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Affaire Kampusch
08 février 2012 13:59; Act: 08.02.2012 14:37 Print
Le suicide de Priklopil remis en question
par K. Leuthold, F. Burch, M. Gilliand - De nouveaux documents remettent en cause la version officielle du suicide de Wolfgang Priklopil, le ravisseur de Natascha Kampusch.
L'ancien président de la Cour suprême de Vienne, Johann Rzeszut, fait partie de ceux qui remettent en cause la version officielle. Pour l'ancien membre de la commission d'évaluation de l'affaire Kampusch, les adieux écrits laissés par Wolfgang Priklopil iraient à l'encontre de la théorie du suicide. «Les doutes sur la théorie du suicide sont légitimes. J'en doute d'ailleurs personnellement», explique l'ancien magistrat. Pour lui, la lettre d'adieu est un élément décisif: «Selon la déposition d'Ernst H.*, seul ami de la victime, Wolfgang Priklopil aurait rédigé cette lettre à l’intention de sa mère, mais se serait arrêté après le mot 'Mama'. D'après mon expérience, un homme de 40 ans qui veut dire adieu à sa mère écrit au moins deux ou trois phrases. Du genre: "je n'en peux plus, je suis désolé" ou alors "merci pour tout".» Le rapport graphologique va dans le même sens en démontrant qu'il est fort improbable que Wolfgang Priklopil soit l'auteur de sa lettre d'adieu. Les experts reconnaissent en revanche de fortes similitudes avec l'écriture de son meilleur ami, Ernst H.
Diaporama Affaire Kampusch: Une tombe par «humanité» Huit ans de calvaireLe récit avait frappé de stupeur l’Autriche et le monde entier. En 2006, la jeune Natascha Kampusch s’échappe d’une cave de Strasshof, près de Vienne. Tous la croient morte. Elle a 18 ans, dont huit passés à la merci de Wolfgang Priklopil. C’est cet homme qui l’a enlevée un jour de 1998, alors qu’elle se rendait à l’école. Le soir même de l’évasion, le corps de l’électricien de 44 ans est retrouvé sur une voie de chemin de fer. La jeune femme a raconté son calvaire dans le livre «3096 jours».
Une dépouille presque intacte
L’image de la dépouille de Priklopil sur les rails que nous avons pu nous procurer révèle un autre élément troublant. La tête et le corps ont été sectionnés de manière nette et sont quasi intacts. D’après des spécialistes, il est impossible qu’un corps écrasé par un train ressemble à celui de la photo. Lors du drame, la locomotive était équipée de grilles en forme de râteaux situés à 13 cm des voies. La tête et le corps de la victime auraient donc dû être déchiquetés.
Lors de l’enquête, Franz Kröll, le policier chargé de l'affaire et décédé entre-temps, s’était penché sur cet élément. Selon nos informations, Franz Kröll avait l’impression d’assister à une mise en scène. Il en avait d'ailleurs informé son équipe et s’interrogeait sur le fait que le corps de Priklopil était déposé d'un côté des rails et sa tête de l'autre. «Comme si quelqu'un avait voulu que Wolfgang Priklopil soit reconnu directement, sans qu'on ait besoin de faire des analyses sanguines. Une personne qui se suicide saute sous un train et son cadavre est dispersé sur des kilomètres. Ici, ça ne ressemble pas du tout à ça», avait alors estimé Franz Kröll.
«20 Minuten» a rencontré à Vienne le frère de Franz Kröll, qui insiste sur ce point: «Mon frère disait que les suicidaires ne posent d'habitude par leur tête sur les rails. Je pense qu'Ernst H. devait tuer Wolfgang Priklopil pour éviter qu'il ne parle.»
Zones d'ombre
A ce jour, d’autres zones d’ombre n’ont pu être éclaircies. Par exemple, l’employé des chemins de fer qui a découvert le corps sous son train n’a jamais été interrogé. On ne sait donc pas s’il y avait beaucoup de sang autour du corps. Un élément qui permettrait de confirmer que Priklopil est bel et bien mort sur les lieux.
Priklopil s'est-il vraiment jeté sous un train? Etait-il déjà mort quand il a été écrasé? A-t-il d'abord été drogué par son meurtrier? Une dernière question impossible à vérifier car aucun prélèvement sanguin n'a été fait après sa mort.
Ernst H. n'a pas souhaité s'exprimer sur ce sujet. Son avocat, Manfred Ainedter, contacté par 20 Minuten Online, indique que l’ami de Priklopil ne veut ni ne peut aborder cette affaire pour l’instant.
* Nom connu de la rédaction
(Collaboration: Guido Grandt, Udo Schulze, Olivia Fuchs)























