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Syrie
06 février 2012 16:01; Act: 06.02.2012 22:54 Print
Les Etats-Unis ferment leur ambassade
Les Etats-Unis ont fermé lundi leur ambassade à Damas en raison de l'insécurité. Cette décision accentue l'isolement de la Syrie où la répression du soulèvement antigouvernemental se poursuit.
L'ambassadeur, Robert Ford, ainsi que tout le personnel ont quitté le pays et l'activité y a été suspendue, a précisé le département d'Etat dans un communiqué.
Nombre de défections «notable» dans la haute hiérarchie militaireLe Pentagone a indiqué lundi qu'il observait un nombre «notable» de défections au profit de l'opposition dans les rangs de la haute hiérarchie militaire syrienne.
«Il est notable que nous observons un certain nombre de défections de haut rang, des officiers de haut rang qui font défection et passent à l'opposition», a déclaré à des journalistes George Little, porte-parole du ministère américain de la Défense.
Le porte-parole n'a pas indiqué quelle était l'analyse du Pentagone sur les conséquences de ces défections sur l'organisation de l'armée, fer de lance de la répression qui a fait plus de 6.000 morts depuis le début de la révolte à la mi-mars 2011, selon les militants de l'opposition syrienne.
Après l'échec d'une résolution au Conseil de sécurité des Nations unies samedi, l'heure reste à l'application «d'une intense pression diplomatique et économique sur le régime» de Bachar al-Assad, selon M. Little. «Nous pensons qu'il y a de fortes chances que cette pression produise des résultats», a-t-il estimé.
Lundi, le général al-Cheikh, plus haut gradé à avoir fait défection depuis le début de la révolte, a annoncé la création d'un «Conseil militaire révolutionnaire supérieur» rebelle «afin de libérer la Syrie de cette bande» (le clan Assad).
Un autre organisme, l'Armée syrienne libre (ASL), qui revendique 40.000 déserteurs, mène des opérations contre les forces du régime, récemment même aux portes de Damas. Nouvel assaut militaire sur Homs
Alors que le blocage reste entier au sein de la communauté internationale face au conflit en Syrie, l'armée syrienne a lancé lundi un nouvel assaut sur Homs, haut lieu de la contestation, faisant 42 morts et des dizaines de blessés, selon des militants.
Les troupes qui encerclent Homs depuis des mois ont bombardé aux roquettes et aux obus plusieurs quartiers de cette ville surnommée «la capitale de la révolution», principalement Baba Amro, Inchaat et Khaldiyé.
«C'est la première fois que nous subissons une telle attaque» à Baba Amro, a déclaré Omar Chaker, un militant de ce quartier joint par l'AFP depuis Beyrouth, alors que le bruit des bombardements retentissait clairement au téléphone. Le pilonnage de Homs avait déjà fait plus de 230 morts samedi, selon les militants.
Cette offensive survient à la veille d'une visite à Damas du chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. Alliée de Damas, Moscou s'oppose à toute condamnation internationale du régime syrien.
Au moins 76 civils tués
Des centaines de blindés syriens ont lancé lundi un assaut contre la ville de Zabadani, près de Damas, a annoncé l'OSDH. Trois personnes ont été tuées. Trois officiers ont également été tués dans l'attaque d'un barrage militaire à Idleb, a annoncé l'agence officielle syrienne Sana.
Au total, les violences ont fait au moins 79 morts lundi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Outre les 42 tués à Homs, dix autres ont péri dans un bombardement à Rastan, dans la province de Homs. L'OSDH décompte un total de 15 morts dans la région de Damas.
Le régime a imputé les violences à des «gangs terroristes», comme il le fait depuis le début, il y a près de 11 mois, de la révolte qu'il cherche à étouffer dans le sang, au prix d'au moins 6000 morts, selon les décomptes des militants.
«La récente flambée de violence, notamment des bombardements à Damas le 23 décembre et le 6 janvier, ont accru l'inquiétude à l'endroit de notre ambassade qui n'est pas suffisamment protégée contre une attaque armée», a expliqué le département d'Etat.
C'est désormais la Pologne qui représentera les intérêts de Washington à Damas, a précisé le ministère polonais des Affaires étrangères à Varsovie.
L'annonce de cette mesure intervient deux jours après que la Russie et la Chine eurent opposé leur veto au Conseil de sécurité de l'ONU à une résolution condamnant la répression en Syrie, où les violences meurtrières ont redoublé ces derniers jours. Rien que lundi, des militants ont dénombré 69 morts, notamment dans un assaut contre la ville de Homs.
La Russie et la Chine ont opposé leur veto samedi à un projet de résolution de l'Onu qui proposait d'exprimer le soutien du Conseil de sécurité au plan de la Ligue arabe prévoyant la mise à l'écart du président Bachar al Assad.
Ne pas parier sur al Assad
Le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney, a affirmé, sans toutefois citer Pékin ou Moscou, que les Etats-Unis voulaient «faire comprendre à tout le monde qu'ils ne devraient pas essayer de parier sur le régime Assad, car c'est un pari perdu d'avance». Il a qualifié le pouvoir en place à Damas de «régime criminel».
«Tout miser sur Assad, c'est se vouer à l'échec», a insisté M. Carney lors de son point de presse quotidien. Il a assuré que M. Assad possédait un contrôle «au mieux, très limité» sur son pays en proie à une révolte réprimée dans le sang depuis mars 2011, et que ses ressources financières se tarissaient.
Plus tôt lundi, l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, Susan Rice, avait estimé que «la Russie et la Chine finiront (...) par regretter leur décision qui les a vues s'aligner sur un dictateur en fin de vie, dont les jours sont comptés, et qui les a mises en porte-à-faux avec le peuple syrien et l'ensemble de la région».
De son côté, le Pentagone a affirmé lundi avoir observé un nombre «notable» de défections au profit de l'opposition dans les rangs de la haute hiérarchie militaire syrienne.
Alors que le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov est attendu à Damas mardi, la porte-parole du département d'Etat Victoria Nuland a espéré lundi qu'il ferait «bien comprendre au régime» de Bachar al-Assad combien il est «isolé».
Haut responsable à Moscou
Et signe possible que Washington n'a pas renoncé à rallier la Russie à des sanctions contre Damas, Washington a annoncé lundi avoir dépêché à Moscou un haut responsable gouvernemental chargé des régimes de sanctions. La Syrie doit figurer au menu de ses discussions, selon le Trésor.
Dans un entretien à la chaîne «NBC» diffusé lundi, M. Obama a cependant plaidé contre une intervention militaire en Syrie, à la différence de ce que les Occidentaux ont fait l'an dernier en Libye après une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU.
Négociation possible
M. Obama a estimé qu'une solution négociée restait possible et défendu l'attitude de son administration depuis le début de la crise en mars dernier, expliquant que Washington réclamait «sans relâche» le départ du régime Assad.
«Il est important de résoudre (la crise) sans recourir à une intervention militaire extérieure et je pense que c'est possible», a-t-il assuré.
«Il me semble que de plus en plus de gens en Syrie reconnaissent qu'il est temps de tourner la page et que le régime Assad sent l'étau se resserrer. La question n'est pas de si mais quand» le régime tombera, a expliqué M. Obama.
Entretien Sarkozy-Medvedev
Le président Nicolas Sarkozy devrait s'entretenir «dans les prochaines 48 heures» avec le président russe Dmitri Medvedev de la situation en Syrie, après le veto russe et chinois à une résolution de l'ONU condamnant le régime de Bachar al-Assad, a précisé lundi l'Elysée.
Lors d'une conférence de presse avec la chancelière allemande Angela Merkel, M. Sarkozy avait annoncé lundi qu'il parlerait «cet après-midi (lundi) au téléphone» avec son homologue. Quelques heures plus tard, le Kremlin avait démenti qu'un rendez-vous téléphonique était prévu lundi entre les deux présidents.
Cet entretien aura lieu «dans les prochaines quarante-huit heures», a précisé l'Elysée lundi soir, indiquant que la date et l'heure de l'entretien faisaient toujours l'objet de discussions entre les deux capitales.
Mise en garde franco-allemande
A la faveur du 14e conseil des ministres franco-allemand, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont mis en garde la Russie sur les conséquences de son veto, samedi, à une résolution du conseil de sécurité sur la Syrie.
«L'Allemagne et la France sur la question syrienne ne laissent pas tomber le peuple syrien, c'est un scandale ce qui se passe et nous ne pouvons accepter l'indécision ou le blocage de la communauté internationale», a dit M. Sarkozy lors d'une conférence de presse à l'Elysée.
Mme Merkel a de son côté appelé la Russie à bien «mesurer les conséquences» de son veto. «Nous n'allons pas relâcher nos efforts pour venir en aide au peuple syrien», a-t-elle assuré.
L'ambassadeur britannique rappelé
L'ambassadeur de Grande-Bretagne à Damas a été rappelé à Londres pour consultations, a révélé lundi le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, en dénonçant la répression sanglante exercée par le régime syrien de Bachar al-Assad.
«J'ai rappelé aujourd'hui pour consultations notre ambassadeur à Damas. Lui-même et son équipe travaillent dans des conditions difficiles», a dit devant le parlement le chef de la diplomatie britannique.
Juppé reçoit le Conseil national syrien
Le chef de la diplomatie française Alain Juppé a reçu lundi à Paris le président du Conseil national syrien (CNS, opposition) Burhan Ghalioun et s'est entretenu par ailleurs avec deux hauts responsables arabes, a-t-on appris de sources diplomatiques.
Au lendemain du double veto russe et chinois au Conseil de sécurité qui a bloqué l'adoption d'une résolution condamnant la répression en Syrie, Alain Juppé avait indiqué dimanche que la France ne resterait pas «les bras croisés» et prendrait des initiatives, notamment en vue de constituer un «Groupe des amis de la Syrie».
Lundi, le ministre a reçu pendant plus d'une heure au Quai d'Orsay M. Ghalioun, le dirigeant du CNS qui regroupe la majorité des courants de l'opposition syrienne. Il lui a exprimé le «soutien» de la France au peuple syrien, a-t-on indiqué de sources diplomatiques.
Le ministre s'est également entretenu au téléphone avec le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi et avec le Premier ministre du Qatar cheikh Hamad Ben Jassem al-Thani, avec qui il a eu des «consultations intenses» à propos de la constitution d'un «Groupe des amis de la Syrie», ont ajouté ces sources.
Dans ce groupe, avait précisé dimanche le ministre des Affaires étrangères, pourraient figurer les 13 pays membres du Conseil de sécurité sur 15, qui ont voté en faveur du projet de résolution finalement bloqué par le double veto, ainsi que tous les pays de la Ligue arabe et «tous ceux qui voudront se joindre à nous pour faire pression sur la Syrie».
(ats/afp)























