DSK aux journalistes

10 décembre 2012 18:03; Act: 10.12.2012 18:12 Print

«Prenez vos photos et foutez-moi la paix!»

Alors que l'affaire DSK-Nafissatou Diallo pourrait connaître son épilogue lundi, l'ancien patron du FMI a envoyé sur les roses les journalistes qui s’affairaient autour de lui.

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Un accord financier entre Dominique Strauss-Kahn et la femme de chambre guinéenne qui l'accusait d'agression sexuelle pourrait mettre fin ce lundi aux poursuites contre l'ancien patron du FMI à New York et marquer l'épilogue d'une extraordinaire saga judiciaire. Une audience est prévue à 14H00 (19H00 GMT) au tribunal du Bronx à New York, en présence de Nafissatou Diallo, de ses avocats, et de ceux de DSK.

«Elle ne devrait pas durer plus de 30 minutes», a précisé à l'AFP le juge Douglas McKeon. Lundi matin, télévisions et photographes convergeaient déjà vers le tribunal, énorme bâtiment cubique près du stade des Yankees. Des barrières étaient en cours d'installation, dans la perspective d'une conférence de presse après l'audience.

Présence de DSK non-requise

Le magistrat n'a pas requis la présence de M. Strauss-Kahn à cette audience, qui vise à faire le point sur les négociations discrètement menées ces derniers mois.

Mais il a demandé celle de Mme Diallo, que personne n'a revue depuis l'été 2011, pour qu'elle approuve les termes de l'accord s'il est effectivement conclu. Le juge a même demandé un interprète pour la femme de chambre peule, selon le porte-parole du tribunal. Le montant du chèque et autres détails resteront probablement confidentiels, comme souvent dans ces transactions.

L'avocat de DSK, William Taylor, avait qualifié de «complètement fausses» la semaine dernière des informations selon lesquelles l'ancien patron du FMI, 63 ans, aurait accepté de payer six millions de dollars à la femme de chambre de 33 ans.

Éviter un procès long et coûteux

Les accords financiers, qui mettent fin aux poursuites civiles, sont extrêmement fréquents aux Etats-Unis. Ils évitent aux deux parties un procès long et coûteux à l'issue incertaine.

Ils ne sont pas un aveu de culpabilité, mais évitent à un accusé d'avoir à donner sa version des faits et lui permettent d'en finir avec un dossier. Si l'accord est finalisé, DSK, qui n'a jamais expliqué à la justice ce qui s'était passé dans sa suite de l'hôtel Sofitel, en aura fini avec les tribunaux américains, 19 mois après le scandale qui l'avait contraint à démissionner du FMI et avait mis fin à ses ambitions présidentielles en France. Il s'est depuis séparé de son épouse, la journaliste Anne Sinclair.

Saga judiciaire

Les accusations de la femme de chambre, le 14 mai 2011, avaient lancé une extraordinaire saga judiciaire. Mme Diallo, veuve élevant seule une adolescente, avait affirmé que DSK l'avait contrainte à une fellation dans sa luxueuse suite du Sofitel où elle était entrée faire le ménage.

Dominique Strauss-Kahn avait été arrêté à l'aéroport JFK en partance pour la France, incarcéré plusieurs jours, inculpé puis assigné à résidence.

Mais trois mois plus tard, dans un étonnant volte-face, le procureur en charge de la procédure pénale en avait demandé le classement, effectif le 23 août. Il avait expliqué que Nafissatou Diallo avait menti de manière répétée aux enquêteurs sur certains épisodes de son passé, et «sérieusement entamé sa crédibilité de témoin» en cas de procès.

Nafissatou Diallo introuvable

Sans attendre, la jeune femme avait porté plainte au civil le 8 août, pour obtenir des dommages et intérêts.

Libre de rentrer en France, DSK a ensuite reconnu dans une interview télévisée une relation sexuelle de quelques minutes avec la jeune femme qu'il ne connaissait pas, «une faute morale», mais «sans violence ni contrainte». Il a depuis été mis en examen en France, pour proxénétisme aggravé en bande organisée dans l'affaire dite du Carlton, qui porte sur l'organisation de soirées libertines avec des prostituées.

Ces derniers mois, DSK a tranquillement fait sa réapparition dans la vie publique, espérant se façonner une image moins sulfureuse. On l'a vu flâner au marché de Sarcelles, la ville dont il a été le maire, il a accordé une interview à un hebdomadaire et participé à plusieurs conférences à l'étranger. Il a aussi créé une société de conseil à Paris. Depuis le début du scandale, Nafissatou Diallo a déménagé nul ne sait où. Elle n'a pas repris le travail, est toujours en congé maladie, salariée du Sofitel.

(cga/afp)

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