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Italie
08 novembre 2011 16:50; Act: 08.11.2011 17:46 Print
Berlusconi, une victoire et un échec
Silvio Berlusconi a remporté une victoire à la Chambre des députés, mardi. En revanche, il a perdu la majorité.
Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a remporté mardi un vote-test à la Chambre des députés grâce à l'abstention de l'opposition. Mais le «Cavaliere» a perdu la majorité absolue, un revers qui risque de lui être fatal. L'opposition a aussitôt réclamé sa démission.
Le bilan 2010 de l'Etat italien a été adopté par 308 voix, nettement en-dessous des 316, seuil de la majorité absolue. Le centre gauche s'est abstenu comme il l'avait promis, afin de tester la fidélité des partisans de M. Berlusconi. Huit voix ont donc manqué pour atteindre la majorité absolue.
«Le gouvernement n'a pas la majorité dans cette assemblée», a immédiatement constaté Pierluigi Bersani, le chef du Parti démocrate (PD), principal parti d'opposition.
«Pas capable»
Cette constatation a été immédiatement suivie par une demande de démission adressée à Silvio Berlusconi. «Nous avons un problème de crédibilité avec ce gouvernement. Ce gouvernement n'est pas capable de gérer la situation et de l'affronter. Ce déficit de crédibilité est fondé sur des chiffres», a déclaré M. Bersani.
«Je vous demande, M. le Président (du Conseil, ndlr), de toutes mes forces, de prendre finalement acte de cette situation. On ne peut pas continuer à avancer de cette façon. Vous devez démissionner», a conclu le chef de l'opposition.
Les députés ayant décidé de s'abstenir de ce vote mais présents à la Chambre étaient 321, donc un chiffre nettement supérieur à ceux qui ont soutenu le gouvernement du «Cavaliere» qui s'est retrouvé ainsi en minorité politique à la chambre basse du parlement.
Ce résultat est en-dessous également des estimations de la presse qui tablait sur 310 ou 311 votes favorables à Silvio Berlusconi et pourrait représenter le coup de grâce pour le chef du gouvernement.
Réunion pour décider
Un peu plus tôt dans la journée, Umberto Bossi, chef de la Ligue du Nord, le principal allié de Silvio Berlusconi, dont il assure la survie politique au Parlement, avait aussi demandé au chef du gouvernement italien de démissionner.
Après le vote, M. Berlusconi a quitté l'hémicycle, la mine sombre. Il a immédiatement organisé une réunion avec les principaux dirigeants de la Ligue du nord, M. Bossi, le ministre de l'Intérieur Roberto Maroni et le ministre des Finances Giulio Tremonti pour décider de la marche à suivre.
En clair: décider de démissionner ou de tenter de résister encore. Selon le ministre de la Défense, Ignazio La Russa, M. Berlusconi devait aussi consulter le président Giorgio Napolitano.
Soumis à une pression grandissante de la part de ses partenaires politiques et européens, «Il Cavaliere» a jusqu'à présent rejeté les appels à démission et démenti les rumeurs sur son départ qui ont circulé lundi sur les marchés et dans la presse.
Incertitude en vue
Cela dit, la démission de Silvio Berlusconi inaugurerait une période de grande incertitude pour l'Italie, sans solution expéditive à une crise de la dette qui menace l'ensemble de la zone euro. Des analystes disent que l'économie est à nouveau en récession et n'enregistrera pratiquement aucune croissance en 2012 et enfin que Rome ratera ses objectifs budgétaires.
Les marchés veulent un gouvernement de technocrates non élu, désigné pour concevoir des réformes impopulaires censées redonner du mordant à la croissance, ce qui, estime l'un d'eux, amènerait les investisseurs internationaux à regarder l'Italie d'un oeil plus favorable.
Les analystes font valoir que les gouvernements de technocrates dirigés par Giulio Amato et les banquiers centraux Carlo Azeglio Ciampi et Lamberto Dini dans les années 90 ont fait des réformes importantes qui ont permis à l'Italie de surmonter des crises peut- être encore plus aigües.
On avance souvent le nom de l'ex-commissaire européen Mario Monti pour diriger une telle équipe gouvernementale. Mais quant à ce qu'elle puisse rassembler une majorité au parlement, rien n'est moins sûr.
(ats/afp)























