Election Conseil fédéral

25 novembre 2011 19:50; Act: 25.11.2011 20:08 Print

Maillard, un gauchiste pragmatiqueMaillard, un gauchiste pragmatique

Pierre-Yves Maillard est considéré comme le patron incontesté des socialistes vaudois et une figure politique en vue de Suisse romande.

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L'ancien militant met en avant son pragmatisme et son expérience de conseiller d'Etat dans un canton qui s'est relevé d'une grave crise financière. (photo: Keystone)

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Choisi pour être sur le ticket socialiste en vue de l'élection au Conseil fédéral, Pierre-Yves Maillard incarne pour beaucoup l'aile gauche du parti. Depuis son élection au gouvernement vaudois fin 2004, le tribun s'est mué en homme d'Etat, tout en conservant les positions claires et tranchées de ses débuts.

A 43 ans, ce petit-fils d'un syndic PAI (parti ancêtre de l'UDC) de Porsel, dans le canton de Fribourg, est devenu le patron incontesté des socialistes vaudois et une figure politique en vue de Suisse romande. Il s'est illustré dans le combat contre la privatisation des services publics et les hausses de primes maladie.

L'ancien militant met en avant son pragmatisme et son expérience de conseiller d'Etat dans un canton qui s'est relevé d'une grave crise financière. S'il s'engage, c'est «pour faire bouger les choses et atténuer les injustices». «Je ne suis pas quelqu'un d'obtus, je peux convaincre au-delà de mon bord politique», promet-il.

Au pas de course

Né le 16 mars 1968 à Lausanne, Pierre-Yves Maillard a gravi tous les échelons politiques. Au début des années 1990, il entre au Conseil communal et se fait connaître comme secrétaire de la Fédération des étudiants de l'Université de Lausanne.

En 1995, à 27 ans, il devient conseiller personnel du ministre socialiste Jean Jacques Schwaab, en charge de l'école. Déjà déterminé, il claque la porte quatre mois plus tard, ne voulant pas cautionner le plan d'économies de l'époque, Orchidée II.

Convictions

Deux ans plus tard, le Lausannois aux convictions bien trempées se fait un nom en se présentant, comme candidat socialiste de combat, à une élection complémentaire au Conseil d'Etat. Bon débatteur, il surprend en mettant en ballottage la radicale Jacqueline Maurer.

Tour à tour président du parti lausannois, puis vaudois, il accède en 1998 au Grand Conseil, qu'il quitte en 1999 après son élection au Conseil national. A Berne, il s'affirme comme un défenseur des services publics et gagne le référendum contre la libéralisation du marché de l'électricité. En 2003, désormais locomotive électorale, il est le mieux élu des conseillers nationaux vaudois.

Syndicaliste

En parallèle à la politique, il enseigne puis travaille comme syndicaliste à Unia. Il gère plusieurs cas de licenciements collectifs, notamment chez Veillon et Sapal. L'universitaire - il a étudié la philosophie, l'histoire et le français - apprend à négocier et à tisser des liens avec le patronat.

Fin 2004, il entre au Conseil d'Etat au bénéfice d'une élection complémentaire et quitte le Conseil national. Chef du Département de la santé et de l'action sociale, il devient rapidement, au côté du radical Pascal Broulis, un des hommes forts du gouvernement, où il affine son sens de la stratégie.

Santé et énergie

Ce printemps, M. Maillard fait passer dans les urnes son projet de prestations complémentaires pour les familles de travailleurs pauvres, contre l'avis du patronat. A l'échelon fédéral, il préside la Conférence des directeurs cantonaux de la santé.

Grand partisan de la caisse unique, il est en pointe dans le combat des cantons face aux assureurs maladie. Ses débats face à Pascal Couchepin restent dans les mémoires.

S'il se lance dans la course au Conseil fédéral, c'est pour y mener des réformes. Il prône des investissements massifs dans les énergies renouvelables et un minimum d'auto-approvisionnement agricole. L'homme reconnaît qu'il n'est pas un «euroturbo» et soutient, comme l'UDC, l'élection du Conseil fédéral par le peuple.

Rêve

Celui qui, enfant, voulait devenir footballeur rêve aujourd'hui d'une majorité de gauche au gouvernement et au Parlement vaudois. «C'est en pensant que les hommes vont ensemble et qu'ils se soutiennent que je fonde mon socialisme; ainsi nulle difficulté n'est insurmontable», aime-t-il dire en citant Olof Palme.

Le militant - qui est aujourd'hui marié et père de deux jeunes enfants - n'oublie pas ses origines plutôt modestes. Il a publiquement évoqué les difficultés de son père garagiste lorsque ce dernier a dû avoir brièvement recours à l'aide sociale, avant de retrouver un emploi de concierge.

Avec Pierre-Yves Maillard, Vaud espère regagner un siège au Conseil fédéral. Le canton n'y est plus représenté depuis 1998 et le départ du radical Jean-Pascal Delamuraz.

(ats)

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