Micheline Calmy-Rey

08 septembre 2011 06:37; Act: 03.11.2011 16:42 Print

Les médias très partagés sur son départLes médias très partagés sur son départ

Les médias suisses se sont montrés très contrastés sur Micheline Calmy-Rey dans leurs éditoriaux, au lendemain de l'annonce de sa démission.

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Micheline Calmy-Rey en conférence de presse en octobre 1987. Elle était alors présidente du PS genevois. En novembre 1997, elle devient conseillère d'Etat genevoise en charge des finances. En 2002, à l'ouverture du salon de l'auto avec le conseiller fédéral Kaspar Villiger. Le 4 décembre 2002, elle est élue conseillère fédérale après le retrait de Ruth Dreifuss. ici avec Ruth Lüthi également candidate. Peu après son élection, avec sa nièce Deborah. Elle obtient le Département fédéral des affaires étrangères. Au WEF 2003 à Davos avec Colin Powell, deux mois après le début de l'offensive américaine en Irak. En août 2003, elle est de retour à Zurich avec les 4 otages suisses retenus six mois par des extrémistes au Sahara. En décembre 2003, Christoph Blocher est élu au Conseil fédéral. Malgré des vues très divergentes, Micheline Calmy-Rey n'aura pas de gros problèmes avec lui. Fin 2003, Micheline Calmy Rey s'était fait rapidement remarque grâce à la conduite de l'Initiative de Genève censé pour résoudre le conflit israélo-palestinien. Fin 2004, elle rencontre une victime du tsunami à Phuket. Une virée en trottinette avec le conseil fédéral sur le Mont Soleil. Elle avait chuté mais ne s'était pas blessée. Ici avec le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan qu'elle connaît pour l'avoir côtoyé durant ses études à Genève En août 2005 au Kosovo. La Suisse a rapidement reconnu le Kosovo après sa déclaration d'indépendance. Avec son homologue chinois Li Zhaoxing sur la Jungfrau en février 2006. Elle entonne «Les Trois Cloches» de Jean Villard-Gilles en mai 2007 à la TSR, dans les «Coups de coeur» d'Alain Morisod. En 2007, elle devient présidente du Conseil fédéral pour la première fois. Elle se rend le 1er août sur le Grutli pour un discours. Les critiques ont fusé lorsqu'elle est apparue voilée en présence du président iranien Armadinejad. Tout sourire, elle rencontre le président américain Barack Obama à Istanbul en avril 2009. L'affaire Hannibal Kadhafi aura mis à rude épreuve les nerfs des conseillers fédéraux contraints à beaucoup de courbettes devant le colonel Kadhafi. Mais Micheline Calmy-Rey restera dans les esprits comme celle qui a pu faire libérer les otages suisses retenus en Libye. Dans le pavillon suisse de l'exposition universelle de Shanghai en 2010 Le 8 décembre 2010, la Genevoise d'origine valaisanne est élue pour une seconde fois présidente de la Confédération. Elle est félicitée ici par le conseiller national valaisan Jean-René Germanier. Les 12 et 13 mai 2011, la Présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey et les autres membres du Conseil fédéral ont reçu le Roi Juan Carlos et la Reine Sofia pour une visite d'Etat. Ici à la Fondation de l'Hermitage à Lausanne. En visite dans un camp de réfugiés somaliens en été 2011 Le 1er septembre 2011, elle s'affiche avec les grands de ce monde pour une conférence sur la Lybie.

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Constat unanime des deux côtés de la Sarine: Mme Calmy-Rey a marqué de son empreinte les affaires étrangères de la Suisse en 9 ans. La conseillère fédérale a incarné à elle seule la diplomatie helvétique et notamment le concept de «neutralité active». Et avec - l'expression revient sans cesse - un «caractère bien trempé».

Cette personnification a ses conséquences et la presse suisse s'en fait aussi l'écho: une ministre «agissante, mais irritante», «vénérée ou décriée», «pour le meilleur et pour le pire», «forte tête», «manières abruptes», «peu commode», «entêtée», etc.

Une Suisse plus audible

Sur les points positifs d'abord. Plusieurs journaux l'écrivent, à l'instar de la «Tribune de Genève», personne avant elle «n'a conféré une telle visibilité à la Suisse sur le plan international». Sur cette scène mondiale, «la petite musique helvétique est devenue plus audible», écrit aussi «La Liberté». La «NZZ» abonde aussi dans ce sens, parlant d'»ardeur» dans sa tache.

Une «incontestable visibilité nouvelle» à la politique étrangère suisse, lit-on dans «24 Heures». Ce dernier estime que la Genevoise a «secoué les tapis de la vieille tradition des bons offices». Même constat dans la «TdG»: elle a «osé casser la diplomatie molle et fuyante d'une Suisse figée dans sa neutralité». «Le Temps» estime que la socialiste «a contribué au décloisonnement» du pays.

Efficacité?

Mais certains journaux s'interrogent, à l'instar du «Temps», et là commencent les points négatifs: «Une diplomatie plus visible. Plus efficace pour autant?». Mme Calmy-Rey «se sera finalement montrée hésitante et terriblement défensive dans les domaines stratégiques où la Suisse a le plus à gagner - et le plus à perdre», répond le quotidien qui trouve que les grands voisins de la Suisse ont été négligés (Berlin, Paris, Rome).

La presse revient aussi beaucoup sur les «brillants feux de paille» ou les «coups médiatiques» de Mme Calmy-Rey. Quant aux deux dossiers essuyant le plus de critiques dans les médias helvétiques: incontestablement l'affaire libyenne et son attitude face à l'Union européenne (UE).

«La Liberté» regrette par exemple chez elle «un minimum de sensibilité au souffle historique de la construction européenne». Plusieurs médias, comme «Le Temps», parlent clairement d'échec dans le dossier de l'UE, évoquant «une impasse», une «voie sans issue».

Dure à l'interne

Autre critique récurrente: si Mme Calmy-Rey est souvent brillante et souriante sur la scène internationale, elle peut être «cassante» et «dirigiste» dans son propre Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), notent des commentateurs, notamment outre-Sarine. «Solitaire», «autoritaire», «égocentrique», «contrôlante», sont des qualificatifs qui reviennent souvent.

Cela ne semble un secret pour aucun média: son «obstination» et «son obsession du contrôle de sa communication et de son image» (»TdG») ont parfois desservi sa politique et surtout laissé des traces au sein du DFAE.

«Elle peut être odieuse avec ses collaborateurs», écrivent «L'Express» et «L'Impartial» qui s'étonnent - comme le «St. Galler Tagblatt» de son manque de diplomatie dans son action personnelle, mais saluent sa «très grande intelligence». D'autres journaux alémaniques reviennent aussi sur une «collégialité outrepassée», de l'époque des Blocher et Couchepin. Fin d'une époque, note la «NZZ».

Enfin, plusieurs médias alémaniques commentent aussi les conséquences tactiques de la démission de la socialiste. Le «Tages- Anzeiger», par exemple, juge la situation désormais très délicate pour le siège d'Eveline Widmer-Schlumpf. De son côté, la «Südostschweiz» n'hésite pas à parler d'une «passionnante partie de poker» à venir.

(ats)

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