Berne

14 décembre 2011 13:05; Act: 14.12.2011 14:55 Print

Widmer-Schlumpf a gagné son pariWidmer-Schlumpf a gagné son pari

La nouvelle présidente de la Confédération a gagné son pari. A 55 ans, la bourgeoise-démocrate Eveline Widmer-Schlumpf défie ceux qui pariaient sur sa chute et donne la pleine mesure d'un sens tactique redoutable.

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Alain Berset s'est consacré à plein temps à la politique depuis son élection au Conseil des Etats en 2003. La politique lui en a été reconnaissante en faisant de lui, à 39 ans, un des plus jeunes conseillers fédéraux de Suisse et le quatrième conseiller fédéral fribourgeois de l'histoire. Certains le disent pressé et ambitieux. Son apparence véhicule d'autres messages: posé, le verbe ferme et aisé, toujours élégant, ayant adopté l'uniforme du notable, costume sombre et chemise blanche, M. Berset n'a jamais l'air stressé, toujours affable. A Berne, il s'est très vite imposé comme poids lourd dans son groupe et comme Romand écouté aux Etats. Sa connaissance des dossiers économiques en a fait un orateur incontournable depuis que la crise financière a éclaté, démontrant au passage que le PS peut avoir un discours rigoureux et technique sur la question. En outre, il ne collectionne pas les mandats. Il a quelques activités associatives: il préside par exemple la fondation fribourgeoise dédiée aux personnes handicapées «Les Buissonnets», ainsi que la branche romande de l'Association suisse des locataires (Asloca). Ici avec son épouse Muriel Zehnder Berset. Pianiste à ses heures, M. Berset habite toujours la maison familiale à Belfaux. Il est marié et père de trois enfants. Il savoure sa victoire en enlaçant son grand-père François... ... et sa grand-mère Angélique. Derrière l'élection d'Alain Berset se cache le désaveu du premier parti de Suisse. Le renouvellement du Conseil fédéral est un échec cinglant pour l'UDC. L'UDC n'a réussi à déloger aucun ministre en poste et n'a pas perturbé l'élection du socialiste Alain Berset, seul nouveau venu au gouvernement. Une question reste ouverte: son passage dans l'opposition. Micheline Calmy-Rey a quitté la présidence de la Confédération qu'elle aura occupée deux fois. Mais ce sont ses neuf ans passés aux affaires étrangères qu'elle a avant tout évoqués en prenant congé mercredi du Parlement. Très émue, la gorge nouée, elle avait auparavant écouté l'hommage rendu par ses collègues. L'un des enjeux de l'élection était de savoir si l'UDC allait parvenir à reconquérir un deuxième siège. Le Vaudois Pierre-Yves Maillard est arrivé sous les crépitements des flashs, avant de se rendre dans la salle des pas perdus. Il est l'un des socialistes candidat à la succession de Calmy-Rey... ... avec le Fribourgeois Alain Berset Doris Leuthard a été confortablement réélue avec 216 voix. Puis Eveline Widmer-Schlumpf (ici à droite) a récolté 131 voix. Ueli Maurer l'a suivi avec 159 voix. Réélection également confortable pour Didier Burkhalter. Le Neuchâtelois obtient 194 voix. L'UDC mise désormais tout sur son candidat Jean-François Rime et retire la candidature de Hansjörg Walter. Par la suite, Simonetta Sommaruga a été réélue avec 179 voix... ... tout comme Johann Schneider-Ammann (ici suivi de Chancelière de la Confédération Corina Casanova) avec 159 voix. Trois Romands sont en lice pour succéder à Micheline Calmy-Rey: Jean-François Rimne (UDC/FR), Pierre-Yves Maillard (PS/VD) et Alain Berset (PS/FR). Ce dernier est arrivé en tête du premier tour avec 114 voix contre 59 pour ses adversaires du jour. Alain Berset a été élu au Conseil fédéral au deuxième tour de la succession de Micheline Calmy-Rey. Le conseiller aux Etats socialiste fribourgeois a obtenu 126 voix, alors que la majorité absolue était fixée à 123 voix. Il est le nouveau membre du Conseil fédéral. Le conseiller fédéral réélu Ueli Maurer a déclaré que l'UDC se remettra de la perte d'un deuxième siège mais que «ce n'est pas un bon jour pour la Suisse». L'élection du Zurichois a été accueillie par une standing ovation... ...tandis que celle d'Eveline Widmer-Schlumpf a été reçue par des sifflets des partisans UDC.

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La Grisonne n'est pas du genre à jouer la star devant les caméras, elle préfère laisser la vedette à ses dossiers qu'elle présente d'ordinaire à toute allure et en allemand, car le français n'est pas son fort. Mais son apparente modestie ne doit pas faire oublier qu'elle a bataillé ferme pour se faire réélire au gouvernement.

Son ralliement en mai à la sortie du nucléaire lui donne un avantage décisif. La conseillère fédérale marque des points auprès de la gauche, dope l'électorat de son propre parti pour les élections fédérales et s'assure le soutien des écologistes de tout bord. Elle va pouvoir développer son idée de réforme fiscale écologique.

Certains froncent les sourcils lors de son abandon du Département de justice et police au profit des finances en novembre 2010. L'envie paraît logique pour l'ancienne responsable des finances grisonnes, mais ce changement de portefeuille intervient à un an de la fin de son mandat alors que la plupart des commentateurs ne donnent pas cher de sa peau.

«Coupable» d'avoir accepté en décembre 2007 son parachutage au Conseil fédéral à la place de Christoph Blocher contre l'avis de l'UDC, la Grisonne en est exclue avec sa section cantonale. Né de la scission, son parti bourgeois-démocratique (PBD) semble souvent définir sa ligne dans le simple sillage de la populaire conseillère fédérale, mais il sort renforcé des élections fédérales.

Pas de changement de fond

La fille de l'ancien conseiller fédéral Leon Schlumpf est arrivée au gouvernement avec une réputation d'UDC modérée. La juriste incarne le travail bien fait. Cette mère de trois enfants ne diabolise pas l'Union européenne, elle est sensible aux évolutions de la société et prône une meilleure conciliation du travail et de la famille.

Au Département de justice et police, Eveline Widmer-Schlumpf poursuit la lutte contre les abus du droit d'asile de Christoph Blocher sans résoudre les problèmes d'accueil. Impuissante à empêcher l'interdiction de la construction des minarets soutenue par l'UDC, elle n'hésite pas à muscler le contre-projet à l'initiative de ce parti pour le renvoi des criminels étrangers.

Le peuple préfère l'original à la copie, mais ce n'est plus son problème. En reprenant le portefeuille des finances, Eveline Widmer- Schlumpf se débarrasse d'autres dossiers délicats comme l'encadrement de l'euthanasie ou l'initiative Minder contre les salaires abusifs.

Le beau rôle

La Grisonne a le beau rôle après Hans-Rudolf Merz. Elle avait déjà remplacé le libéral-radical après son accident cardio- vasculaire et mis le point final en octobre 2008 au sauvetage de l'UBS. Elle peut aussi s'enorgueillir d'avoir amené le Parlement à boucler en septembre dernier une révision de la loi sur les banques pour conjurer une faillite désastreuse pour l'économie.

Aux yeux des Chambres, son prédécesseur reste lui le principal coupable de la mauvaise gestion gouvernementale de l'affaire UBS. Il avait aussi totalement sous-estimé le trou creusé par sa réforme de l'imposition des entreprises. Pour étouffer le scandale, la bourgeoise-démocrate s'empresse de corriger les méthodes de calcul mais ne remet pas en cause les cadeaux fiscaux.

Sans gants

Elle épingle au passage publiquement l'Administration fédérale des contributions. Peu lui importe, la ministre ne prend d'habitude pas de gants avec son personnel. Au Département de justice et police, Eveline Widmer-Schlumpf a fait le ménage et décapité l'Office des migrations dans une grande réforme. Elle reprend les rênes des finances en prédisant aux cadres des désaccords qu'elle espère constructifs.

La Grisonne est plus diplomate avec les partenaires étrangers. En matière de secret bancaire, elle réussit à éviter l'échange automatique d'informations en concluant en 2011 des accords fiscaux avec l'Allemagne et la Grande-Bretagne. Elle a mis du temps, mais a aussi fini par trouver une faille pour ne pas extrader aux Etats- Unis le cinéaste Roman Polanski, dont l'arrestation en 2009 à Zurich avait fait scandale.

(ats)

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  • Zemmour le 16.12.2011 08:12 Report dénoncer ce commentaire

    La presse a suffisament comploté

    A voir les censures et les partis pris organisés par la presse, le 2ème complot, pas encore avoué, est évident. En plus la Salerno ne doit pas être la seule à payer des intervenants sur le net pour manipuler les lecteurs. L'UDC a présenté des mous pour faire la démonstration qu'il n'y avait aucune volonté de concordance. Ce faisant LES AUTRES PARTIS DEMONTRENT QU'IL REPRESENTENT UNE DICTATURE, celle de la gauche et de ses avatars néo-marxistes qui squattent dans les autres partis. Et cet empoté de Blocher n'a encore rien remarqué.

  • Morgarten le 15.12.2011 15:16 Report dénoncer ce commentaire

    Poulet sans tête !

    Ben oui, hélàs, alors qu'elle avait en mains des atouts sérieux et justifiés, la direction de l'UDC s'est entêtée dans une stratégie ridicule en ne présentant personne contre la néo-socialiste EWS, puis en lançant dans la mêlée ce pauvre Rime qui n'y a rien compris. La masse votante de l'UDC est déçue et va exiger de grands changements au sein d'une direction complètement dépassée. De plus,au vu des infâmes magouilles parlementaires, on se sent de plus en plus déterminés à demander une élection du CF par le peuple.Certainement pas pire que l'actuelle mascarade.

  • un citoyen le 15.12.2011 13:21 Report dénoncer ce commentaire

    Gauche comme Droite...

    L'attitude de TOUS les partis a été scandaleuse ; d'un côté une UDC arrogante dirigée par un petit club de dinosaures qui n'a guère établit de stratégie plausible, de l'autre un PS et un PLR plus qu'arrogant, défendant de connivence ardemment leurs petits privilèges et justifiant leurs agissement en prétendant que la concordance "n'est qu'une question d'interprétation" (alors qu'il s'agit d'une formule arithmétique très simple et invariable), la réélection dincompétents, tous partis confondus... Bref, une belle mascarade où le Peuple est, une fois encore, perdant.

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