Succession Berlusconi

13 novembre 2011 19:04; Act: 13.11.2011 22:15 Print

Monti chargé de former un gouvernementMonti chargé de former un gouvernement

Mario Monti a été appelé par le président italien, dimanche soir, à succéder à Silvio Berlusconi.

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Silvio Berlusconi (au centre), est né le 29 septembre 1936. Il est l'ainé de Luigi Berlusconi et Rosa Bossi. En 1954, Berlusconi obtient le certificat de fin d'études à Milan. En 1961, il est diplômé en droit à l'Université de Milan. Avec sa thèse de diplôme, il a remporté un prix de plus de 2 millions de lires remis par l'agence de publicité Manzoni. Après une courte expérience de courtier dans l'immobilier, Berlusconi fonde en 1961 avec le constructeur de Pietro Canali sa première entreprise, la Cantieri Riuniti Milanesi Srl. En 1978, il rejoint la Propaganda Due (P2), à l'origine une loge maçonnique, qui a été accusée dans les années 1970 de préparer un complot contre des hommes politiques de l'époque. En 1985, Berlusconi et sa première femme Carla Dall'Oglio divorcent. En 1990, nouveau mariage avec l'actrice Veronica Lario. Ils auront trois enfants. En mai 2009 Lario a demandé le divorce. Entre 1963 et 1978, Silvio Berlusconi a fondé plusieurs compagnies de construction - certaines ayant des investisseurs suisses. En 1982, il achète les chaînes de télévision Italia 1 et Rete 4 en 1984. C'est le début de la fondation de Mediaset, le groupe de médias du groupe Berlusconi Fininvest, les principaux opposants de la RAI. Depuis 1986, Berlusconi est le propriétaire du Milan AC. En 2004, une loi régissant les conflits d'intérêt l'a obligé à démissionner de la présidence du club. Malgré sa proximité avec le chef de l'Italiano Partito Socialista, et le Premier ministre Bettino Craxi, qui l'ont soutenu dans la construction de son empire médiatique, Berlusconi n'est pas engagé politiquement à cette époque. Ce n'est qu'en 1993 qu'il crée le mouvement Forza Italia, un parti qui cherche avant tout à rassembler les électeurs du centre et de centre-droit. La campagne électorale est coûteuse, mais Berlusconi utilise son pouvoir médiatique. Les élections législatives de 1994 ont été un énorme succès de Forza Italia. Après l'élection, Berlusconi a formé un gouvernement avec l'Alliance nationale de Gianfranco Fini et Umberto Bossi de la Ligue du Nord. Dès la fin de l'année Bossi quitte le gouvernement et Berlusconi se retrouve minoritaire. Silvio Berlusconi a été et est impliqué dans de nombreuses procédures judiciaires pour corruption, fraude fiscale ou comptabilité frauduleuse. Certains estiment qu'il s'est lancé en politique pour éviter la prison. En 2001, Berlusconi remporte les élections pour la deuxième fois, encore grâce à son pouvoir médiatique. Avant les élections d'avril 2006, les associations du patronat italien ont critiqué la politique d'ouverture économique des cinq dernières années qui avaient conduit à une croissance quasi-nulle. Berlusconi perd les élections contre la coalition de gauche menée par Romano Prodi. Fin Novembre 2006, Silvio Berlusconi, s'effondre lors d'un discours. L'incident a eu lieu à Montecatini Terme en Toscane, lors d'un congrès des jeunes de son parti. En Février 2008, Silvio Berlusconi connaît un drame personnel, «Mamma Rosa», sa mère, meurt à Milan à l'âge de 97 ans. Peu après sa soeur, Maria Antonietta, décède à son tour. Lors des élections législatives d'avril 2008 Berlusconi forme une alliance de centre-droit avec le Popolo della Libertà, la Lega Nord et le Movimento per l'Autonomia. L'alliance obtient une large majorité à la Chambre et au Sénat. Le 8 mai, Silvio Berlusconi retourne pour la troisième fois en 14 ans, dans le Bureau du Premier ministre. Mi-Décembre 2009, nouvel incident: Le premier ministre est agressé en plein centre de Milan par un homme avec un objet dur - une réplique de la cathédrale de Milan -. En tant que Premier ministre, Belusconi contrôle à moitié la RAI, télévision publique italienne, mais aussi concurrente de son entreprise: Mediaset. En avril 2010, il se brouille avec son ancien allié Gianfranco Fini. le 14 décembre, malgré une motion de défiance à son encontre, le Parlement lui renouvelle sa confiance. Le 12 novembre 2011, Silvio Berlusconi a annoncé sa démission. Son départ a fait le bonheur de nombreux manifestants, qui ont hué l'ex-chef du gouvernement.

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L'ex-commissaire européen Mario Monti, 68 ans, a été chargé dimanche soir de succéder au chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi. Il s'est déclaré convaincu que l'Italie pouvait «vaincre» la crise de la dette grâce à «un effort collectif».

«Je remercie beaucoup le président pour la confiance qu'il m'a accordée (...) dans un moment de difficulté particulière pour l'Italie», a dit M. Monti lors d'une brève intervention après avoir reçu son mandat du président de la République Giorgio Napolitano.

«Le pays doit redevenir un élément de force, non de faiblesse, dans une Union européenne dont avons été parmi les fondateurs», a-t-il également ajouté.

«L'Italie peut vaincre la crise» économique grâce à «un effort collectif», a-t-il insisté, peu avant d'être applaudi par la foule à sa sortie du palais présidentiel.

Souhait

Il a promis de mener «avec un sens de l'urgence mais avec soin» des consultations en vue d'établir la composition de son cabinet.

La nomination de cet économiste respecté est intervenue à point nommé pour rassurer les marchés et les partenaires internationaux avant l'ouverture des marchés boursiers lundi matin, d'autant plus que cette journée sera marquée par une nouvelle émission obligataire faisant figure de test.

Dans un message télévisé diffusé au moment même où son successeur en puissance était convoqué au palais présidentiel, Silvio Berlusconi s'est dit «prêt à favoriser les efforts du président pour donner immédiatement au pays un gouvernement au profil technique».

Avant d'ajouter aussitôt qu'il «redoublerait son engagement au Parlement et dans les institutions pour rénover l'Italie», signe qu'il n'est prêt à prendre sa retraite politique.

Suggestion

«Je ne me rendrai pas tant que je n'aurai pas rénové l'architecture de l'Etat», a affirmé M. Berlusconi, qui a passé dix ans au pouvoir en 17 ans de vie politique.

Plus tôt dans la journée, le Cavaliere s'était dit «fier» de son action pendant la crise économique et avait espéré «reprendre le chemin du gouvernement».

En début de soirée, tout sourire, il est venu saluer et serrer les mains de centaines de partisans réunis devant sa résidence personnelle, qui l'ont applaudi avec chaleur en criant «Silvio! Silvio!».

Cet omniprésence de M. Berlusconi sur la scène médiatique constitue un contraste saisissant avec la discrétion prudent affichée toute la journée par Mario Monti.

Demande lancée

La tâche qui l'attend est titanesque, alors que l'Italie est au bord de l'asphyxie financière et croule sous une dette colossale (1900 milliards d'euros, 120 % du PIB).

Le Parti démocrate (PD, gauche, principal parti d'opposition) a demandé par la voix de son secrétaire Pierluigi Bersani que le gouvernement «soit totalement nouveau, à forte composante technique, et mette l'Italie en condition d'affronter l'urgence».

«Les engagements pris avec l'Europe restent le contenu essentiel du programme de gouvernement», a estimé de son côté le secrétaire du parti du Cavaliere, le Peuple de la Liberté (PDL), Angelino Alfano.

La perspective d'une majorité parlementaire semble ouverte pour M.'Monti, un homme pondéré au nez toujours chaussé de lunettes, surnommé parfois «le cardinal», qui s'est taillé une réputation de compétence et d'indépendance comme commissaire européen pendant dix ans (1994-2004), d'abord au Marché intérieur puis à la Concurrence.

Saluée par l'UE

Il est aussi depuis 1994 président de la prestigieuse université Bocconi de Milan, considérée comme la meilleure faculté d'économie d'Italie et dont il est diplômé.

Ces compétences ne seront pas de trop pour gouverner l'Italie, qui a été placée sous surveillance du Fonds monétaire international (FMI), de l'Union européenne et de la Banque centrale européenne (BCE).

La mission de Mario Monti ne s'annonce pas comme une partie de plaisir. En saluant sa nomination, l'UE n'a d'ailleurs pas manqué dimanche de préciser qu'elle continuerait à surveiller les réformes italiennes.

Et Silvio Berlusconi, même s'il lui apporté son soutien à M. Monti et l'a reçu pendant deux heures à déjeuner samedi, reste en embuscade: «Nous sommes en mesure de débrancher la prise quand nous voulons», a-t-il confié à ses proches.

(ats/afp)

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