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Présidentielle américaine
07 septembre 2012 06:34; Act: 07.09.2012 06:55 Print
Obama entre épreuves et espoir de changement
Barack Obama a reconnu jeudi que le slogan d'espoir sur lequel il avait été élu il y a quatre ans avait été «mis à l'épreuve». Mais il a promis aux Américains que le changement restait possible.
Pour Barack Obama, le «changement reste possible». (photo: AFP)
M. Obama a mentionné les épreuves traversées par son pays depuis 2008 dans un discours énergique prononcé à Charlotte devant près de 6000 délégués de la convention du Parti démocrate. Ceux-ci l'ont investi pour disputer le 6 novembre la Maison Blanche face au républicain Mitt Romney.
Fusillade de Tucson: l'élue blessée sur la scèneGabrielle Giffords, l'élue américaine grièvement blessée lors d'une fusillade en janvier 2011 à Tucson (Arizona, sud-ouest), est montée jeudi sur la scène de la convention nationale démocrate de Charlotte, où elle a été accueillie par une immense clameur.
La démarche très raide, boitant bas, Mme Giffords, qui était accompagnée de près par sa proche amie, la représentante au Congrès et présidente du Parti démocrate Debbie Wasserman Schultz, a prononcé le serment d'allégeance, une cérémonie qui ouvre, avec l'hymne national et le salut au drapeau, les grands rassemblements politiques américains.
Mme Giffords, souriante mais qui effectuait visiblement un gros effort pour maîtriser sa diction, a à nouveau été follement ovationnée à l'issue de sa récitation.
Alors représentante de l'Arizona au Congrès, Mme Giffords avait été touchée d'une balle en pleine tête lorsqu'un tireur avait ouvert le feu à l'occasion d'une réunion électorale le 8 janvier 2011. Six personnes, dont une fillette et un juge fédéral, avaient perdu la vie.
L'élue avait elle-même échappé de peu à la mort. Après une longue convalescence, elle avait annoncé fin janvier 2012 sa démission du Congrès. Le tireur, Jared Loughner, a plaidé coupable le mois dernier et sera condamné à la réclusion à perpétuité réelle.
L'intervention de Mme Giffords sur la scène du «Time Warner Cable Arena» au centre de Charlotte (Caroline du Nord, sud-est) s'est produite quelques heures avant le discours d'investiture de Barack Obama, qui affrontera le républicain Mitt Romney à l'élection présidentielle du 6 novembre.
Il a en particulier évoqué «le coût de la guerre, l'une des pires crises économiques de notre histoire, et le blocage politique qui nous a fait nous demander s'il était toujours possible d'être à la hauteur des problèmes de notre époque».
Monde meilleur
«Mais sachez-le... nos problèmes peuvent être résolus. Nous pouvons être à la hauteur des difficultés. Le chemin que nous proposons est peut-être plus difficile, mais il nous mène vers un monde meilleur», a-t-il encore dit, après avoir formellement accepté l'onction de sa formation.
«C'est ce que nous pouvons faire dans les quatre années à venir, et c'est la raison pour laquelle je suis candidat à un deuxième mandat de président des Etats-Unis», a-t-il lancé. Il a ainsi tenté de se réapproprier le thème du «changement» qui avait fait son succès en 2008.
«Si vous vous détournez maintenant, si vous vous laissez convaincre par le cynisme selon lequel le changement pour lequel nous avons combattu n'est pas possible, le changement n'aura pas lieu», a développé M. Obama, dont le discours a été interrompu de très nombreuses fois par des ovations debout.
Différence
«Si vous abandonnez l'idée que votre voix peut faire la différence, alors d'autres voix viendront remplir ce vide: les lobbyistes et les défenseurs d'intérêts particuliers, les gens qui essaient d'acheter cette élection avec des chèques de 10 millions de dollars, les politiciens de Washington qui veulent décider qui vous avez le droit d'épouser, ou contrôler les choix que les femmes devraient faire d'elles-mêmes».
«Vous seuls pouvez faire en sorte que cela ne se produise pas. Vous seuls avez le pouvoir de nous faire aller de l'avant», s'est écrié M. Obama.
Londres insultée
Pendant son discours, M. Obama n'a nommé qu'une fois M. Romney, mais a multiplié les attaques contre lui, la plus tranchante portant l'attitude de l'ancien gouverneur du Massachusetts vis-à-vis du Royaume-Uni.
«On n'est peut-être pas prêt à la diplomatie avec Pékin si l'on ne peut pas se rendre aux jeux Olympiques sans insulter notre allié le plus proche», a dit M. Obama. Il faisait allusion à une visite effectuée par M. Romney fin juillet à Londres au cours de laquelle il avait piqué au vif la fierté de ses hôtes par des déclarations sur l'impréparation supposée des JO.
Vérité
Reconnaissant que la voie qu'il propose vers un rétablissement «ne sera ni rapide, ni facile», M. Obama a aussi assuré à ses compatriotes qu'ils l'avaient élu en 2008 pour qu'il leur dise «la vérité». «Et la vérité est qu'il nous faudra davantage que quelques années pour résoudre des problèmes qui se sont accumulés depuis des décennies», a-t-il ajouté.
«En fin de compte, lorsque vous prendrez ce bulletin de vote, vous vous retrouverez face au choix le plus clair depuis une génération», selon lui.
A l'issue de son discours, M. Obama a été rejoint sur scène par son épouse Michelle, leurs deux filles Sasha et Malia. Son vice-président Joe Biden, qui avait auparavant brossé son portrait élogieux, et la femme de ce dernier, Jill, ont aussi salué la foule sous une pluie de confetti bleu, blanc et rouge, les couleurs du drapeau américain.
Invitées de marque
Les actrices Scarlett Johansson et Eva Longoria sont venues jeudi apporter leur soutien au président américain Barack Obama.
Scarlett Johansson, tee-shirt portant un drapeau américain, a insisté sur la nécessité pour les jeunes d'aller voter. «En 2008, moins de la moitié des jeunes de 18 à 24 ans sont allés voter», a-t-elle dit.
«Votez pour faire entendre votre voix», a-t-elle lancé, après avoir raconté son enfance désargentée en HLM à New York, dans une famille démocrate.
Eva Longoria lui a succédé peu après, racontant elle aussi son enfance modeste au Texas, l'importance de l'éducation dans sa famille d'origine mexicaine, et l'époque où elle changeait l'huile des voitures dans un garage et retournait des hamburgers dans un fast-food.
«J'ai eu la chance d'avoir des opportunités», a-t-elle souligné, affirmant que le président Barack Obama comprenait la valeur de ces opportunités, car il les avait lui-même vécues. «Battons-nous pour le rêve américain. Nos savons comment faire. Il nous faut réélire le président Obama», a-t-elle ajouté sous les applaudissements.
Plusieurs autres célébrités sont également montées sur scène jeudi soir à Charlotte, dont la chanteuse Mary J. Blige et l'enfant de Caroline du Nord, le chanteur de musique country James Taylor. Caroline Kennedy, fille de l'ancien président assassiné John F. Kennedy, est également intervenue pour appeler à voter Obama.
Les stars américaines sont plus souvent démocrates que républicaines. A la convention républicaine, la semaine dernière à Tampa en Floride, la seule star à avoir pris la parole avait été l'acteur et réalisateur Clint Eastwood, dont le dialogue confus avec un Barack Obama invisible, représenté par une chaise vide, a depuis fait les délices des humoristes de télévision.
Record sur Twitter
Le discours d'investiture du président Barack Obama devant la convention démocrate de Charlotte jeudi soir a battu les records de trafic sur Twitter pour un événement politique, a annoncé le service de micro-blogs.
«Un nouveau record pour un événement politique sur Twitter: @barackobama provoque 52.757 tweets par minute. Plus de neuf millions de tweets ont été envoyés à propos de (la convention) #dnc2012», a précisé la société californienne dans un message depuis son compte officiel.
M. Obama, dont la campagne victorieuse de 2008 s'était énormément appuyée sur les réseaux sociaux - à nouveau mobilisés tous azimuts cette année en vue de la présidentielle du 6 novembre - a affirmé à ses compatriotes jeudi soir que le changement restait possible, en sollicitant leurs suffrages pour un second mandat.
(ats/afp)

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