Italie

09 novembre 2011 07:56; Act: 09.11.2011 08:40 Print

Le milliardaire devenu star de la politiqueLe milliardaire devenu star de la politique

L'annonce de la démission prochaine de Silvio Berlusconi marque la fin brutale de son ascension économico-politique. Retour sur une trajectoire hors normes.

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Silvio Berlusconi (au centre), est né le 29 septembre 1936. Il est l'ainé de Luigi Berlusconi et Rosa Bossi. En 1954, Berlusconi obtient le certificat de fin d'études à Milan. En 1961, il est diplômé en droit à l'Université de Milan. Avec sa thèse de diplôme, il a remporté un prix de plus de 2 millions de lires remis par l'agence de publicité Manzoni. Après une courte expérience de courtier dans l'immobilier, Berlusconi fonde en 1961 avec le constructeur de Pietro Canali sa première entreprise, la Cantieri Riuniti Milanesi Srl. En 1978, il rejoint la Propaganda Due (P2), à l'origine une loge maçonnique, qui a été accusée dans les années 1970 de préparer un complot contre des hommes politiques de l'époque. En 1985, Berlusconi et sa première femme Carla Dall'Oglio divorcent. En 1990, nouveau mariage avec l'actrice Veronica Lario. Ils auront trois enfants. En mai 2009 Lario a demandé le divorce. Entre 1963 et 1978, Silvio Berlusconi a fondé plusieurs compagnies de construction - certaines ayant des investisseurs suisses. En 1982, il achète les chaînes de télévision Italia 1 et Rete 4 en 1984. C'est le début de la fondation de Mediaset, le groupe de médias du groupe Berlusconi Fininvest, les principaux opposants de la RAI. Depuis 1986, Berlusconi est le propriétaire du Milan AC. En 2004, une loi régissant les conflits d'intérêt l'a obligé à démissionner de la présidence du club. Malgré sa proximité avec le chef de l'Italiano Partito Socialista, et le Premier ministre Bettino Craxi, qui l'ont soutenu dans la construction de son empire médiatique, Berlusconi n'est pas engagé politiquement à cette époque. Ce n'est qu'en 1993 qu'il crée le mouvement Forza Italia, un parti qui cherche avant tout à rassembler les électeurs du centre et de centre-droit. La campagne électorale est coûteuse, mais Berlusconi utilise son pouvoir médiatique. Les élections législatives de 1994 ont été un énorme succès de Forza Italia. Après l'élection, Berlusconi a formé un gouvernement avec l'Alliance nationale de Gianfranco Fini et Umberto Bossi de la Ligue du Nord. Dès la fin de l'année Bossi quitte le gouvernement et Berlusconi se retrouve minoritaire. Silvio Berlusconi a été et est impliqué dans de nombreuses procédures judiciaires pour corruption, fraude fiscale ou comptabilité frauduleuse. Certains estiment qu'il s'est lancé en politique pour éviter la prison. En 2001, Berlusconi remporte les élections pour la deuxième fois, encore grâce à son pouvoir médiatique. Avant les élections d'avril 2006, les associations du patronat italien ont critiqué la politique d'ouverture économique des cinq dernières années qui avaient conduit à une croissance quasi-nulle. Berlusconi perd les élections contre la coalition de gauche menée par Romano Prodi. Fin Novembre 2006, Silvio Berlusconi, s'effondre lors d'un discours. L'incident a eu lieu à Montecatini Terme en Toscane, lors d'un congrès des jeunes de son parti. En Février 2008, Silvio Berlusconi connaît un drame personnel, «Mamma Rosa», sa mère, meurt à Milan à l'âge de 97 ans. Peu après sa soeur, Maria Antonietta, décède à son tour. Lors des élections législatives d'avril 2008 Berlusconi forme une alliance de centre-droit avec le Popolo della Libertà, la Lega Nord et le Movimento per l'Autonomia. L'alliance obtient une large majorité à la Chambre et au Sénat. Le 8 mai, Silvio Berlusconi retourne pour la troisième fois en 14 ans, dans le Bureau du Premier ministre. Mi-Décembre 2009, nouvel incident: Le premier ministre est agressé en plein centre de Milan par un homme avec un objet dur - une réplique de la cathédrale de Milan -. En tant que Premier ministre, Belusconi contrôle à moitié la RAI, télévision publique italienne, mais aussi concurrente de son entreprise: Mediaset. En avril 2010, il se brouille avec son ancien allié Gianfranco Fini. le 14 décembre, malgré une motion de défiance à son encontre, le Parlement lui renouvelle sa confiance. Le 12 novembre 2011, Silvio Berlusconi a annoncé sa démission. Son départ a fait le bonheur de nombreux manifestants, qui ont hué l'ex-chef du gouvernement.

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Silvio Berlusconi, contraint à démissionner dans les prochaines semaines, est le chef de la droite italienne depuis 17 ans, l'un des hommes les plus riches du pays et un magnat de la télévision. Même s'il est désormais plus célèbre pour ses frasques sexuelles ou ses déboires judiciaires.

Son parcours a été interrompu mardi face aux brèches de sa majorité qui faisait eau de toutes parts: une situation insoutenable qui, alliée à un taux de popularité à son plus bas historique (22%), a contraint le roi des hommes politiques italiens, 75 ans, apparemment insubmersible, à jeter l'éponge.

Né le 29 septembre 1936 dans une famille de la petite bourgeoisie milanaise, il a hérité de son père, employé de banque, un sens aigu des affaires qu'il a démontré dès l'adolescence en monnayant son aide à ses camarades de classe, selon ses propres récits.

Ego sans pareil

Intelligent et imaginatif, il est aussi doté d'un ego sans pareil, avouant un complexe de supériorité. Son orgueil a d'ailleurs pris un coup le 23 octobre lorsque le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel ont échangé en public des sourires moqueurs à ses dépens. Une humiliation pour celui qui se présente comme «le meilleur président du Conseil de l'Histoire de l'Italie».

Jeune homme, Silvio Berlusconi travaille comme animateur de boîtes de nuit et sur des bateaux de croisière, chantant et racontant des histoires drôles. Vendeur d'aspirateurs à la fin des années 50, il obtient en 1961 une licence en droit, puis emprunte de l'argent à la banque de son père pour fonder les «Chantiers milanais réunis».

Commence une irrésistible ascension à partir de l'immobilier qui déclenche des interrogations sur l'origine de sa fortune, à propos de laquelle il est toujours resté flou. La holding familiale Fininvest comprend de nombreuses sociétés, dont trois chaînes de télévision, la maison d'édition Mondadori et le club de football Milan AC.

Elle a permis à Silvio Berlusconi d'occuper pendant dix ans le premier rang des grandes fortunes en Italie avant que les aléas boursiers ne le fassent un peu reculer, mais toujours dans les cinq premiers.

Titre honorifique

En 1994, le «Cavaliere» (titre honorifique décerné par le président en reconnaissance de son travail) se lance dans la politique. En quelques semaines, il monte Forza Italia (Allez l'Italie!), parti formé essentiellement de cadres de la Fininvest.

Allié aux néo-fascistes du Mouvement social italien (MSI) de Gianfranco Fini et aux populistes de la Ligue du Nord d'Umberto Bossi, il remporte les élections d'avril 1994. Lâché par ces derniers, son gouvernement s'écroule après sept mois.

En 2001, il reconquiert le poste de chef du gouvernement qu'il occupera jusqu'en avril 2006, une durée sans précédent dans l'après- guerre. Usé par ces cinq années de pouvoir, il est battu d'extrême justesse aux législatives par son éternel rival à gauche, Romano Prodi, qui se montre incapable de garder sa coalition unie, permettant à M. Berlusconi une revanche éclatante deux ans plus tard, en 2008, et un troisième poste de chef du gouvernement.

Habile à se poser en «victime», toujours aux prises avec la justice pour diverses affaires de corruption et fraude fiscale, M. Berlusconi a été condamné à plusieurs reprises en première instance mais jamais définitivement. Très soucieux de son apparence, de petite taille et éternellement bronzé, il s'est fait poser des implants capillaires, retoucher les paupières et teindre les cheveux.

«Bunga-bunga»

Son goût assumé pour les jeunes et jolies femmes, dont des call- girls, lui a valu au printemps 2009 une fracassante demande de divorce de la part de sa seconde épouse, excédée par ses écarts. Mais aussi un procès pour prostitution de mineure et abus de pouvoir pour avoir fait libérer, en automne 2010, la jeune Marocaine «Ruby», qui avait participé chez lui à des fêtes torrides, rebaptisées «bunga-bunga».

Victime d'un malaise en novembre 2006, il s'est fait poser un stimulateur cardiaque en décembre suivant aux Etats-Unis. Et il a été opéré en 1997 d'un cancer de la prostate.

En décembre 2009, un déséquilibré lui jette une reproduction de la cathédrale de Milan en plein visage, lui fracturant le nez et deux dents. Silvio Berlusconi est père de cinq enfants, issus de deux mariages, et plusieurs fois grand-père.

(ats)

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