Sean Paul

23 février 2014 08:38; Act: 11.03.2014 14:23 Print

«La danse et la fête sont un lien social chez moi»

par Fabien Eckert - Sean Paul vient de publier son nouvel opus «Full Frequency», sorti vendredi. L’occasion de découvrir la star jamaïcaine de 41 ans sous un autre jour.

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L’artiste de 41 ans a encore un album fin prêt en stock: «Pour celui-ci, j’ai dû laisser trente titres de côté». (Photo: DR)

Une faute?

Impossible de dissocier la fête et les filles de l’univers de l’artiste. Toutefois, Sean Paul surprend avec son CD, rythmé aussi par des titres sombres et des ballades.

Le titre de votre album pourrait signifier que vous explorez différents styles…
C'est exact. Avec «Full Frequency», je suis parti dans différentes directions. J’ai essayé d’expérimenter de nouvelles choses. Comme par exemple de faire sonner du vieux dancehall comme quelque chose de moderne.

Quels sont concrètement les styles que vous avez choisis?
J’ai pas mal de titres de trap ou de hip-hop. Par contre, j’ai beaucoup moins de morceaux dance par rapport à mon précédent disque.
Interview part. 1

Que me répondez-vous si je vous dis que ce CD est plus sombre?
C’est juste. Surtout à cause de la première piste, «Riot». C’est un morceau très sombre dans ses sonorités. Dans tout ce que j’ai toujours fait, je parle d’expériences vécues, de comment les gens voient le monde. «Riot» est une photographie de ce qui se passe sur terre aujourd’hui. Il y a du mécontentement, les gens descendent dans la rue pour manifester. C’est une chanson très forte.

Vous avez bossé avec Damian Marley sur ce titre. Pourquoi est-ce spécial de travailler avec un des fils de Bob?
Son père est mon héros. Damian et moi on se connaît depuis qu’on est gamin. On était à l’école ensemble. Il y a donc un lien très spécifique entre lui et moi. Si on ne s’était pas connu, j’aurais été prêt à faire n’importe quoi pour bosser avec lui. Ça fait des années qu’on parle de faire une tournée ensemble. En octobre 2014, on donnera déjà cinq concerts lui et moi sur un bateau. Ça serait vraiment cool de continuer ensemble sur cette lancée.
Sean Paul ft. Damian Marley - Riot

Vous avez aussi opté pour des ballades, notamment «Wickedest Style» avec Iggy Azaela…
C’est un morceau relaxant. C’est nécessaire sur un disque. C’est comme quand je suis sur scène. Je démarre très fort et au milieu de mon set, je me calme. Tu ne peux pas être à fond tout le temps. Tu t’épuises et ça fatigue l’écoute des gens.

Quel est le fil rouge de ce disque?
Les filles et la fête comme toujours! C’est un thème récurent dans la majorité de mes chansons parce que ça fait tout simplement partie de ma vie. La danse est aussi un lien social très important en Jamaïque. Ça fait partie de la culture dancehall.

N’en avez-vous pas marre que votre image soit constamment associée aux filles et aux parties?
Des fois oui. J’aimerais que les gens ne prennent pas tout au 1er degré et qu’ils prennent conscience qu’il y a parfois quelque chose de plus profond. C’est un sacré dilemme. Oui, j’aime la fête et les filles. Je sais aussi être plus dans l’émotion. J’aimerais que le public écoute aussi ce que Sean Henriques (ndlr : son vrai nom) a à dire. Je ne me voile pas la face, je sais que mes plus grands hits, «Get Busy», «Temperature» ou «Gimme the light», sont des morceaux pour faire la fête. Je suis conscient que c’est cette image que les gens ont de moi. Ce n’est pas grave parce que je sais qu’au quotidien je ne suis pas tout le temps comme ça. Tu sais, les gens aiment te cataloguer. Mais l’habit ne fait pas le moine.
Interview part. 2

C’est avec des tubes pour faire la fête que vous gagnez votre vie…
C’est vrai. Je ne vois d'ailleurs pas pourquoi aucun artiste masculin de musique urbaine ne parvient à placer une ballade dans les charts. Rihanna et Pink elles y arrivent très bien. De toute manière, c’est le public qui décide. Je serai le plus reconnaissant des hommes si une fois mes fans pouvaient faire qu’une de mes ballades entre dans les charts.

Votre rythme de production est rapide. Votre précédent CD est sorti début 2012. Vous êtes ensuite parti en tournée et vous revoilà déjà avec un album d’inédits. Vous ne débranchez jamais?
Non, je suis un accro du boulot. Je fonctionne aux opportunités. Dès qu’une me parait bonne, je saute dessus. Je ne m’arrête jamais parce qu’on arrête jamais de me proposer des trucs. J’ai déjà un album qui est prêt en plus de celui qui sort maintenant. Pour «Full Frenquency», j’ai dû laisser de côté trente morceaux.
Sean Paul - Turn it Up

Qu’appréciez-vous particulièrement chez nous?
La raclette! J’essaie d’en manger à chaque fois que je suis ici. Sérieusement, je suis toujours époustouflé par la beauté des paysages et la propreté des villes. L’architecture est incroyable. Il y a des bâtiments contemporains et d’autres, très anciens, extrêmement bien conservés. Je suis toujours aussi surpris par mes shows. C’est extraordinaire. Ma musique est perçue différemment qu’ailleurs. Chez vous, je n’ai rien besoin de faire et c’est le feu. Ce sont toutes ces raisons qui font que je veux toujours revenir en Suisse. Que ce soit pour de la promo ou pour des tournées.
Interview part. 3