40 ans de l'alunissage
13 juillet 2009 14:22; Act: 13.07.2009 14:33 Print
Claude Nicollier et Bertrand Piccard étaient devant leur poste
21 juillet 1969, 3h56 en Suisse. L'astronaute américain Neil Armstrong marche pour la première fois sur la lune, sous les yeux ébahis de milliers de téléspectateurs romands. L'évènement a changé la vie de certains d'entre eux.
Des souvenirs de ce moment historique, celui qui était alors jeune journaliste scientifique à la TSR en a tant qu'il «ne sait pas par où commencer». «Je me trouvais en compagnie du journaliste George Kleinmann, dans un petit studio inconfortable de la maison de la radio, à Genève», raconte-t-il. Les deux présentateurs prennent l'antenne vers 21h00 pour la tenir jusqu'au petit matin.
«Les gens qui n'avaient pas de télévision sont allés chez leurs voisins, chez leur grand-mère.»(Bild: Keystone)
Un travail d'envergure entrepris longtemps à l'avance. A l'époque, les communiqués de presse de la NASA font rarement moins de 200 pages. Et il faut «tout savoir». Un numéro de téléphone est affiché à l'écran pour les téléspectateurs, qui peuvent appeler et poser leurs questions.
Dans les coulisses de la TSR, l'ambiance est à la concentration. «C'est seulement une fois dehors que j'ai réalisé que nous vivions un grand moment», se souvient-il.
Chez les voisins qui ont la télé
Entre l'atterrissage d'Appollo 11 et la sortie des astronautes, le commentateur peut faire une pause. «Il était environ minuit. Je suis sorti. D'habitude, à cette heure, les rues étaient sombres. Mais cette nuit-là, toutes les fenêtres étaient allumées.»
Impossible de savoir combien veillent pour vivre l'événement. «En ce temps, il n'y avait pas de taux d'audience. Mais l'engouement était incroyable. Toute la Suisse romande était au rendez-vous», affirme Alain Schärlig. «Les gens qui n'avaient pas de télévision sont allés chez leurs voisins, chez leur grand-mère.»
Claude Nicollier fasciné
»Tous les membres de la famille se sont retrouvés chez ma tante, à la Tour-de-Peilz (VD), car elle était la seule à posséder une télévision», se souvient l'astronaute Claude Nicollier.
En convalescence après un grave accident de voiture, le jeune homme vit alors une période d'incertitude. Fasciné par l'aviation et l'astronomie, il ne sait pas encore s'il pourra reprendre son activité de pilote militaire. La promenade lunaire d'Armstrong et Aldrin représente pour lui une «lueur d'espoir».
»Cette nuit a été une des plus belles de ma vie», poursuit-il avec émotion. «C'était magique: le ciel noir, les ombres, le paysage. Ces images ont été une grande source d'inspiration.»
Piccard: «Ca a changé ma vie»
Alors âgé de 11 ans, l'aventurier Bertrand Piccard se trouve lui en Floride. Sa famille a été invitée par le père du programme Appollo Werner von Braun pour assister, quelques jours plus tôt, au décollage de la fusée. Le 20 juillet 1969, au restaurant, les Piccard apprennent que la sortie des astronautes est avancée et rentrent en vitesse pour allumer la télévision.
Et là? «Extraordinaire! J'avais le sentiment de voir la plus grande aventure de l'humanité se réaliser», s'exclame-t-il. «L'ambiance était effervescente. Aux Etats-Unis, tout le monde vivait au rythme de l'exploration spatiale. Et nous avions conscience que le monde entier était en train de regarder la même chose.»
Une expérience qui a laissé ses traces. «Elle a transformé mon sens de l'impossible et changé ma vie. La conquête de la lune m'a indéniablement donné envie de faire ce que je fais aujourd'hui.»
»A quoi bon?»
aussi suivi l'événement jusque tard dans la nuit. «J'ai regardé la retransmission comme un ingénieur observe une expérience, avec un intérêt scientifique», se rappelle-t-il. «J'étais très excité par la performance technique, mais aussi envahi du sentiment que c'était une perte d'efforts gigantesque. 'A quoi bon?', me suis-je demandé.»
Les premiers pas sur la lune ont surtout marqué un retour à la raison, selon le scientifique à l'époque employé par un laboratoire actif dans le guidage des vaisseaux spatiaux. «On n'y avait guère trouvé de gisement d'or ou d'uranium. C'était un grand pas à titre de symbole mais pas à titre réaliste. Les 'grands pas' sont les choses qui servent.»
(ats)


























