminant du heavy metal et aujourd’hui on a remis ça au goût du jour. Notre but: le jouer pour le faire connaître à un maximum de monde.

Quelle est l’ambiance qui règne aujourd'hui au sein du groupe?
Très bonne. Nous avons fêté les 30 ans de Metallica l’an dernier. Ça y a certainement contribué. Nous sommes très heureux d’être toujours ensemble, malgré la crise interne qui nous a minée pendant dix ans.

Qu’avez-vous retenu des ces difficultés?
Il faut savoir ravaler son ego. Au creux de la vague, on pense à nos fans. Ça aide. Et puis la musique coule dans nos veines. Quand on n’en joue pas, on a l’air mort.

Vous planifiez la captation et la diffusion d’un de vos concerts en 3D.
Oui, on va filmer un concert en 3D. C’est un truc qui sera rempli d’action.

Ça, c’est un truc que fait plutôt Justin Bieber...
Mais Justin Bieber est notre héros! (rires)

Attention, il y a beaucoup de fans de Bieber parmi nos lecteurs...
Des fans? C'est un culte de la personnalité oui! Sérieusement, notre film sera comme «The Wall» de Pink Floyd. Ce sera plus intense qu’un simple concert filmé. Nous avons envie de faire quelque chose qui n’a encore jamais été fait!

Avez-vous un contrôle artistique sur ce film ?
Totalement. Un film dont tu as trouvé le financement et que tu dois gérer artistiquement, ce n’est pas une mince affaire. L’industrie du film c’est encore un autre niveau par rapport à l’industrie de la musique.

Votre projet «Lulu», réalisé avec Lou Reed, a fortement déplu à vos fans...
Beaucoup de gens l'ont détesté! Certains ont même voulu nous assassiner. Je dirais que ça a été une expérience très intéressante.

Comment avez-vous réagi à ces menaces de mort?
C’était hallucinant! Quand tu te rends compte à quel point les gens peuvent devenir fous pour de la musique, peut importe qu’ils l’aiment ou qu’ils la détestent, c’est incroyable. Parfois, ça fait du bien d’être haï!

Une telle réaction montre le pouvoir que vous avez...
Il y a énormément de gens qui passent beaucoup de temps et d'énergie à montrer au monde qu’ils nous haïssent. De toute manière, aujourd’hui, quoi que tu fasses tout le monde a une opinion. Surtout aux Etats-Unis. Tout ce qu’ils peuvent dire n’a pas vraiment d’importance étant donné qu’ils se cachent derrière leurs ordinateurs et empruntent de faux noms.

En 2008, vous avez dit que Metallica cherchait à être le moins politique possible. Est-ce toujours le cas?
Une fois que vous commencez à parler de politique ou de religion, surtout en tant que groupe, c'est comme si vous entrez dans la bataille. Tu te feras automatiquement des ennemis. Et ça on en a pas besoin. On en a déjà assez!

Vous êtes père de trois enfants. Comment conjuguez-vous votre vie de famille avec celle d’une rockstar?
En ce moment, c’est facile. Je vis seulement à quelque minutes de nos quartiers-généraux. Et nous ne sommes en tournée que quelques semaines par an. Et durant l’été, les enfants ont congé à l’école. Du coup, on les emmène emmène avec nous.

James Hetfield prend donc ses enfants sur ses tournées?
Leurs passeports sont plus remplis que le mien! Ils ont de la chance de voyager autant.

Et comment les enfants s’intègrent-ils dans ce style de vie?
Ils ont grandi dans ce monde. Au milieu des scènes et des fans. Ça fait partie de leur quotidien. Mais quand Taylor Swift donne un concert et qu’ils sont autorisés à aller en backstage ils sont complètement paniqués. Du sytle: «Oh Mon Dieu, je suis en backstage, j’y crois pas!» Et moi je leurs répond: «Hey les gars, calmez vous. Vous passez votre vie en backstage.» Ils me rétorquent que ce n’est pas la même chose car Taylor Swift c’est de la bonne musique! C’est très drôle!

Vous allez donc voir Taylor Swift en concert?
A fond!

C'est une blague...
Non pas du tout! J'aime le fait que mes enfants soient fans de musique. Quelque soit le style ou l'artiste.

Sonisphere festival
Mercredi 30 mai 2012, Yverdon-les-Bains. Billets: www.sz.sonisphere.eu