Démission de Berlusconi

12 novembre 2011 22:32; Act: 12.11.2011 22:39 Print

Fuite sous les tropiques ou futur come-back?Fuite sous les tropiques ou futur come-back?

Même si le départ de Silvio Berlusconi du gouvernement italien est tout frais, la question de son avenir se pose désormais.

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Silvio Berlusconi (au centre), est né le 29 septembre 1936. Il est l'ainé de Luigi Berlusconi et Rosa Bossi. En 1954, Berlusconi obtient le certificat de fin d'études à Milan. En 1961, il est diplômé en droit à l'Université de Milan. Avec sa thèse de diplôme, il a remporté un prix de plus de 2 millions de lires remis par l'agence de publicité Manzoni. Après une courte expérience de courtier dans l'immobilier, Berlusconi fonde en 1961 avec le constructeur de Pietro Canali sa première entreprise, la Cantieri Riuniti Milanesi Srl. En 1978, il rejoint la Propaganda Due (P2), à l'origine une loge maçonnique, qui a été accusée dans les années 1970 de préparer un complot contre des hommes politiques de l'époque. En 1985, Berlusconi et sa première femme Carla Dall'Oglio divorcent. En 1990, nouveau mariage avec l'actrice Veronica Lario. Ils auront trois enfants. En mai 2009 Lario a demandé le divorce. Entre 1963 et 1978, Silvio Berlusconi a fondé plusieurs compagnies de construction - certaines ayant des investisseurs suisses. En 1982, il achète les chaînes de télévision Italia 1 et Rete 4 en 1984. C'est le début de la fondation de Mediaset, le groupe de médias du groupe Berlusconi Fininvest, les principaux opposants de la RAI. Depuis 1986, Berlusconi est le propriétaire du Milan AC. En 2004, une loi régissant les conflits d'intérêt l'a obligé à démissionner de la présidence du club. Malgré sa proximité avec le chef de l'Italiano Partito Socialista, et le Premier ministre Bettino Craxi, qui l'ont soutenu dans la construction de son empire médiatique, Berlusconi n'est pas engagé politiquement à cette époque. Ce n'est qu'en 1993 qu'il crée le mouvement Forza Italia, un parti qui cherche avant tout à rassembler les électeurs du centre et de centre-droit. La campagne électorale est coûteuse, mais Berlusconi utilise son pouvoir médiatique. Les élections législatives de 1994 ont été un énorme succès de Forza Italia. Après l'élection, Berlusconi a formé un gouvernement avec l'Alliance nationale de Gianfranco Fini et Umberto Bossi de la Ligue du Nord. Dès la fin de l'année Bossi quitte le gouvernement et Berlusconi se retrouve minoritaire. Silvio Berlusconi a été et est impliqué dans de nombreuses procédures judiciaires pour corruption, fraude fiscale ou comptabilité frauduleuse. Certains estiment qu'il s'est lancé en politique pour éviter la prison. En 2001, Berlusconi remporte les élections pour la deuxième fois, encore grâce à son pouvoir médiatique. Avant les élections d'avril 2006, les associations du patronat italien ont critiqué la politique d'ouverture économique des cinq dernières années qui avaient conduit à une croissance quasi-nulle. Berlusconi perd les élections contre la coalition de gauche menée par Romano Prodi. Fin Novembre 2006, Silvio Berlusconi, s'effondre lors d'un discours. L'incident a eu lieu à Montecatini Terme en Toscane, lors d'un congrès des jeunes de son parti. En Février 2008, Silvio Berlusconi connaît un drame personnel, «Mamma Rosa», sa mère, meurt à Milan à l'âge de 97 ans. Peu après sa soeur, Maria Antonietta, décède à son tour. Lors des élections législatives d'avril 2008 Berlusconi forme une alliance de centre-droit avec le Popolo della Libertà, la Lega Nord et le Movimento per l'Autonomia. L'alliance obtient une large majorité à la Chambre et au Sénat. Le 8 mai, Silvio Berlusconi retourne pour la troisième fois en 14 ans, dans le Bureau du Premier ministre. Mi-Décembre 2009, nouvel incident: Le premier ministre est agressé en plein centre de Milan par un homme avec un objet dur - une réplique de la cathédrale de Milan -. En tant que Premier ministre, Belusconi contrôle à moitié la RAI, télévision publique italienne, mais aussi concurrente de son entreprise: Mediaset. En avril 2010, il se brouille avec son ancien allié Gianfranco Fini. le 14 décembre, malgré une motion de défiance à son encontre, le Parlement lui renouvelle sa confiance. Le 12 novembre 2011, Silvio Berlusconi a annoncé sa démission. Son départ a fait le bonheur de nombreux manifestants, qui ont hué l'ex-chef du gouvernement.

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Après sa démission, que va faire Silvio Berlusconi de son temps libre? Un come-back en politique est l'hypothèse la plus probable, même si les observateurs notent que ses options sont multiples: retraite sous les tropiques, gérer son équipe de football et dans le pire des cas la prison.

Après l'annonce mardi de son départ imminent, l'hyper-médiatique Cavaliere n'est pas resté dans l'ombre, bien au contraire: il s'est dit «libéré» tout en n'excluant pas de participer à de prochaines élections.

A 75 ans, M. Berlusconi, qui dominait la scène politique nationale depuis près de 20 ans, ne se voit pas en retraité: «Peut-être que je donnerai un coup de main dans les campagnes électorales, j'ai toujours été très bon à ça».

Luxueux exil?

Peu d'experts politiques osent l'éliminer d'ores et déjà de leur tableau de bord: il reste en effet député du Peuple de la Liberté (PDL), le parti qu'il a fondé, jusqu'à la fin de la législature en 2013.

D'autres suggèrent en plaisantant qu'il pourrait tenter d'échapper à ses ennuis judiciaires en optant pour un luxueux exil, comme l'avait fait son mentor en politique, Bettino Craxi.

Ce dernier, président du Conseil socialiste dans les années 80, avait fui le scandale en Tunisie avant d'être condamné par contumace à 27 ans de prison pour corruption. Il y est mort en 2000.

«Pays de merde»

Dans une conversation saisie lors d'une écoute téléphonique, Silvio Berlusconi a qualifié l'Italie de «pays de merde». «Dans quelques mois je vais partir», a-t-il ajouté.

Dans cette hypothèse, il pourrait se rendre à Antigua, qui n'autorise pas les extraditions et où le magnat des médias possède un luxueux complexe de villas.

«Soit Berlusconi se rendra à Antigua pour échapper à la justice, soit il commencera à rassembler ses troupes pour tenter de revenir sur scène», explique à l'AFP James Walston, professeur à l'université américaine de Rome.

L'un de ses amis les plus fidèles, le journaliste Emilio Fede, actuellement sous enquête pour lui avoir procuré des prostituées, a promis cette semaine qu'il le suivrait aux Caraïbes s'il décidait de partir.

Mais pour le commentateur politique Sergio Rizzo, l'ex-président du Conseil, qui au début de sa carrière a animé des croisières, est incapable de renoncer aux projecteurs pour une vie paisible de retraité dans les îles.

«Je n'arrive pas imaginer Berlusconi et Fede jouant ensemble aux échecs à Antigua. Berlusconi est incapable de se tenir éloigné de la vie publique, il veut être au centre de l'attention», estime-t-il. «C'est le genre de personne qui veut être la mariée à tous les mariages ou le mort à un enterrement».

Pressions énormes

Un avis partagé par Peter Gomez, auteur de plusieurs livres sur le Cavaliere: «Il subit d'énormes pressions de la part de sa famille, qui héritera de son empire (...) Il pourrait être contraint de rester en politique pour sauver ses entreprises et conserver une sorte de bouclier juridique».

Silvio Berlusconi fait actuellement l'objet de trois procès - pour évasion fiscale, corruption, abus de pouvoir et relations sexuelles rétribuées avec une mineure - et à ce titre peut difficilement se passer de son immunité parlementaire.

«Je crois qu'il voudrait partir, mais à 75 ans il n'est plus de la première jeunesse. Tout dépend de ce que vont lui demander ses enfants. Sa fille Marina (l'aînée, présidente de la holding familiale Fininvest et du géant de l'édition Mondadori) a dit clairement qu'elle n'était pas prête à être moins riche ou moins puissante», note Peter Gomez.

«Berlusconi veut être le leader de l'opposition. Nombreux sont ceux qui pensent que cela le rendrait plus intouchable que jamais», ajoute-t-il.

Sergio Rizzo en revanche n'exclut un retour de M. Berlusconi dans le monde de l'entreprise tout en conservant son immunité de député. Grand fan de football, il n'a pas exclu de redevenir président de l'AC Milan, le club dont il est propriétaire et qui a remporté le championnat d'Italie en 2011.

(afp)

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