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Conseil fédéral
14 décembre 2011 13:48; Act: 14.12.2011 14:39 Print
La non-élection de Maillard déçoit
Les quelques personnes présentes dans la salle du Grand Conseil vaudois ont dit leur déception après la non-élection de Pierre-Yves Maillard.
Seule consolation de la non-élection de Pierre-Yves Maillard pour certains: le socialiste deviendra «très certainement» président du gouvernement, espère la Verte Sandrine Bavaud.
Déçu pour Vaud mais contentPierre-Yves Maillard s'est dit déçu pour le canton de Vaud. «Mais le résultat est clair et il ne souffre d'aucune discussion; je félicite Alain», a-t-il ajouté à la TSR.
«Je suis content d'être au bout de cette aventure passionnante», a déclaré le conseiller d'Etat vaudois. Il a dit retenir de cette course la satisfaction d'avoir obtenu des soutiens de tous bords, au- delà de son canton.
«J'ai atteint au moins un objectif, celui d'avoir mené une campagne claire, sans jeu en marge du groupe, une campagne de contenu», a-t-il déclaré. «J'ai fait des propositions qui ont été discutées et je continuerai à les défendre», a complété le Vaudois.
Il a exprimé une certaine déception pour le canton de Vaud qui l'a beaucoup soutenu dans cette campagne. A titre personnel, le socialiste ne paraît pas trop affecté: «J'ai un engagement passionnant au Conseil d'Etat, les élections cantonales vaudoises approchent et le combat continue», a-t-il poursuivi.
Interrogé sur ses chances d'accéder au Conseil fédéral, il était conscient du poids prépondérant au sein du PDC en faveur de son concurrent fribourgeois. Une proportion de 60-40 plutôt que 90-10 ne change rien à la fin, a-t-il relevé. «Les challengers n'ont que très peu de chance»
Le président du Conseil d'Etat vaudois Pascal Broulis s'est dit déçu de la non-élection de Pierre-Yves Maillard. «Cela montre une nouvelle fois qu'il faut appartenir au sérail pour être dans la course jusqu'au bout et que les challengers n'ont que très peu de chance d'être élus», a-t-il constaté.
«Il faut digérer cette déception, car on se faisait quand même quelques plans», a déclaré Pascal Broulis à l'ats. Puis après la vie continue. «Pour l'instant on est un peu maussade, comme le temps», a- t-il souligné à l'heure du retour dans la capitale vaudoise.
Pierre-Yves Maillard ne rentre pas avec ses collègues du Conseil d'Etat qui s'étaient déplacés en minibus in corpore dans la capitale fédérale pour l'élection. «Il est allé faire un petit tour dans un bistrot de Berne», a indiqué le chef des finances vaudoises. «C'est dommage que les socialistes n'aient pas eu leur finale. Si j'avais été M.Rime, je me serais retiré au profit de Pierre-Yves Maillard», a-t-il poursuivi.
Concernant la stratégie de l'UDC, «ce parti sort meurtri de sa campagne pour les fédérales», estime le Vaudois. La tactique de Christoph Blocher ne finit pas bien. Il faut consolider plutôt que vouloir grossir, a-t-il relevé.
Qaunt au fait que le canton de Vaud n'est pas représenté depuis treize ans au Conseil fédéral, «on va continuer à se battre, à être présent sur la scène fédérale», a souligné Pascal Broulis. Il dit ne pas avoir de craintes pour l'instant pour l'Arc lémanique, «car Vaud et Genève contribuent fortement à la stabilité nationale avec la RPT. Il faudra cependant rester vigilant», a-t-il noté.
Déception: le mot est revenu sur toutes les lèvres mercredi vers midi au Palais de Rumine. La salle du parlement avait été ouverte aux élus et employés de l'Etat. Une trentaine de personnes avaient fait le déplacement pour se retrouver dans une salle un peu triste, sans verre à boire ni rien à croquer, comme si personne n'y croyait vraiment.
Jour historique raté
Présidente du Tribunal cantonal, Muriel Epard s'est dit «déçue» de ne pas voir le Vaudois entrer au Conseil fédéral. Alain Berset a sans doute «un profil plus consensuel», avance-t-elle comme explication. Mais «nous sommes contents de garder» Pierre-Yves Maillard.
L'élection du chef du Département de la santé et de l'action sociale (DSAS) aurait été «un jour historique pour les Vaudois», regrette Magaly Hanselmann, chef du Bureau de l'égalité entre les femmes et les hommes. Pierre-Yves Maillard a dû fournir un tel travail dans son canton qu'il était forcément moins présent à Berne, relève-t-elle.
Tactique de l'UDC fustigée
La députée libérale Claudine Wyssa en veut à l'UDC et à sa tactique de ne «pas participer au choix», ce qui a beaucoup coûté à Pierre-Yves Maillard. Pour le gouvernement vaudois en revanche, cette non-élection est une assurance de stabilité, selon elle.
Membre de l'Alliance du Centre, Jérôme Christen exprime «une petite déception» et estime qu'Alain Berset sera «une excellent conseiller fédéral». Pierre-Yves Maillard est «plus combatif, plus progressiste», mais «son image de syndicaliste» est moins «rassurante» que le profil de «gendre idéal» d'Alain Berset.
Prochain président ?
L'écologiste Sandrine Bavaud estime aussi que le style de Pierre- Yves Maillard l'a desservi. Il est «moins consensus mou» et n'appartient pas au sérail bernois comme Alain Berset. La députée verte ne cache pas en revanche qu'elle voit d'un bon oeil la présence dans le canton du socialiste vaudois pour les élections générales de mars.
Pierre-Yves Maillard devrait «très certainement» devenir président du Conseil d'Etat et remplacer le radical Pascal Broulis. Les Vaudois se rendent déjà dimanche aux urnes pour le second tour de l'élection complémentaire au Conseil d'Etat. Si la Verte Béatrice Métraux, donnée favorite, passe la rampe, la majorité de l'exécutif basculera à gauche.
Alain Berset surpris du «gros écart»
Alain Berset s'est dit surpris de son bon score lors de l'élection et du gros écart avec son adversaire direct Pierre-Yves Maillard dès le premier tour. Les signaux annonçaient une élection plus serrée, a fait remarquer le Fribourgeois à la Télévision suisse romande.
Celui-ci a aussi évoqué sa satisfaction d'accéder au Conseil fédéral. «J'avais envie de cette fonction, c'est clair. Depuis ce matin, c'est fait.»
Interrogé sur la répartition des départements qui doit avoir lieu ces prochains jours, le successeur de Micheline Calmy-Rey s'est dit prêt à reprendre n'importe lequel des sept départements. «Lorsqu'on arrive dans un exécutif, on se doit d'être ouvert à tout».
M. Berset a tout de même concédé une légère préférence pour les affaires étrangères, même si plusieurs autres départements l'intéressent. «Je ne vais pas décider tout seul, j'imagine qu'il y aura des discussions ouvertes afin de fonder la meilleure équipe possible» pour conduire le pays.
S'agissant de sa campagne, Alain Berset a assuré n'avoir pas particulièrement cherché à rencontrer ses collègues parlementaires ces derniers mois. «Les contacts que j'ai avec eux sont finalement assez naturels».
Ceux-ci se sont construits au fil du temps pendant les huit années que M. Berset a déjà passées à Berne. Il a notamment souligné l'importance du travail de commission pour nouer des liens ainsi que son passage à la présidence du Conseil des Etats.
(ats)























