Démission de Berlusconi

09 novembre 2011 08:06; Act: 09.11.2011 08:12 Print

Les grandes dates de son gouvernementLes grandes dates de son gouvernement

Elu triomphalement en avril 2008, Silvio Berlusconi n'a cessé depuis de voir s'effriter sa popularité, tandis que les dissensions s'accroissaient au sein de sa majorité.

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Silvio Berlusconi (au centre), est né le 29 septembre 1936. Il est l'ainé de Luigi Berlusconi et Rosa Bossi. En 1954, Berlusconi obtient le certificat de fin d'études à Milan. En 1961, il est diplômé en droit à l'Université de Milan. Avec sa thèse de diplôme, il a remporté un prix de plus de 2 millions de lires remis par l'agence de publicité Manzoni. Après une courte expérience de courtier dans l'immobilier, Berlusconi fonde en 1961 avec le constructeur de Pietro Canali sa première entreprise, la Cantieri Riuniti Milanesi Srl. En 1978, il rejoint la Propaganda Due (P2), à l'origine une loge maçonnique, qui a été accusée dans les années 1970 de préparer un complot contre des hommes politiques de l'époque. En 1985, Berlusconi et sa première femme Carla Dall'Oglio divorcent. En 1990, nouveau mariage avec l'actrice Veronica Lario. Ils auront trois enfants. En mai 2009 Lario a demandé le divorce. Entre 1963 et 1978, Silvio Berlusconi a fondé plusieurs compagnies de construction - certaines ayant des investisseurs suisses. En 1982, il achète les chaînes de télévision Italia 1 et Rete 4 en 1984. C'est le début de la fondation de Mediaset, le groupe de médias du groupe Berlusconi Fininvest, les principaux opposants de la RAI. Depuis 1986, Berlusconi est le propriétaire du Milan AC. En 2004, une loi régissant les conflits d'intérêt l'a obligé à démissionner de la présidence du club. Malgré sa proximité avec le chef de l'Italiano Partito Socialista, et le Premier ministre Bettino Craxi, qui l'ont soutenu dans la construction de son empire médiatique, Berlusconi n'est pas engagé politiquement à cette époque. Ce n'est qu'en 1993 qu'il crée le mouvement Forza Italia, un parti qui cherche avant tout à rassembler les électeurs du centre et de centre-droit. La campagne électorale est coûteuse, mais Berlusconi utilise son pouvoir médiatique. Les élections législatives de 1994 ont été un énorme succès de Forza Italia. Après l'élection, Berlusconi a formé un gouvernement avec l'Alliance nationale de Gianfranco Fini et Umberto Bossi de la Ligue du Nord. Dès la fin de l'année Bossi quitte le gouvernement et Berlusconi se retrouve minoritaire. Silvio Berlusconi a été et est impliqué dans de nombreuses procédures judiciaires pour corruption, fraude fiscale ou comptabilité frauduleuse. Certains estiment qu'il s'est lancé en politique pour éviter la prison. En 2001, Berlusconi remporte les élections pour la deuxième fois, encore grâce à son pouvoir médiatique. Avant les élections d'avril 2006, les associations du patronat italien ont critiqué la politique d'ouverture économique des cinq dernières années qui avaient conduit à une croissance quasi-nulle. Berlusconi perd les élections contre la coalition de gauche menée par Romano Prodi. Fin Novembre 2006, Silvio Berlusconi, s'effondre lors d'un discours. L'incident a eu lieu à Montecatini Terme en Toscane, lors d'un congrès des jeunes de son parti. En Février 2008, Silvio Berlusconi connaît un drame personnel, «Mamma Rosa», sa mère, meurt à Milan à l'âge de 97 ans. Peu après sa soeur, Maria Antonietta, décède à son tour. Lors des élections législatives d'avril 2008 Berlusconi forme une alliance de centre-droit avec le Popolo della Libertà, la Lega Nord et le Movimento per l'Autonomia. L'alliance obtient une large majorité à la Chambre et au Sénat. Le 8 mai, Silvio Berlusconi retourne pour la troisième fois en 14 ans, dans le Bureau du Premier ministre. Mi-Décembre 2009, nouvel incident: Le premier ministre est agressé en plein centre de Milan par un homme avec un objet dur - une réplique de la cathédrale de Milan -. En tant que Premier ministre, Belusconi contrôle à moitié la RAI, télévision publique italienne, mais aussi concurrente de son entreprise: Mediaset. En avril 2010, il se brouille avec son ancien allié Gianfranco Fini. le 14 décembre, malgré une motion de défiance à son encontre, le Parlement lui renouvelle sa confiance. Le 12 novembre 2011, Silvio Berlusconi a annoncé sa démission. Son départ a fait le bonheur de nombreux manifestants, qui ont hué l'ex-chef du gouvernement.

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Mardi, il a remporté un vote-test, mais a perdu sa majorité au Parlement, ce qui l'a contraint à annoncer en début de soirée sa démission. Celle-ci interviendra après l'adoption par le Parlement des réformes promises à l'Union européenne pour éviter la propagation de la crise de l'euro.

Voici les principales étapes de ce déclin:

- 13 et 14 AVRIL 2008: le parti de Silvio Berlusconi, le Peuple de la liberté (PDL) créé avec Gianfranco Fini, et son allié, la Ligue du Nord d'Umberto Bossi, remportent les législatives avec une majorité écrasante de 174 sièges sur 315 au Sénat et 344 sur 630 à la Chambre des députés.

- NOVEMBRE 2009: premières tensions publiques entre Gianfranco Fini, président de la Chambre des députés, qui critique ouvertement certaines politiques du gouvernement, et Silvio Berlusconi.

- 28 et 29 MARS 2010: Silvio Berlusconi bat la gauche lors des régionales grâce à la Ligue du Nord mais son propre parti PDL chute à 26,7%.

- 30 JUILLET: Berlusconi demande à Fini de quitter son poste, mais ce dernier refuse et 32 députés qui lui sont fidèles quittent le PDL, créant leur propre groupe, Futur et liberté pour l'Italie (FLI).

- 7 NOVEMBRE: Gianfranco Fini demande publiquement devant 10.000 partisans à Pérouse la démission de Silvio Berlusconi.

- 2 DECEMBRE: Environ 80 députés italiens appartenant à la mouvance centriste ou à la droite libérale, supposés faire partie de la famille politique du chef du gouvernement, demandent la démission de M. Berlusconi pour mieux affronter la crise économique et sociale.

- 14 DECEMBRE: A la suite de la crise ouverte avec Gianfranco Fini, le chef du gouvernement demande un vote de confiance et remporte ce scrutin avec une majorité relative de 314 voix sur 630.

- 30 MAI 2011: La droite de Silvio Berlusconi sort laminée du 2e tour des élections municipales, perdant entre autres la ville de Milan, fief électoral du «Cavaliere» où la gauche en 15 ans n'était jamais parvenue ne serait-ce qu'au ballottage.

- 13 JUIN: Nouvel échec politique de M. Berlusconi battu lors d'un référendum au cours duquel les Italiens rejettent sa politique de retour au nucléaire, de privatisation de l'eau et surtout son immunité judiciaire.

- 15 JUILLET: Le gouvernement remporte avec 316 voix un vote de confiance portant sur un plan d'austérité destiné à remettre de l'ordre dans les finances publiques.

- 20 JUILLET: La Chambre des députés autorise avec 319 voix l'arrestation d'Alfonso Papa, un député du parti de Silvio Berlusconi impliqué dans une affaire de corruption, grâce aux voix de la Ligue du Nord, signe des fortes divisions au sein de la majorité.

- 14 SEPTEMBRE: Le gouvernement remporte avec 316 voix un vote de confiance sur un second plan d'austérité, le premier n'ayant pas permis de calmer les marchés.

- 22 SEPTEMBRE: La Chambre des députés rejette la demande d'arrestation d'un proche du ministre de l'Economie Giulio Tremonti, offrant ainsi un répit au chef du gouvernement.

- 14 OCTOBRE: Silvio Berlusconi remporte son 51e vote de confiance avec 316 voix. La plupart des responsables politiques estiment toutefois que le chef du gouvernement est de plus en plus faible et ne parviendra pas au terme naturel de sa législature en 2013.

- 3 NOVEMBRE: Deux députés du PDL quittent officiellement le parti et passent à l'opposition, suivis deux jours plus tard par une troisième élue, faisant ainsi perdre au «Cavaliere» la majorité absolue à la Chambre des députés.

L'année 2011 a par ailleurs été marquée par une reprise des procès contre le «Cavaliere» impliqué dans plusieurs scandales sexuels.

Il est poursuivi dans trois procès à Milan -pour corruption de témoin, fraude fiscale, prostitution de mineure notamment- et risque d'autres renvois en justice dans des scandales impliquant des prostituées lors de fêtes dans ses résidences.

Au plan financier, du 20 septembre au 7 octobre, les trois principales agences de notation ont abaissé la note de l'Italie, ce qui représente un autre revers pour son gouvernement.

Le sommet de l'UE fin octobre et celui du G20 début novembre ont mis sous «contrôle économique» l'Italie en raison de sa dette gigantesque qui menace la zone euro, faisant précipiter encore la crédibilité du «Cavaliere», dont la cote de popularité a atteint en octobre un minimum historique avec 22%.

(ats)

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