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40 ans de l'alunissage

Conquérir la Lune, la Chine en rêve aussi

Quarante ans après le premier Américain sur la Lune, la Chine est lancée dans une course de fond pour poser à son tour le pied sur le sol lunaire avant le retour des Etats-Unis et l'arrivée de ses rivaux asiatiques.


En 2007, la Chine présentait sa première photo spatiale de la lune, prise par la sonde Chang'e-1. (Photo: Keystone)

Les Américains espèrent revenir sur la Lune d'ici 2020, soit presque une génération après leurs six premiers vols, entre 1969 et 1972.
Les Chinois espèrent les devancer en lançant une fusée inhabitée vers la Lune en 2012 avant de tenter d'y envoyer des hommes autour de 2020.
«Pékin met tout en oeuvre pour débarquer sur la Lune», affirme Dean Cheng, un spécialiste du programme spatial chinois au centre de recherche américain CNA Corp.
Troisième pays après les Etats-Unis et la Russie à avoir envoyé un homme dans l'espace --en 2003--, la Chine a affirmé ses ambitions en septembre 2008 lorsque trois «taikonautes», nom chinois des astronautes, ont réalisé une sortie dans l'espace au cours de la mission Shenzhou VII.
Elle travaille également à la construction d'un module orbital, premier pas vers la création d'une station spatiale.
Et, la semaine dernière, le premier Chinois dans l'espace, Yang Liwei, aujourd'hui responsable du recrutement du programme spatial, a indiqué espérer qu'une Chinoise pourrait suivre son exemple dès 2012.

Contraintes budgétaires

Ces grandes ambitions sont toutefois accueillies avec circonspection par certains spécialistes. Fu Song, recteur adjoint de l'école aérospatiale de l'université Tsinghua, doute ainsi que la Chine soit en mesure de finaliser un programme lunaire au cours de la prochaine décennie. En particulier à cause des contraintes budgétaires.
«Je pense qu'un certain nombre de personnes surestiment le pouvoir de la Chine. D'un côté, ce genre de mission est extrêmement onéreux. De l'autre, Pékin ne possède pas actuellement la technologie et les capacités pour mener une mission humaine vers la Lune», estime Chan Kwing-lam, directeur du Centre de recherche spatiale à l'université des Sciences de Hong Kong.

Fierté nationale

Le programme spatial chinois est souvent lié aux efforts de Pékin pour renforcer son rôle sur la scène internationale. Chaque mission réussie en orbite est ainsi saluée par une poussée de fierté nationale.
La mission sur la Lune est destinée à «démontrer la nouvelle puissance de la Chine après un siècle où elle a été humiliée et considérée comme un pays de second ordre», souligne M. Cheng.
Elle s'ajouterait ainsi aux événements ayant récemment dopé la fierté du pays le plus peuplé au monde, de ses succès aux jeux Olympiques de 2008 à sa bonne résistance à l'actuelle crise économique.
Mais, dans l'espace, la Chine doit prendre en compte les ambitions grandissantes de ses voisins asiatiques.
L'Inde, en lançant une sonde vers la Lune, et le Japon, dont le premier satellite lunaire a décollé en juin, ont récemment affirmé leur détermination à se mêler à la course spatiale.
Il s'agit notamment, pour ces trois pays, de devenir de grands acteurs du marché du lancement de satellites commerciaux, dont l'avenir économique est prometteur.
Mais cette concurrence entre puissances asiatiques ne peut être comparée à celle ayant opposé les Etats-Unis à l'Union soviétique dans les années 1960, où la course à l'espace faisait partie intégrante de la Guerre froide.
«En Asie aujourd'hui, il n'y a pas de climat d'hostilité» entre ces pays, affirme Fu Song, de l'université Tsinghua.

(afp)
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