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Dette américaine
30 juillet 2011 06:12; Act: 30.07.2011 21:33 Print
Le Sénat rejette un plan républicain
Dans la soirée de vendredi, le Sénat américain a rejeté un texte des républicains de la Chambre pour relever le niveau d'endettement autorisé et pris des mesures pour pousser son propre plan.
Quarante-trois des 47 sénateurs républicains ont signé samedi une lettre indiquant qu'ils ne voteraient pas pour le projet démocrate de relèvement du plafond de la dette, ce qui semble montrer que le plan ne recueille pas le soutien nécessaire pour son adoption au Congrès.
Les démocrates ont besoin d'au moins sept voix d'élus républicains en prévision d'un vote dimanche vers 1h (7h suisses) au Sénat.
A l'approche de la date couperet du 2 août, les divergences des deux camps font encore obstacle à un compromis, les dirigeants démocrates accusant leurs homologues républicains d'obstructionnisme.
Idem vendredi
A quatre jours de la date-butoir fixée par le Trésor concernant un possible défaut de paiement des Etats- Unis, le Sénat américain a rejeté vendredi soir un plan républicain par 59 voix contre 41. Le chef de la majorité démocrate, Harry Reid, a pris des mesures après le scrutin pour programmer un premier vote ce week-end afin de tenter de faire adopter un autre texte et éviter un défaut de paiement d'ici mardi.
«J'ai demandé à mon ami, le leader républicain (Mitch McConnell) de négocier et il a choisi de ne pas le faire», a dit M. Reid peu après le vote du Sénat. «C'est vraiment dommage. Je veux faire avancer les choses», a ajouté M. Reid.
Le démocrate a pourtant affirmé lors d'une conférence de presse après le vote que sa proposition modifiée comportait des éléments «suggérés par le sénateur McConnell» notamment de nouvelles coupes budgétaires. Le leader républicain n'avait pas encore réagi sur le fond vendredi soir.
Peu avant, la Chambre des représentants américaine avait adopté le plan républicain par 218 voix contre 210.
Dans la foulée du vote de la Chambre, la Maison-Blanche a renouvelé son appel au «compromis» au Congrès. «Maintenant que cette nouvelle manoeuvre politique est derrière nous, (...) les chefs (du Congrès) doivent commencer à travailler ensemble immédiatement afin de parvenir à un compromis qui évite un défaut de paiement», a affirmé dans un communiqué le porte-parole du président Obama, Jay Carney.
Appel à la pression populaire
«Nous n'avons presque plus de temps», a averti M. Obama lors d'une intervention télévisée. Il a appelé les Américains à «maintenir la pression» sur leurs élus à Washington pour qu'ils trouvent une solution rapide à la crise actuelle.
Plus tôt dans la journée, M. Carney avait indiqué que l'économie des Etats-Unis avait d'ores et déjà subi des «dégâts». Il a cependant affirmé qu'il restait encore suffisamment de temps pour appliquer un accord et «respecter l'échéance du 2 août».
Au Capitole, l'initiative semblait avoir basculé du côté du Sénat vendredi avec le plan des démocrates. «C'est probablement notre dernière chance de sauver ce pays du défaut de paiement», a déclaré Harry Reid.
Ce plan économiserait 2200 milliards de dollars sur 10 ans et relèverait a priori suffisamment le plafond de la dette pour tenir jusqu'en 2013. Les républicains, eux, insistent sur un plan en deux étapes: un premier relèvement avant le 2 août et un deuxième début 2012, soit en pleine campagne électorale.
Républicains à la peine
Le président de la Chambre, John Boehner, a peiné à rassembler les voix pour son plan, qu'il savait voué à l'échec. Jeudi soir, il a dû reporter le vote faute d'avoir les soutiens nécessaires sur son aile droite. Vendredi, pour gagner davantage de voix, il a notamment ajouté à son texte un projet d'amendement constitutionnel pour imposer un «budget à l'équilibre», très prisé à droite.
Peu avant le vote, M. Boehner a affirmé devant la Chambre avoir tout fait pour obtenir un accord avec Barack Obama. «Mais il y a beaucoup de gens dans cette ville qui ne peuvent jamais dire oui», a-t-il lancé en rejetant la responsabilité de l'impasse sur le président.
Si aucun projet de loi pour relever le plafond de la dette n'est envoyé à la Maison-Blanche avant le 2 août, il ne restera que quelques jours à l'administration pour payer ses factures avant d'épuiser ses réserves d'argent, selon les analystes. Le plafond de la dette a atteint à la mi-mai sa limite fixée par la loi de 14'294 milliards de dollars, soit presque 100% du PIB.
L'agence d'évaluation financière Moody's a précisé vendredi qu'elle donnait aux Etats-Unis plus d'une chance sur deux de conserver la note «Aaa» attachée à leur dette publique, en cas de désaccord persistant sur le relèvement du plafond.
Le président Obama en appelle à un compromis
(ats)























