Italie

08 novembre 2011 16:50; Act: 08.11.2011 17:46 Print

Berlusconi, une victoire et un échecBerlusconi, une victoire et un échec

Silvio Berlusconi a remporté une victoire à la Chambre des députés, mardi. En revanche, il a perdu la majorité.

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Silvio Berlusconi (au centre), est né le 29 septembre 1936. Il est l'ainé de Luigi Berlusconi et Rosa Bossi. En 1954, Berlusconi obtient le certificat de fin d'études à Milan. En 1961, il est diplômé en droit à l'Université de Milan. Avec sa thèse de diplôme, il a remporté un prix de plus de 2 millions de lires remis par l'agence de publicité Manzoni. Après une courte expérience de courtier dans l'immobilier, Berlusconi fonde en 1961 avec le constructeur de Pietro Canali sa première entreprise, la Cantieri Riuniti Milanesi Srl. En 1978, il rejoint la Propaganda Due (P2), à l'origine une loge maçonnique, qui a été accusée dans les années 1970 de préparer un complot contre des hommes politiques de l'époque. En 1985, Berlusconi et sa première femme Carla Dall'Oglio divorcent. En 1990, nouveau mariage avec l'actrice Veronica Lario. Ils auront trois enfants. En mai 2009 Lario a demandé le divorce. Entre 1963 et 1978, Silvio Berlusconi a fondé plusieurs compagnies de construction - certaines ayant des investisseurs suisses. En 1982, il achète les chaînes de télévision Italia 1 et Rete 4 en 1984. C'est le début de la fondation de Mediaset, le groupe de médias du groupe Berlusconi Fininvest, les principaux opposants de la RAI. Depuis 1986, Berlusconi est le propriétaire du Milan AC. En 2004, une loi régissant les conflits d'intérêt l'a obligé à démissionner de la présidence du club. Malgré sa proximité avec le chef de l'Italiano Partito Socialista, et le Premier ministre Bettino Craxi, qui l'ont soutenu dans la construction de son empire médiatique, Berlusconi n'est pas engagé politiquement à cette époque. Ce n'est qu'en 1993 qu'il crée le mouvement Forza Italia, un parti qui cherche avant tout à rassembler les électeurs du centre et de centre-droit. La campagne électorale est coûteuse, mais Berlusconi utilise son pouvoir médiatique. Les élections législatives de 1994 ont été un énorme succès de Forza Italia. Après l'élection, Berlusconi a formé un gouvernement avec l'Alliance nationale de Gianfranco Fini et Umberto Bossi de la Ligue du Nord. Dès la fin de l'année Bossi quitte le gouvernement et Berlusconi se retrouve minoritaire. Silvio Berlusconi a été et est impliqué dans de nombreuses procédures judiciaires pour corruption, fraude fiscale ou comptabilité frauduleuse. Certains estiment qu'il s'est lancé en politique pour éviter la prison. En 2001, Berlusconi remporte les élections pour la deuxième fois, encore grâce à son pouvoir médiatique. Avant les élections d'avril 2006, les associations du patronat italien ont critiqué la politique d'ouverture économique des cinq dernières années qui avaient conduit à une croissance quasi-nulle. Berlusconi perd les élections contre la coalition de gauche menée par Romano Prodi. Fin Novembre 2006, Silvio Berlusconi, s'effondre lors d'un discours. L'incident a eu lieu à Montecatini Terme en Toscane, lors d'un congrès des jeunes de son parti. En Février 2008, Silvio Berlusconi connaît un drame personnel, «Mamma Rosa», sa mère, meurt à Milan à l'âge de 97 ans. Peu après sa soeur, Maria Antonietta, décède à son tour. Lors des élections législatives d'avril 2008 Berlusconi forme une alliance de centre-droit avec le Popolo della Libertà, la Lega Nord et le Movimento per l'Autonomia. L'alliance obtient une large majorité à la Chambre et au Sénat. Le 8 mai, Silvio Berlusconi retourne pour la troisième fois en 14 ans, dans le Bureau du Premier ministre. Mi-Décembre 2009, nouvel incident: Le premier ministre est agressé en plein centre de Milan par un homme avec un objet dur - une réplique de la cathédrale de Milan -. En tant que Premier ministre, Belusconi contrôle à moitié la RAI, télévision publique italienne, mais aussi concurrente de son entreprise: Mediaset. En avril 2010, il se brouille avec son ancien allié Gianfranco Fini. le 14 décembre, malgré une motion de défiance à son encontre, le Parlement lui renouvelle sa confiance. Le 12 novembre 2011, Silvio Berlusconi a annoncé sa démission. Son départ a fait le bonheur de nombreux manifestants, qui ont hué l'ex-chef du gouvernement.

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Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a remporté mardi un vote-test à la Chambre des députés grâce à l'abstention de l'opposition. Mais le «Cavaliere» a perdu la majorité absolue, un revers qui risque de lui être fatal. L'opposition a aussitôt réclamé sa démission.

Le bilan 2010 de l'Etat italien a été adopté par 308 voix, nettement en-dessous des 316, seuil de la majorité absolue. Le centre gauche s'est abstenu comme il l'avait promis, afin de tester la fidélité des partisans de M. Berlusconi. Huit voix ont donc manqué pour atteindre la majorité absolue.

«Le gouvernement n'a pas la majorité dans cette assemblée», a immédiatement constaté Pierluigi Bersani, le chef du Parti démocrate (PD), principal parti d'opposition.

«Pas capable»

Cette constatation a été immédiatement suivie par une demande de démission adressée à Silvio Berlusconi. «Nous avons un problème de crédibilité avec ce gouvernement. Ce gouvernement n'est pas capable de gérer la situation et de l'affronter. Ce déficit de crédibilité est fondé sur des chiffres», a déclaré M. Bersani.

«Je vous demande, M. le Président (du Conseil, ndlr), de toutes mes forces, de prendre finalement acte de cette situation. On ne peut pas continuer à avancer de cette façon. Vous devez démissionner», a conclu le chef de l'opposition.

Les députés ayant décidé de s'abstenir de ce vote mais présents à la Chambre étaient 321, donc un chiffre nettement supérieur à ceux qui ont soutenu le gouvernement du «Cavaliere» qui s'est retrouvé ainsi en minorité politique à la chambre basse du parlement.

Ce résultat est en-dessous également des estimations de la presse qui tablait sur 310 ou 311 votes favorables à Silvio Berlusconi et pourrait représenter le coup de grâce pour le chef du gouvernement.

Réunion pour décider

Un peu plus tôt dans la journée, Umberto Bossi, chef de la Ligue du Nord, le principal allié de Silvio Berlusconi, dont il assure la survie politique au Parlement, avait aussi demandé au chef du gouvernement italien de démissionner.

Après le vote, M. Berlusconi a quitté l'hémicycle, la mine sombre. Il a immédiatement organisé une réunion avec les principaux dirigeants de la Ligue du nord, M. Bossi, le ministre de l'Intérieur Roberto Maroni et le ministre des Finances Giulio Tremonti pour décider de la marche à suivre.

En clair: décider de démissionner ou de tenter de résister encore. Selon le ministre de la Défense, Ignazio La Russa, M. Berlusconi devait aussi consulter le président Giorgio Napolitano.

Soumis à une pression grandissante de la part de ses partenaires politiques et européens, «Il Cavaliere» a jusqu'à présent rejeté les appels à démission et démenti les rumeurs sur son départ qui ont circulé lundi sur les marchés et dans la presse.

Incertitude en vue

Cela dit, la démission de Silvio Berlusconi inaugurerait une période de grande incertitude pour l'Italie, sans solution expéditive à une crise de la dette qui menace l'ensemble de la zone euro. Des analystes disent que l'économie est à nouveau en récession et n'enregistrera pratiquement aucune croissance en 2012 et enfin que Rome ratera ses objectifs budgétaires.

Les marchés veulent un gouvernement de technocrates non élu, désigné pour concevoir des réformes impopulaires censées redonner du mordant à la croissance, ce qui, estime l'un d'eux, amènerait les investisseurs internationaux à regarder l'Italie d'un oeil plus favorable.

Les analystes font valoir que les gouvernements de technocrates dirigés par Giulio Amato et les banquiers centraux Carlo Azeglio Ciampi et Lamberto Dini dans les années 90 ont fait des réformes importantes qui ont permis à l'Italie de surmonter des crises peut- être encore plus aigües.

On avance souvent le nom de l'ex-commissaire européen Mario Monti pour diriger une telle équipe gouvernementale. Mais quant à ce qu'elle puisse rassembler une majorité au parlement, rien n'est moins sûr.

(ats/afp)

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