Une info à nous transmettre? Une histoire à nous raconter? Ecrivez-nous à
web@20minutes.ch 
Réactions UDC
14 décembre 2011 13:11; Act: 14.12.2011 17:01 Print
«Ce n'est pas un bon jour pour la Suisse»
Le conseiller fédéral réélu Ueli Maurer a regretté mercredi la non élection des candidats UDC face à Eveline Widmer- Schlumpf, du PBD.
«Ce n'est pas un bon jour pour la Suisse», a déclaré le conseiller fédéral réélu Ueli Maurer depuis le restaurant Kreuz à Berne où sont réunis les militants de l'UDC.
Walter ne voulait pas attaquer les sièges PLR et PSLe conseilller national UDC et candidat malchanceux au Conseil fédéral Hansjörg Walter n'est personnellement «absolument pas déçu» de sa non-élection. Le Thurgovien admet toutefois une déception générale pour le groupe et le parti, qui n'ont pas réussi à concrétiser leur souhait de concordance.
Le plus important toutefois, c'est que le message de l'UDC soit compris, ce qui a été le cas, a estimé M. Walter, interviewé par la télévision alémanique SF. Le Parlement s'est décidé pour une concordance légèrement différente, ce qu'il faut maintenant accepter, a-t-il ajouté.
M. Walter a personnellement pris la décision de retirer sa candidature après la réélection d'Eveline Widmer-Schlumpf et de ne pas attaquer le siège de Johann Schneider-Amman ni les deux sièges socialistes. Qu'il puisse lui-même décider de ce point était une condition de sa candidature, a-t-il expliqué.
Sifflets pour Widmer-Schlumpf
L'ambiance était à une déception modérée parmi les supporters de l'UDC, mercredi, après l'élection du Conseil fédéral. Ils étaient réunis à l'Hôtel Kreuz, à Berne, où les seules émotions sont venues de la réélection d'Eveline Widmer-Schlumpf, que l'UDC combattait.
Après le dernier tour de l'élection, il ne restait plus que quelques sympathisants du parti assis dans la salle, alors qu'elle était pourtant pleine à craquer auparavant. C'est au son d'un accordéon qu'ils bouclaient cette élection, qui leur a fait l'effet d'une douche froide.
Mariano Fioretti, le secrétaire de l'UDC schaffhousoise, se faisait le porte-voix des personnes encore présentes: «Nous sommes déçus que la concordance n'ait pas été rétablie». On va maintenant réfléchir à toutes les options, a-t-il dit en évoquant la suite des événements.
L'ambiance n'était toutefois pas à la toute grosse déception, car nombre de sympathisants de l'UDC ne se faisaient pas d'illusions en raison des pronostics défavorables. «Je suis simplement déçu que Mme Widmer-Schlumpf ait déjà été élue au premier tour», a confié Peter Preisig, président de la section de Hinwil (ZH), qui s'était déplacée à Berne avec une délégation de 40 personnes.
Les cris révoltés et les sifflements qui ont accueilli la réélection d'Eveline Widmer-Schlumpf ont bien montré combien la blessure de l'éviction de Christoph Blocher est encore douloureuse.
M. Maurer a précisé à l'ats que ses propos n'étaient pas dirigés contre la conseillère fédérale Widmer-Schlumpf. Il s'agit bien plus du principe de la concordance, a-t-il dit.
Le ministre la tête de la Défense a néanmoins a rassuré les partisans de l'UDC: «Le parti s'en remettra». «Nous sommes habitués à combattre et nous le ferons», a-t-il ajouté.
C'est relativement rare qu'un conseiller fédéral en fonction commente publiquement l'élection au Conseil fédéral. Le Zurichois a obtenu une standing ovation de la part de ses supporters au moment de l'annonce de sa réélection.
«L'UDC a agi de manière chaotique
Comme d'autres responsables de parti, le président des Verts décerne un bonnet d'âne à l'UDC pour son comportement lors de l'élection du Conseil fédéral. L'UDC «a agi de manière chaotique», a lancé M. Leuenberger sur les ondes de la radio alémanique DRS.
«L'UDC a tout fait pour ne pas obtenir de deuxième siège». M. Leuenberger s'est dit convaincu que l'UDC ne voulait pas d'un deuxième ministre. Le parti de Christophe Blocher s'est comporté de manière brouillone, a lancé ses candidats trop tard dans la course et a montré qu'il n'était pas mûr pour un deuxième siège.
Le retrait du gouvernement discutée
La base de l'UDC sera partagée sur un éventuel retrait du gouvernement, selon le politologue Andreas Ladner. «Certains membres ne sont pas satisfaits de la stratégie de la direction du parti et pourraient plutôt vouloir changer cela», a-t- il ajouté.
«C'est peut-être la fin du règne des trois B (Blocher-Brunner- Baader)», a déclaré mercredi à l'ats le professeur à l'Institut de hautes études en administration publique (IDHEAP). La stratégie du parti était «peu claire».
«L'UDC a refusé de répondre à l'offre socialiste de reprendre le siège PLR de Johann Schneider-Ammann et finalement a quand même décidé de l'attaquer», observe Andreas Ladner. Selon lui, l'UDC ne voulait être au gouvernement que si la majorité était clairement à droite (2 UDC 2 PLR) et donc attaquer le siège d'Eveline Widmer- Schlumpf.
Pour le politologue, l'attaque de l'UDC contre le siège PLR va «ternir la relation» entre les deux partis. Le PLR risque de se rapprocher des autres partis pour garantir une stabilité au pays. Sur certains thèmes communs, les deux partis trouveront toutefois toujours des points de convergence.
«L'UDC a fait ce que je lui déconseillais»
Le président des Vert'libéraux Martin Bäumle critique la voie choisie par l'UDC pour l'élection du Conseil fédéral. «La semaine passée, le week-end passé et ces derniers jours, elle a fait exactement ce que je lui déconseillais», a-t-il dit à la radio alémanique DRS.
L'UDC n'a pas eu de stratégie et a ainsi saboté l'affaire elle- même, a souligné Martin Bäumle. Pour le conseiller national zurichois, le Conseil fédéral a mené une bonne politique dans sa composition actuelle - avec deux sièges au PS, deux au PLR ainsi qu'un à l'UDC, au PDC et au PBD. M. Bäumle est persuadé que cela va continuer.
Dommage pour Jean-François Rime (UDC), qui est resté en course, car il restera comme le perdant dans tous les tours de scrutin où il s'est présenté, a relevé le président vert'libéral. Quant au président du Conseil national, Hansjörg Walter (UDC), il a sauvé son honneur en retirant sa candidature, estime M. Bäumle.
Epreuve de vérité pour le parti
Pour le président du PBD Hans Grunder, le groupe parlementaire UDC se trouve après l'élection au Conseil fédéral devant l'épreuve de vérité. «Dans les prochaines années, plusieurs personnes vont devoir s'en aller», a-t-il indiqué à la radio alémanique DRS, faisant allusion aux élus peu enclins à collaborer.
D'un point de vue arithmétique, l'UDC a droit à deux sièges pour la prochaine élection au Conseil fédéral en 2015, indique M. Grunder. Le parti de Christoph Blocher a par conséquent maintenant le temps de «faire ses devoirs».
(ats)























