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Syrie
04 février 2013 10:45; Act: 04.02.2013 14:43 Print
Libération de deux otages occidentaux
Des «extrémistes» syriens ont libéré deux ressortissants russes et un Italien enlevés le 12 décembre dernier en Syrie, en échange de «combattants».
«Les citoyens russes enlevés le 12 décembre 2012 par des extrémistes syriens sur la route entre Homs et Tartous, dans l'ouest de la Syrie, ont été libérés le 3 février en échange de combattants», a précisé le Ministère dans un communiqué. Le Ministère russe des Affaires étrangères ne donne aucune autre précision sur ces «combattants».
Israël «regrettera son agression»Un haut responsable iranien a affirmé lundi à la presse, lors d'une visite à Damas, qu'Israël «regrettera son agression» contre la Syrie. «L'entité sioniste regrettera son agression contre la Syrie, comme elle a regretté ses guerres des 33 jours, des 22 jours et des huit jours», a assuré le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranien, Saïd Jalili. Il faisait référence à la guerre contre le Hezbollah en 2006 et les deux attaques contre la bande de Gaza en décembre 2008-janvier 2009 puis en 2012.
Selon le responsable iranien, dont le pays est le principal allié régional du régime du président Bachar al-Assad, «la Syrie est à l'avant-garde face à l'entité sioniste, et l'Iran qui préside actuellement le groupe des Non-alignés utilisera toutes ses relations (...) pour soutenir la Syrie contre l'ennemi sioniste». «Le monde islamique est uni dans la défense de la Résistance» contre Israël, a poursuivre M. Jalili, qui effectue depuis samedi une visite à Damas.
Selon les autorités syriennes, le raid aérien israélien a visé un centre de recherche militaire près de Damas. L'Etat hébreu craint, selon un responsable américain, des transferts d'armes au Hezbollah chiite libanais.
L'armée libanaise répondra «fermement» à toute attaque
Le chef de l'armée libanaise a assuré que les militaires répondront avec force à toute attaque les visant, dans un entretien publié lundi, trois jours après la mort de deux soldats dans un accrochage avec des islamistes dans l'est du pays.
«Nous couperons la main de quiconque agresse l'armée et nous poursuivons les attaquants où qu'ils se trouvent et quel que soit le parti auxquels ils appartiennent», a dit le général Jean Kahwaji au quotidien As-Safir.
Dimanche, il avait affirmé aux soldats que l'attaque contre une patrouille de l'armée dans la région d'Arsal, dans l'est du pays près de la frontière syrienne «était préméditée et que (les deux victimes) avaient été tuées de façon barbare. Les méthodes utilisées vont à l'encontre de nos religions chrétienne et musulmane».
Vendredi, deux militaires libanais, dont un capitaine, avaient été tués dans un accrochage avec des hommes armés. Selon des responsables des services libanais de sécurité, les agresseurs étaient des islamistes radicaux.
Un élu local a précisé que Pierre Bashalani et Ibrahim Zahrman avaient été assassinés avec des haches et leurs corps mutilés, ajoutant qu'ils avaient été vraisemblablement torturés avant leur mise à mort. L'armée a depuis lancé une traque pour retrouver les coupables. Mandat d'arrêt contre le chef du Renseignement syrien
La justice militaire libanaise a lancé lundi un mandat d'arrêt contre le chef des services de renseignements syriens, Ali Mamlouk, dans le cadre d'une affaire d'explosifs transportés de la Syrie au Liban, a affirmé à l'AFP une source judiciaire.
Ces explosifs avaient été saisis dans la voiture de l'ex-ministre libanais Michel Samaha, actuellement en détention. Le général Mamlouk, le grand patron de l'appareil sécuritaire en Syrie, avait été convoqué par la justice libanaise le 14 janvier, mais il ne s'était pas présenté. Le vice-ministre des Affaires étrangères syrien en visite en Chine
Le vice-ministre des Affaires étrangères syrien, Fayçal Muqdad, en visite lundi à Pékin, doit rencontrer le chef de la diplomatie chinoise, Yang Jiechi, partisan d'une solution politique au conflit, a annoncé une porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
Cette visite, dernière d'une série d'émissaires envoyés par Damas cette année, intervient alors que l'opposition syrienne a proposé l'ouverture de pourparlers avec le gouvernement pour mettre fin à un conflit qui dure depuis bientôt deux ans.
Fayçal Muqdad, qui doit séjourner quatre jours à Pékin, rencontrera le ministre des Affaires étrangères chinois Yang Jiechi et son vice-ministre Zhai Jun, selon la porte-parole, qui n'a pas précisé à quelle date.
La Chine, avec la Russie, a soutenu le président syrien Bachar Al-Assad en apposant son veto à une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui prévoyait d'accroître la pression sur le régime. Pékin a appelé plusieurs fois à une «solution politique» urgente de ce conflit sanglant.
«Cette visite souligne la volonté de la Chine de trouver une résolution politique au conflit syrien,» a réitéré lundi la porte-parole, Mme Hua Chunying.
La Chine avait déjà reçu l'émissaire international pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, au mois d'octobre, un leader de l'opposition en septembre ainsi qu'un émissaire de Damas le mois précédent. Pékin avait également reçu le ministre des Affaires étrangères Wallid al-Mouallem au mois d'avril.
Les deux Russes sont «en bonne santé» et se trouvent «déjà à l'ambassade de Russie à Damas», a-t-il ajouté. «Le ressortissant italien, M. Belluomo, qui avait été enlevé avec eux, sera remis à des représentants de son pays par le Ministère syrien des affaires étrangères», selon le communiqué.
La Russie avait entrepris des «contacts intenses» avec les autorités syriennes ainsi qu'avec différentes forces d'opposition en Syrie et à l'extérieur du pays, a ajouté le ministère. Les trois ex-otages travaillaient dans une fonderie syrienne privée, Hmisho and Co, située près de Homs.
Les rebelles resserrent leur étau à Jisr al-Choughour
Dans la province syrienne d'Idleb (nord-ouest) ravagée par la guerre, la scène est peu ordinaire: à portée de fusil d'un check-point de l'armée, des gamins chahuteurs gambadent au milieu des rebelles en armes dans de paisibles jardins verdoyants.
Les insurgés ont resserré leur étau autour de la ville de Jisr al-Choughour, tenue par les forces fidèles à Bachar al-Assad, mais ils se gardent pour l'instant d'attaquer, préservant une paix précaire dans plusieurs villages de la périphérie.
Sur une hauteur à l'est de la ville, les habitants du hameau d'Ayni Seda vivent presque comme si de rien n'était. En contrebas, on aperçoit camions et soldats du régime circuler dans le centre de Jisr al-Choughour sur le célèbre pont romain qui enjambe la rivière Oronte.
Les villageois vont et viennent tranquillement dans la ligne de mire des snipers et des artilleurs loyalistes barricadés derrière les sacs de sable, du haut de leurs positions aménagées sur le toit des immeubles sans âme du centre-ville.
«Les militaires nous ont prévenus: si une seule balle part d'ici, ils détruiront le village», explique Radwan Hadji, villageois et membre local de l'Armée syrienne libre (ASL). Les rebelles se sont donc abstenus de tout mouvement.
Les snipers de l'armée tirent néanmoins de façon sporadique sur les maisons «dès qu'ils repèrent une activité inhabituelle», affirme un voisin.
Zone rebelle
Jisr al-Choughour est avec la ville d'Idleb l'une des deux agglomérations d'importance encore sous contrôle des forces du régime dans la province majoritairement sunnite d'Idleb, frontalière de la Turquie et aujourd'hui en grande partie tenue par les rebelles.
En six mois, les insurgés, au prix d'incessants combats et de lourdes pertes, y ont conquis check-points, bases militaires et localités loyalistes. De très lentes avancées, disent certains habitants épuisés par le bain de sang. Une inéluctable progression que les forces du régime ne parviennent pas à endiguer, estiment les rebelles.
Au contraire du calme relatif qui règne à l'est de Jisr al-Choughour, de furieux combats ont eu lieu ces dernières semaines au nord et à l'ouest de la ville.
Au pied d'une montagne où serpente la vallée de l'Oronte, «Jisr al-Choughour est désormais entourée par les rebelles au nord, à l'est et à l'ouest», assure Naqib Hassan, numéro deux de la brigade ASL Hurya. «Sur ces trois axes, nous sommes à 1 km de la ville».
Seul l'axe sud, qui mène vers la ville d'Idleb elle aussi presque cernée, reste dégagé. «La présence de trois ou quatre villages alaouites (minorité religieuse proche du chiisme dont est issu le président Bachar al-Assad) empêchent de nous y infiltrer», explique Naqib Hassan.
Sur l'axe nord, les rebelles se sont emparés depuis trois mois des localités de Darkush, Zarzour, puis des villages chrétiens d'al-Yaquoubia et Janoudia ces derniers jours, deux hauts lieux dominant toute la vallée de l'Oronte.
Ville fantôme
La grande majorité des habitants ont fui al-Yaquoubia la chrétienne, dont les maisons sont presque toutes fermées. Quelques portes et volets ont été apparemment forcés. Les rebelles occupent plusieurs demeures sur l'avenue centrale du bourg.
Autour de Jisr al-Choughour, apparemment pas de présence des hommes en noir du Front al-Nosra, organisation jihadiste incontournable dans le reste de la province. Mais les brigades Ahrar al-Cham, autre groupe armé islamiste, sont bien là.
L'objectif des rebelles est désormais de prendre Jisr al-Choughour, 50'000 âmes avant-guerre. «Mais le problème est d'épargner les nombreux civils pris en otage derrière ses murs par l'armée», reconnaît Naqib Hassan.
«Les militaires se servent de la population, empêchée de fuir, comme d'un bouclier, ils ont fait de la ville une prison à ciel ouvert», affirme-t-il.
(ats/afp)

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