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Syrie
29 janvier 2013 12:16; Act: 29.01.2013 19:58 Print
Près de 80 personnes exécutées à Alep
Des dizaines de jeunes, exécutés d'une balle dans la tête, ont été retrouvés dans un quartier rebelle d'Alep, a indiqué mardi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Près de 80 corps de jeunes gens exécutés ont été découverts mardi dans la cité syrienne d'Alep, dernier carnage en date dans le pays en guerre, à quelques heures d'une intervention du médiateur international Lakhdar Brahimi à l'ONU.
L'aide internationale s'organiseLe délégué à l'aide humanitaire de la Confédération a annoncé que le budget suisse pour l'assistance d'urgence à la Syrie s'élèvera en 2013 à dix millions de francs. L'an dernier à la même période, «la Suisse avait annoncé 5,9 millions de francs d'aide, et ce montant avait augmenté au fil des mois pour atteindre douze millions fin 2012», a rappelé Manuel Bessler.
La Confédération utilisera 6 millions pour l'aide aux Syriens réfugiés en Jordanie, en Turquie et au Liban. Les 4 millions de francs restants serviront à soutenir les opérations sur place de diverses organisations et institutions, a-t-il précisé. Depuis le début de la crise, Berne a consacré vingt millions de francs à l'aide aux Syriens.
Annonces d'aide
La Suisse va officiellement annoncer ce montant mercredi au Koweït, lors de la conférence internationale des donateurs qui réunit une soixantaine de pays - y compris l'Iran et la Russie qui sont des alliés du régime syrien.
Le but de cette réunion organisée sous le parrainage des Nations unies est de lever 1,5 milliard de dollars au profit des quelque 4 millions de Syriens qui ont besoin d'assistance dans leur pays.
La commissaire chargée de l'aide humanitaire Kristalina Georgieva a annoncé que la Commission européenne va y annoncer un supplément de cent millions d'euros (environ 124 millions de francs) pour aider les Syriens. Bruxelles double la somme qu'il a déjà débloquée.
De son côté, le président américain Barack Obama a annoncé 155 millions de dollars d'aide supplémentaire, ce qui porte le total de l'assistance américaine aux victimes syriennes à 365 millions de dollars. Décès à Damas du colonel Abou Moussa
Le colonel Abou Moussa, chef du Fatah-Intifada, un groupuscule palestinien pro-syrien, est décédé mardi à Damas à l'âge de 85 ans des suites d'une longue maladie, a-t-on appris auprès de son mouvement. Saïd Marragha, alias Abou Moussa, «est mort à l'aube à l'hôpital» à Damas, a indiqué un responsable du Fatah-Intifada.
Ce groupuscule qui avait fait scission en 1983 du Fatah, l'organisation du président palestinien Yasser Arafat, entretient d'étroites relations avec Damas et Téhéran.
Appuyé par l'armée syrienne toute puissante à cet époque au Liban, il avait été le fer de lance pour chasser le Fatah de la Bekaa et de Tripoli lors de violents combats. Yasser Arafat et Abou Jihad, assassiné par la suite par un commando israélien, avaient dû quitter le pays.
Il faisait partie des organisations radicales basées à Damas, hostiles au processus de paix entre Israël et les Palestiniens, notamment les accords israélo-palestiniens sur l'autonomie conclus en 1993, et qui se déclaraient favorables à la «lutte armée contre Israël».
Le colonel Abou Moussa sera inhumé mercredi après la prière de midi dans la capitale syrienne, selon son mouvement
L'émissaire des Nations-Unies et de la Ligue arabe en Syrie devait rendre compte vers 20H00 GMT au Conseil de sécurité de ses efforts, en vain jusque-là, à mettre fin à une révolte devenue guerre civile qui a fait plus de 60'000 morts en près de deux ans selon l'ONU.
Sur le terrain, les violences n'ont connu aucun répit, avec la découverte notamment de dizaines de corps à Alep, la métropole du Nord en proie aux combats entre soldats et insurgés. A l'école Yarmouk, où s'entassent les cadavres, un rebelle de l'Armée syrienne libre (ASL) Abou Seif a affirmé que 78 corps avaient été récupérés dans la rivière Qouweiq et qu'il en restait encore une trentaine que l'ASL ne peut pas récupérer en raison des tireurs embusqués du régime.
Identification difficile
«Nous ne savons pas qui ils sont car ils n'ont pas de pièces d'identité», a déclaré un volontaire en aidant à mettre un corps dans un camion. Dans le véhicule, un correspondant de l'AFP a pu compter quinze cadavres.
L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui s'appuie sur des militants et des médecins, a fait état de «65 cadavres non identifiés retrouvés à Boustane al-Kasr», quartier tenu par les rebelles.
«Agés d'une vingtaine d'années, ils ont été exécutés d'une balle dans la tête. Vêtus en civil, la majorité ont les mains liées derrière le dos», a-t-il ajouté. Ils ont été sortis de la rivière qui sépare Boustane al-Kasr et Ansari, quartier également aux mains des rebelles.
Jetés dans la rivière
Le régime les a «jetés dans la rivière pour qu'ils arrivent dans la zone sous notre contrôle et que les gens croient que nous les avons tués», a affirmé de son côté Abou Seif.
Mais un responsable au sein des services de sécurité a affirmé à l'AFP qu'il s'agissait de «citoyens de Boustane al-Kasr qui ont été enlevés par des groupes terroristes après avoir été accusés d'être en faveur du régime». Le régime assimile les rebelles à des «terroristes». «Leurs familles ont essayé de négocier (leur libération) sans succès à plusieurs reprises avec les groupes terroristes», a-t-il dit, ajoutant: «ils ont été exécutés dans la nuit de lundi à mardi et leurs corps ont été jetés dans la rivière».
Percée des rebelles
Rebelles et régime s'accusent mutuellement de massacres, mais il n'est pas possible de confirmer les informations de source indépendante. Ailleurs dans le pays, les insurgés ont réussi une percée majeure à Deir Ezzor (est) en prenant un poste des renseignements politiques et deux ponts enjambant l'Euphrate, sur la route utilisée par l'armée pour approvisionner la cité de Hassaké, plus au nord, a précisé l'OSDH.
«Si les rebelles continuent leur avancée, ils remporteront une victoire stratégique car la ville est la clé de toute la province (éponyme) qui recèle les principaux champs pétroliers et gaziers du pays», a affirmé à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.
Les rebelles contrôlaient par ailleurs quasi-totalement la prison centrale d'Idleb (nord-ouest), selon l'ONG. Une source au sein des services de sécurité a confirmé que les soldats avaient évacué lundi soir la prison et les détenus ont été transférés dans des sièges des services de sécurité dans la ville.
Attentat à Damas
A Damas, un député a été grièvement blessé par l'explosion d'une bombe fixée à sa voiture, selon l'OSDH. Selon un bilan provisoire de l'OSDH, les violences ont fait mardi 91 morts: 38 civils, dont six enfants, 30 soldats et 23 rebelles.
Alors qu'une conférence de donateurs est prévue mercredi au Koweït pour débloquer des fonds en faveur des civils syriens, des organismes de charité ont promis 182 millions de dollars d'aide et les Etats-Unis ont annoncé une aide supplémentaire de 155 millions de dollars. Médecins sans frontières (MSF) a regretté de son côté que l'aide internationale souffre d'un «grave déséquilibre» au détriment des «zones insurgées».
(ats/afp)

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