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Affaire Berlusconi
06 avril 2011 07:22; Act: 06.04.2011 12:56 Print
Sept minutes pour le procès du bunga bunga
Le procès du «Rubygate», le plus médiatique et le plus périlleux pour Silvio Berlusconi, qui devait s'ouvrir mercredi à Milan, a été renvoyé au 31 mai.
Berlusconi est accusé d'avoir payé les prestations sexuelles de la jeune Marocaine Karima El Mahroug, alias Ruby, alors qu'elle était mineure. (photo: AFP)
Le procès du «Rubygate», où Silvio Berlusconi est poursuivi pour abus de pouvoir et relations sexuelles avec une prostituée mineure, s'est ouvert mercredi à Milan, en l'absence du président du Conseil italien et de la jeune Ruby. Il a immédiatement été renvoyé au 31 mai.
Diaporama Les soirées bunga bungaDans une lettre remise au tribunal par un représentant de ses avocats, le Cavaliere a affirmé qu'il aurait voulu «participer» à l'audience mais qu'il avait des «engagements institutionnels» à Rome qui l'en empêchaient.
Karima El Mahroug, alias «Ruby la voleuse de coeurs», a pour sa part décidé de ne pas se constituer partie civile, a indiqué son avocate. «Cela contredirait ce qu'elle a toujours affirmé à savoir qu'elle n'a jamais eu de relations sexuelles avec le président du Conseil», a-t-elle expliqué.
«Aucun préjudice»
Une telle décision aurait pénalisé le chef du gouvernement car elle signifiait que la jeune fille se retournait contre lui. Or la jeune femme, considérée comme une victime, estime «n'avoir subi aucun préjudice lors de ses fréquentations dans la villa de M. Berlusconi à Arcore, a souligné son avocate.
L'avocat représentant la défense de M. Berlusconi, Giorgio Perroni, a d'ailleurs souligné que «personne parmi les victimes ne s'est constitué partie civile pas même le fonctionnaire» de la préfecture de Milan sur lequel M. Berlusconi aurait fait pression.
Nombreux journalistes présents
L'agitation était grande devant le tribunal de Milan, où l'on comptait une centaine d'équipes de télévision. Mais les journalistes n'ont pas été autorisés à entrer dans la salle d'audience.
Le Cavaliere est accusé d'avoir eu des relations sexuelles tarifées avec Ruby de février à mai 2010, alors qu'elle était mineure, un délit passible de six mois à trois ans de prison. Il est aussi accusé d'abus de pouvoir pour avoir fait libérer Ruby qui venait d'être interpellée pour vol à Milan, fin mai, ce qui peut lui valoir jusqu'à 12 ans de prison.
M. Berlusconi, âgé de 74 ans, nie avoir eu des relations sexuelles avec Ruby. Il dit être intervenu pour éviter une crise diplomatique car il pensait que Ruby était la nièce de l'ex- président égyptien Hosni Moubarak. Mais le parquet estime que c'était plutôt pour l'empêcher de faire des déclarations compromettantes.
Nouvelle lex ad personam
A la veille de cette audience, les députés italiens ont adopté une motion pour lui éviter le procès, en arguant que le «tribunal des ministres», collège de magistrats constitué spécialement, était le seul compétent pour ce type de délits.
Ironie du sort, alors que le «Rubygate» a amené près d'un million d'Italiennes à descendre dans la rue en février pour défendre la dignité des femmes, M. Berlusconi est jugé par trois magistrates. Le verdict du «Rubygate» pourrait prendre des années, ou même ne jamais être prononcé.
(ats)























