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Bilan de l'élection
14 décembre 2011 12:54; Act: 14.12.2011 16:03 Print
«Le sentiment que tout était joué d'avance»
Elie Burgos, doctorant en sciences politiques à l'Unil, livre pour «20 minutes» son analyse de l'élection du Conseil fédéral. Selon lui, les positions de chaque parti étaient «arrêtées».
L'élection d'Alain Berset au Conseil fédéral, en remplacement de Micheline Calmy-Rey, n'est pas vraiment une surprise pour le politologue Elie Burgos. «Il était relativement clair que l'UDC ne parviendrait pas à contester ce siège, laissé vacant par la socialiste.»
Oscar Mazzoleni et Elie Burgos sont tous deux politologues à l'université de Lausanne. Ils sont coauteurs du livre récemment publié: «La Formule magique. Conflit et consensus dans l'élection du Conseil fédéral».En effet, tous les partis, excepté la droite populaire, soutenaient le siège socialiste. «Ainsi on avait le sentiment que tout était joué d'avance, explique Elie Burgos. Comme lors des élections précédentes, l'UDC est apparue très isolée dans ses revendications.»
Pas de coups de théâtre
Alain Berset faisait figure de favori dans le duel qui l'opposait aux deux autres Romands, Pierre-Yves Maillard et Jean-François Rime, pour remplacer Micheline Calmy-Rey. Ce statut s'est confirmé après le premier tour durant lequel le conseiller d'Etat fribourgeois s'est retrouvé à seulement quelques voix de la majorité absolue, dès le 1er tour.
«Cette élection s'est déroulée sans coups de théâtre, ni grands heurts, puisque tous les candidats ont été réélus dès le 1er tour», analyse le politologue. Même l'élection d'Alain Beset s'est avéré «relativement facile», puisque le socialiste a été désigné après deux tours. «A aucun moment, on a eu le sentiment qu'un siège pouvait passer d'un parti à un autre».
Positions arrêtées et mots choisis
Les positions de chaque parti étaient arrêtées estime le politologue lausannois qui estime que l'attitude de tous les partis s'apparentaient à une «coalition anti-revendications de l'UDC, très hétéroclite». Elle est, d'après son analyse, parvenue à «étouffer les demandes» du parti de la droite populaire.
Le vocabulaire choisi par l'ensemble des chefs de groupes parlementaires a également retenu l'attention du docteur en sciences politiques. «Les mots employés l'étaient pour ne pas blesser les autres partis, il n'y a pas eu d'attaques frontales», relève-t-il. Il voit ainsi une différence notoire par rapport aux précédentes élections.
Chère concordance
Elie Burgos a été étonné par le nombre «incalculable» de fois où le terme de 'concordance' a été employé. Selon lui, cette expression a une définition différente pour tous les partis. «C'est en l'interprétant différemment que chacun tente de justifier sa propre position.»
Enfin, le politologue estime que les élections fédérales du 26 octobre dernier ont sans doute joué un «petit rôle» dans le scrutin de mercredi. «Dans la mesure où les résultats des fédérales ont été interprétés comme une défaite de l'UDC, certains parlementaires trouvaient illogique de laisser le parti agrarien briguer un deuxième siège».
(cga)























