40 ans de l'alunissage

13 juillet 2009 14:33; Act: 13.07.2009 14:45 Print

La voile solaire suisse installée avant le drapeau américainLa voile solaire suisse installée avant le drapeau américain

La Suisse était aussi de la partie sur la lune il y a quarante ans. Des physiciens de l'Université de Berne y ont mené une des rares expériences scientifiques autorisées par la NASA lors de la mission Apollo 11.

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Une simple feuille d'aluminium a ainsi connu son heure de gloire devant les téléspectateurs du monde entier. Elle avait été confiée aux astronautes américains par l'équipe de Johannes Geiss, alors directeur de l'Institut de physique de l'Université de Berne, afin de collecter des particules transportées par le vent solaire.

Une fois que Neil Armstrong et Edwin Aldrin eurent fait leurs premiers pas sur la lune et installé une antenne de télévision, des millions de téléspectateurs ont pu voir en direct le second planter la fameuse voile solaire suisse dans le sol lunaire. Ce n'est qu'ensuite que les deux astronautes hissèrent le drapeau américain.


Pas prévue sur le premier vol

M. Geiss, 82 ans et toujours actif au sein de l'International Space Science Institute (ISSI) à Berne, se souvient parfaitement des évènements qui ont permis à la petite Suisse de participer à cette première historique. C'est en 1965 que lui et ses collègues ont soumis à la NASA leur proposition de recherches sur le vent solaire, a-t-il expliqué à l'ATS.

A cette époque, on en savait peu sur ces particules chargées s'écoulant dans l'univers en provenance du soleil. Ce n'est qu'au début des années 1960 que les sondes spatiales ont pu prouver l'existence du vent solaire de manière expérimentale. Le champ magnétique terrestre empêche en effet la majeure partie de cette pluie de particules d'arriver jusqu'à notre planète.

Une seule sortie

»Les responsables de la NASA ont décidé que les astronautes n'effectueraient qu'une sortie sur la lune au lieu de deux», explique le physicien. Cela a rendu impossibles de nombreuses expériences prévues. Mais M. Geiss en a profité pour expliquer à la NASA que la sienne pourrait apporter des résultats importants même avec une durée d'exposition d'une à deux heures.

Ce séjour raccourci a eu pour conséquence de mettre la voile suisse en concurrence avec le drapeau américain. Car il fallait à l'évidence que la feuille d'aluminium soit déployée le plus longtemps possible. Finalement, «Houston» a donné la préséance à la science sur la bannière étoilée.

Pour l'expérience, cette décision s'est avérée très importante. Car Armstrong et Aldrin ont connu des problèmes au moment d'installer le mât du «Stars and Stripes». Si la banderole suisse avait été déroulée ensuite seulement, un temps considérable aurait été perdu. Au final, la feuille a recueilli des particules durant 77 minutes.

Quatre autres missions

L'expérience, qui a été renouvelée lors de quatre autres missions Apollo, a été un grand succès scientifique. Il s'est ainsi avéré que le vent solaire atteignait effectivement la lune. «Auparavant, ce n'était pas du tout clair», note M. Geiss.

Pour la première fois également des authentiques matériaux solaires ont été ramenés sur la terre et analysés dans des laboratoires à Zurich et Berne. Les chercheurs ont pu acquérir de nouvelles connaissances, non pas seulement sur le soleil et son évolution depuis des milliards d'années, mais également en astrophysique et en cosmologie.

Les données ont en outre permis de calculer pour la première fois combien il y a de matière ordinaire dans l'univers: un seul atome pour six mètres cubes d'espace. Cet ordre de grandeur est encore valable actuellement.

(ats)