Italie

07 novembre 2011 12:36; Act: 07.11.2011 21:23 Print

Berlusconi dément les bruits de rumeurBerlusconi dément les bruits de rumeur

Le président du Conseil italien démentait lundi toute rumeur de démission.

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Silvio Berlusconi (au centre), est né le 29 septembre 1936. Il est l'ainé de Luigi Berlusconi et Rosa Bossi. En 1954, Berlusconi obtient le certificat de fin d'études à Milan. En 1961, il est diplômé en droit à l'Université de Milan. Avec sa thèse de diplôme, il a remporté un prix de plus de 2 millions de lires remis par l'agence de publicité Manzoni. Après une courte expérience de courtier dans l'immobilier, Berlusconi fonde en 1961 avec le constructeur de Pietro Canali sa première entreprise, la Cantieri Riuniti Milanesi Srl. En 1978, il rejoint la Propaganda Due (P2), à l'origine une loge maçonnique, qui a été accusée dans les années 1970 de préparer un complot contre des hommes politiques de l'époque. En 1985, Berlusconi et sa première femme Carla Dall'Oglio divorcent. En 1990, nouveau mariage avec l'actrice Veronica Lario. Ils auront trois enfants. En mai 2009 Lario a demandé le divorce. Entre 1963 et 1978, Silvio Berlusconi a fondé plusieurs compagnies de construction - certaines ayant des investisseurs suisses. En 1982, il achète les chaînes de télévision Italia 1 et Rete 4 en 1984. C'est le début de la fondation de Mediaset, le groupe de médias du groupe Berlusconi Fininvest, les principaux opposants de la RAI. Depuis 1986, Berlusconi est le propriétaire du Milan AC. En 2004, une loi régissant les conflits d'intérêt l'a obligé à démissionner de la présidence du club. Malgré sa proximité avec le chef de l'Italiano Partito Socialista, et le Premier ministre Bettino Craxi, qui l'ont soutenu dans la construction de son empire médiatique, Berlusconi n'est pas engagé politiquement à cette époque. Ce n'est qu'en 1993 qu'il crée le mouvement Forza Italia, un parti qui cherche avant tout à rassembler les électeurs du centre et de centre-droit. La campagne électorale est coûteuse, mais Berlusconi utilise son pouvoir médiatique. Les élections législatives de 1994 ont été un énorme succès de Forza Italia. Après l'élection, Berlusconi a formé un gouvernement avec l'Alliance nationale de Gianfranco Fini et Umberto Bossi de la Ligue du Nord. Dès la fin de l'année Bossi quitte le gouvernement et Berlusconi se retrouve minoritaire. Silvio Berlusconi a été et est impliqué dans de nombreuses procédures judiciaires pour corruption, fraude fiscale ou comptabilité frauduleuse. Certains estiment qu'il s'est lancé en politique pour éviter la prison. En 2001, Berlusconi remporte les élections pour la deuxième fois, encore grâce à son pouvoir médiatique. Avant les élections d'avril 2006, les associations du patronat italien ont critiqué la politique d'ouverture économique des cinq dernières années qui avaient conduit à une croissance quasi-nulle. Berlusconi perd les élections contre la coalition de gauche menée par Romano Prodi. Fin Novembre 2006, Silvio Berlusconi, s'effondre lors d'un discours. L'incident a eu lieu à Montecatini Terme en Toscane, lors d'un congrès des jeunes de son parti. En Février 2008, Silvio Berlusconi connaît un drame personnel, «Mamma Rosa», sa mère, meurt à Milan à l'âge de 97 ans. Peu après sa soeur, Maria Antonietta, décède à son tour. Lors des élections législatives d'avril 2008 Berlusconi forme une alliance de centre-droit avec le Popolo della Libertà, la Lega Nord et le Movimento per l'Autonomia. L'alliance obtient une large majorité à la Chambre et au Sénat. Le 8 mai, Silvio Berlusconi retourne pour la troisième fois en 14 ans, dans le Bureau du Premier ministre. Mi-Décembre 2009, nouvel incident: Le premier ministre est agressé en plein centre de Milan par un homme avec un objet dur - une réplique de la cathédrale de Milan -. En tant que Premier ministre, Belusconi contrôle à moitié la RAI, télévision publique italienne, mais aussi concurrente de son entreprise: Mediaset. En avril 2010, il se brouille avec son ancien allié Gianfranco Fini. le 14 décembre, malgré une motion de défiance à son encontre, le Parlement lui renouvelle sa confiance. Le 12 novembre 2011, Silvio Berlusconi a annoncé sa démission. Son départ a fait le bonheur de nombreux manifestants, qui ont hué l'ex-chef du gouvernement.

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Le chef du gouvernement Silvio Berlusconi luttait lundi pour sa survie politique, démentant toute velléité de démission alors que l'étau des marchés se resserrait sur l'Italie, mise sous surveillance par le FMI et Bruxelles, et blâmée pour son manque de crédibilité.

«Je ne comprends pas comment ont pu circuler les rumeurs sur ma démission, elles sont dénuées de fondement. Je veux regarder droit dans les yeux ceux qui essayent de me trahir», a déclaré le Cavaliere au quotidien de droite Libero.

La pression se fait plus forte sur Silvio Berlusconi qui, sur le papier, n'aurait plus la majorité absolue de 316 députés à la Chambre.

Mais, dans la soirée, le président du Conseil a multiplié les messages -sur Facebook et dans des communiqués officiels- pour se déclarer une nouvelle fois «convaincu» d'avoir la majorité «pour faire les réformes que l'Europe nous demande et qui servent à relancer l'économie». Il a aussi rejeté tout gouvernement d'unité nationale incluant la gauche.

Un groupe de mécontent

Aux prises avec la défection de trois députés de son parti, le PDL, qui ont rallié l'opposition centriste, il fait face en outre à l'émergence au sein de sa formation d'un groupe d'une vingtaine de «mécontents» dont le vote ne serait plus garanti.

Le premier vote test pour le chef du gouvernement aura lieu mardi et portera sur l'approbation par la Chambre du bilan 2010 de l'Etat italien avant un vote de confiance dans les prochains jours sur les mesures contre la crise promises fin octobre à l'Union européenne.

Ces rumeurs de démission ont été déclenchées par des déclarations d'un de ses proches, Giuliano Ferrara, et alimentées par des informations sur une rencontre entre le Cavaliere, ses enfants et le patron de son empire médiatique Mediaset, à Arcore, près de Milan, pour parler d'une éventuelle démission.

«Que Berlusconi soit sur le point de céder la place, c'est désormais une chose claire, c'est une question d'heures, voire de minutes», a affirmé M. Ferrara, directeur du journal de droite Il Foglio, avant de revenir sur ses propos en soulignant qu'il le lui conseillait comme «seule voie de sortie possible».

Les marchés jouent au yoyo

La réaction des marchés a été immédiate. Après avoir lâché plus de 2% en début de séance, la Bourse de Milan a brusquement inversé la tendance et a bondi de près de 3% à la mi-journée en raison de ces rumeurs.

Après le démenti, sa progression a ralenti, mais elle a tout de même terminé la séance sur une hausse de 1,32% -alors que Paris et Francfort ont fini dans le rouge-, les investisseurs pariant sur une fin prochaine du gouvernement Berlusconi, seule solution, selon eux, pour rétablir la crédibilité de l'Italie.

Malgré l'adoption cet été de mesures d'austérité draconiennes, censées permettre au pays d'atteindre l'équilibre budgétaire en 2013 et de réduire sa dette colossale de 1.900 milliards d'euros (120% du PIB), et les promesses de réformes pour relancer la croissance, les marchés ne croient plus à la capacité de Silvio Berlusconi de faire face à la crise.

«Le gouvernement est au point mort et de moins en moins crédible», souligne Tommaso Federici, de la banque Banca Ifigest.

Maintien de la pression

Sur le marché obligataire, les investisseurs continuaient donc à faire pression sur la dette italienne et les taux italiens à dix ans, qui ont franchi un nouveau record historique lundi, s'inscrivant toujours au-dessus de 6,6% vers 17H00 GMT.

Et «les 7% seront atteints d'ici peu», pronostique Cyril Regnat, de la banque Natixis, un niveau auquel l'Italie ne serait «pas capable» de faire face «de longs mois durant».

Face à la gravité de la situation, le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, a jugé «essentiel que l'Italie respecte ses engagements budgétaires et intensifie les réformes structurelles», avant une réunion des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles.

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a jugé en revanche injustifiée la nervosité actuelle des marchés à l'égard de l'Italie qui n'est «pas dans une situation comparable» à celle de la Grèce.

Après la mise sous surveillance de la péninsule par le FMI, au G20 de Cannes, et par l'UE, Bruxelles a en outre confirmé que sa mission arriverait à Rome «cette semaine», ajoutant qu'un «questionnaire» avait déjà été envoyé au gouvernement pour lui demander de «clarifier» le calendrier et l'impact budgétaire de ses réformes.

(afp)

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