Fatboy Slim

12 juin 2015 06:00; Act: 12.06.2015 16:04 Print

«Je suis un clubber irresponsable de 17 ans!»

par Fabien Eckert - Fatboy Slim va faire danser, sauter et transpirer la foule vendredi 12 juin 2015 à Festi'neuch. Interview avec cette légende electro pleine d'humour.

storybild

L'Anglais est sans pareil quand il s'agit de mettre l'ambiance sur les dancefloors tout autour de la planète. (Photo: AFP/Leon Neal)

Sur ce sujet
Une faute?

Ses tubes sont indémodables, même quinze ans après leur sortie. Normal, «Right Here, Right Now», «Ya Mama», «The Rockafeller Skank» ou «Praise You» collent directement le sourire. Parole à Norman Cook de son vrai nom.

Vous avez 51 ans et vous êtes une légende vivante de la scène. Quel est votre secret pour durer?
Déjà, merci de me rappeler que je suis aussi vieux! Ensuite, le fait de voir des jeunes gens danser sur ma musique me pousse à continuer. En fait, c'est comme si je buvais leur sang et leur sueur quand je les vois sauter partout. C'est comme un élixir qui me permet d'avoir la jeunesse éternelle!

Pensez-vous que la jeunesse actuelle à besoin de s'échapper de son quotidien en venant transpirer sur vos sets?
Certains en ont besoin, oui. D'autres non. La danse a toujours été un moyen d'échapper au quotidien. Je dirais qu'il y a plutôt une sorte d'euphorie générale quand je mixe.

Est-ce aussi un échappatoire pour vous?
Oui, parce que j'ai une double vie. Celle de Norman Cook, mari et père de famille et celle de DJ. A partir du moment où j'enlève mes chaussures avant de monter sur scène, il y a un déclic. Je me transforme en clubber animal et irresponsable de 17 ans qu'on appelle Fatboy Slim.

Pourquoi portez-vous toujours de splendides chemise à fleurs sur scène?
Initialement, je me suis toujours dit que je ne pouvais pas mettre les habits de tous les jours durant les performances. Et les chemises hawaïennes, je les ai toujours portées quand j'allais faire la fête en privé. C'est resté et maintenant je suis connu pour ça. C'est mon uniforme. Cela me permet aussi d'aider ma transformation de Norman à Fatboy. Quant au fait d'enlever mes chaussures, c'est parce que je danse mieux sans, même si certains pensent le contraire!

Comment préparez-vous sets?
Cela dépend d'où je joue. Ce sera différent si je suis en festival ou dans un club crade et underground. Je m'adapte à mon environnement. En fait, je sais uniquement ce que je vais jouer les 20 premières et les 20 dernières minutes de mon show. Au milieu, c'est de l'impro. Un bon DJ doit être capable de s'adapter à son public et d'interagir avec lui. Tu dois sentir quand il veut quelque chose de plus dur ou, à l'inverse, veut se reposer un peu. En fait, je le vois en regardant les gens dans les yeux. Et quelques minutes avant de commencer mon set, je vais guigner la foule pour sentir l'ambiance qu'il y règne.

Comment percevez-vous l'explosion de l'electro depuis quelques années?
Je suis fier d'avoir pu y contribuer. Je suis fier d'avoir rendu la musique électronique plus accessible. Tu sais, j'ai un peu le sentiment d'être le vieil oncle qui débarque chaque Noël et qui observe comment ses nièces et neveux ont grandi. Je suis ravi de voir qu'ils me parlent encore et me respectent! En revanche, je suis préoccupé par tout l'aspect mercantile et commercial qui entoure l'EDM.

Comment expliquer qu'un gamin de 19 ans comme Martin Garrix cartonne partout?
C'est grâce à internet! Tu peux devenir une sensation en une heure. C'est aussi une des raisons pour laquelle l'electro s'est autant démocratisée. Avant, tu devais attendre d'avoir 18 ans pour entrer dans un club pour en écouter.

Qui sont les DJ qui vous impressionnent le plus aujourd'hui?
Diplo est définitivement mon favori. Il est génial. Je suis toujours sur le cul quand je le vois jouer. Il a des aptitudes musicales folles et c'est un performeur dingue. Il paraît qu'il a grandi avec ma musique. J'en suis si fier!

Êtes-vous aujourd'hui dans une phase créative?
Non, je me concentre sur le deejaying. Je n'ai plus la passion de faire des disques. Peut-être aussi à cause de tout l'aspect commercial qui entoure la musique électronique. Il n'y aura donc plus d'album de Fatboy Slim parce que le concept même de l'album est désuet. La manière de consommer la musique a changé. Les gamins aujourd'hui écoutent des playlists et n'achètent plus d'albums. Spotify est en train de tuer l'industrie de la musique. La plateforme ne paie pas correctement ses artistes. Du coup, les concerts sont devenus le seul moyen de faire du fric.

Qu'est-ce que vous rêvez encore de réaliser?
Réaliser une BO de film. J'ai toujours été un cinéphile. Certaines BO te marquent à vie. Comme celle de «Midnight Express» de Giorgio Moroder. Seule condition: il faudra que le film soit vraiment très très bon. Un truc réalisé par les frères Cohen, Michel Gondry ou Spike Jonze par exemple. Ce sont des gens en qui je pourrais avoir confiance.

Comment trouvez-vous le public suisse?
Je suis toujours surpris de la manière qu'il a de se lâcher. Je veux dire ça ne colle pas avec votre image propre, sérieuse et sage que l'on a à l'étranger.

Que connaissez-vous de notre pays?
Que Zurich est un super lieu pour se faire tatouer. J'en ai fait un des miens dans cette ville il y a plusieurs années. Pour le reste, je ne connais pas grand-chose. Je sais juste que c'est beau et que les paysages sont merveilleux. C'est cliché, hein? Malheureusement, comme je suis vraiment nul en ski il y a peu de chances que je vienne en vacances chez vous! Fatboy Slim «Right Here, Right Now»

PROGRAMME DU VENDREDI 12 JUIN 2015 (complet)
Scène Chapiteau

18h Stress
20h Texas
22h30 Fatboy Slim
Scène Lacustre
17h Aliose
19h Akua Naru
21h30 Grand Blanc
0h Psycho Weazel
1h Rone
Les Afternatives (23h45-06h. Prix: 20 fr.)
Cotton Claw, Everydayz, Flexfab, Lemonick, Supermafia VJ'S.

Festi'neuch
Du 11 au 14 juin 2015. Jeunes-Rives, Neuchâtel. Billets et infos: www.festineuch.ch