Dix ans du 11-Septembre

09 septembre 2011 10:44; Act: 09.09.2011 10:55 Print

«Je vais mourir, c'est ça?»«Je vais mourir, c'est ça?»

Certaines des 3 000 personnes qui ont succombé il y a 10 ans dans les attentats du 11-Septembre ont tenté un dernier contact désespéré avec le monde extérieur. Voici certaines de ces conversations.

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Le 11 septembre à 08:46, le vol 11 d'American Airlines s'écrase sur la face nord d'une tour du World Trade Center. Le terrible impact et l'explosion de kérosène provoquent l'effondrement de la tour. Les passagers et membres de l'équipage des avions détournés sont tués sur le coup. A 09:03, un deuxième avion percute la tour sud du WTC. C'est un Boeing 767, le vol 175 United Airlines, qui percute la tour à une vitesse d'environ 872 km/h. Les caméras du monde entier, braquées sur la tour nord, ont pu capturer les images en détail. Une énorme boule de feu se forme. L'effondrement de la tour est inévitable, au vu de la hauteur de l'impact. Au moment du désastre, pas moins de 18'000 personnes sont dans les bâtiments. Les images des tours en feu ont fait le tour du monde. Les images des personnes tentant désespérément d'échapper au brasier en se jetant des tours ont marqué les esprits. Les employés de bureau fuient le feu tandis que les pompiers se fraient un chemin. Les équipes se relaient sans relâche. La tour sud s'effondre à 10:05. Les tours s'effondrent à la verticale. Près de 2800 personnes sont ensevelies sous les décombres. Les piétons fuient la nuée de poussière. Les gens aux abords du désastre, sous le choc. Un paysage apocalyptique se dessine. Les rues sont envahies de poussière. Au moment de l'attaque, le Président Bush rend visite à une école, en Floride. Il est informé de la catastrophe au moment de la deuxième attaque. Image du niveau zéro, au lendemain de l'attaque. L'horizon de New York sans les tours jumelles. Plus de huit ans après le drame, des photos inédites, prises par hélicoptère, ont été révélées au public.

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Prises dans l'enfer du 11 septembre 2001, la plupart des victimes des attentats ont péri seules et sans pouvoir appeler quiconque au secours. Mais certaines des 3.000 personnes qui ont succombé il y a 10 ans ont tenté un dernier contact désespéré avec le monde extérieur.

Qu'ils aient été passés avec un téléphone portable, des téléphones de bureau encore en état de marche dans les tours du World Trade Center (WTC) en flammes, ou via les téléphones payants disponibles à bord des avions détournés, certains de ces messages ont été sauvegardés.

A l'instar de celui de Melissa Doi, 32 ans, qui était alors cadre dans une entreprise installée au 83e étage de la tour Sud du WTC. Elle a pu rester en ligne avec une employée des services d'urgence pendant quatre minutes, après l'impact du deuxième avion :


- «Je vais mourir, c'est ça ?» dit-elle alors en pleurant.

- «Non, non, non, non, non», répond l'opératrice.


- «Je vais mourir, je le sais !»

- «Madame, madame, faites vos prières», dit l'employée en guise de consolation.


- «Dieu, je t'en prie...»

La conversation s'achève peu après sur un «au secours» déchirant de Melissa Doi.

«Oh mon Dieu!»

Quelques étages au-dessus, Kevin Cosgrove tentait lui aussi de joindre les services d'urgence. La voix de ce vice-président d'une société de courtage, dont les bureaux se trouvaient au 99e étage, est entendue pour la dernière fois à 9H58.

«Oh mon Dieu !», lance-t-il, avant de hurler au moment où l'on entend le fracas de la tour qui s'effondre.

D'autres communications ont été enregistrées depuis les avions détournés, émises par le personnel navigant ou les voyageurs.

Betty Ong, par exemple, était hôtesse de l'air sur le vol American Airlines 11 au départ de Boston. A 8H19, elle joint le contrôle au sol. Elle explique que deux de ses collègues ont été poignardés et que le poste de pilotage ne répond pas.

«Je pense que nous sommes détournés», explique-t-elle. A peine 30 minutes plus tard, l'avion dans laquelle elle se trouve heurte la tour Nord.

«Je veux simplement te dire que je t'aime»

Alice Hoagland, elle, essaye d'appeler son fils Mark Bingham après avoir pris connaissance des détournements en cours. Celui-ci avait pris place ce matin-là à bord du vol United Airlines 93.

«Fais de ton mieux pour essayer de reprendre le contrôle de l'appareil», lui dit-elle d'une voix calme et ferme en laissant un message sur son téléphone portable. L'avion s'est finalement écrasé dans un champ en Pennsylvanie, en lieu et place de Washington, sa cible supposée.

Mark Bingham est considéré comme l'un des passagers qui se sont attaqués au prix de leur vie aux pirates de l'air, évitant que l'avion ne s'écrase sur le Capitole ou la Maison Blanche.

A New York, Brian Sweeney était à bord du vol United Airlines 175 avant que l'appareil ne heurte la tour Sud, à 9H03. Quelques minutes avant, il parvient encore à laisser un message à sa femme :

«Ecoute, je suis à bord d'un avion détourné», dit-il. «Je veux simplement te dire que je t'aime, que je ne souhaite que ton bonheur. Même chose pour mes parents et nos amis. Je vous aime tous.»

D'autres ont été en mesure d'échanger quelques derniers mots. Beverly Eckert, cité par le «New York Magazine» daté de cette semaine, se rappelle à quel point elle était heureuse de recevoir un appel de son mari à 9H30. Elle supposait qu'il avait pu s'échapper de son bureau des tours jumelles :

«Il m'a dit qu'il était encore au 105e étage et j'ai compris tout de suite qu'il ne rentrerait pas à la maison. Après quelques minutes de conversation, j'ai entendu un bruit sourd». La tour commençait à s'effondrer.

«Je l'ai appelé par son nom encore et encore, puis je me suis assise en serrant le téléphone contre ma poitrine.»

(afp)

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