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Syrie
10 février 2012 10:13; Act: 10.02.2012 21:42 Print
Morts et blessés dans deux explosions
Deux «explosions terroristes» ont frappé vendredi Alep, la deuxième ville de Syrie, faisant au moins 28 morts et 235 blessés parmi les civils et les militaires.
Les explosions ont secoué Alep, la deuxième ville du pays. (photo: AFP)
Deux attentats à la voiture piégée ont secoué vendredi Alep, la deuxième ville de Syrie, faisant au moins 28 morts. Au même moment, les chars de l'armée pénétraient dans la région rebelle de Homs dévastée par une semaine de bombardements intensifs.
Explosion d'un dépôt de munitions au LibanTrois Syriens qui gardaient un dépôt de munitions à Tripoli, dans le nord du Liban, ont été tués vendredi soir dans une explosion accidentelle, a annoncé une source de sécurité à l'AFP.
Les trois hommes, qui ignoraient visiblement le contenu des caisses entreposées dans ce dépôt, avaient allumé un feu pour se réchauffer, ce qui a provoqué l'explosion et un incendie. Le dépôt était situé dans une propriété privée dont les autorités ne connaissaient pas le propriétaire.
L'incident a provoqué un regain de tension dans la ville après les affrontements qui ont opposé dans la journée des hommes armés de deux quartiers rivaux, l'un soutenant le régime du président syrien Bachar al-Assad et l'autre le contestant.
L'armée s'est déployée dans la journée dans les deux quartiers, avant de se replier dans une rue séparant les deux secteurs. Cinq personnes, dont deux soldats, ont été blessées dans ces violences.
La ville de Tripoli, majoritairement sunnite, a été le théâtre ces dernières années d'affrontements entre sunnites, qui soutiennent l'opposition libanaise hostile au président syrien, et alaouites (une branche du chiisme à laquelle appartient M. Assad) qui sont loyaux au mouvement chiite Hezbollah allié à Téhéran et Damas.
A Alep, relativement épargnée par la contestation, les deux attentats visaient le siège des renseignements militaires et le QG des forces de l'ordre, faisant 28 morts et 235 blessés, a indiqué le ministère de la Santé. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), au moins 30 personnes ont péri dans ces attentats.
«Un terroriste s'est fait exploser avec sa voiture à 100 mètres du portail» du siège des forces de l'ordre, a affirmé la télévision officielle. Elle a montré le cratère provoqué par l'explosion ainsi que des images de destruction et des secouristes récupérant des restes humains sous les décombres.
Le pouvoir syrien a imputé le double attentat à des «gangs terroristes», qu'il accuse d'être derrière les violences depuis le début, mi-mars 2011, de la révolte populaire contre le régime du président Bachar al-Assad. Mais l'opposition a pointé le régime du doigt, l'accusant d'avoir voulu ainsi détourner l'attention de la répression à Homs.
Baisse d'intensité
Ces attentats sont survenus au moment où les Syriens commençaient à se rassembler dans plusieurs villes pour dénoncer le veto russe, il y a près d'une semaine, à une résolution de l'ONU condamnant la répression dans leur pays.
Des manifestations ont eu lieu à Hama (centre), Idleb (nord- ouest), Damas et même dans certains quartiers de Homs, a déclaré le chef de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, depuis le Royaume-uni. Mais les défilés ont un peu baissé d'intensité «en raison du déploiement en masse» des troupes et des forces de sécurité pour empêcher les manifestations, a-t-il souligné.
A Damas, les forces de sécurité ont ouvert le feu pour disperser une manifestation dans le quartier de Mazzé, faisant au moins 15 blessés, selon l'OSDH et les Comités locaux de coordination (LCC) qui organisent la mobilisation sur le terrain.
Les chars entrent à Homs
En plus des attentats d'Alep, les violences dans le pays ont fait 37 morts vendredi, selon l'OSDH. 29 civils ont été tués par les tirs des forces de sécurité essentiellement à Homs (centre), Alep (nord) et Dmeir (province de Damas), rapporte l'organisation basée à Londres.
A Homs, surnommée la «capitale de la révolution», des chars ont pris d'assaut le quartier Inchaat, que les soldats ratissaient maison par maison. Le bilan de la journée s'élève à 12 morts, mais plus de 450 personnes ont péri dans cette ville depuis le début de l'offensive actuelle le 4 février, selon les militants. Des ONG ont dit redouter une crise humanitaire «majeure».
En décembre et en janvier, des attentats suicide avaient touché Damas, faisant quelque 70 morts. Les autorités les avaient là aussi imputés à des «groupes terroristes», alors que l'opposition accusait le régime.
Saisir la CPI?
Occidentaux et Russes sont engagés dans un bras de fer sur la Syrie, les premiers dénonçant les «massacres» du régime et les seconds persistant à soutenir Damas. Les violences en Syrie ont fait, selon les militants, plus de 6000 morts en près de 11 mois.
Alors que la Ligue arabe doit tenir dimanche au Caire une réunion sur la Syrie, le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a souligné la nécessité pour la «communauté internationale» d'agir. Et le roi Abdallah d'Arabie saoudite estime que la confiance dans l'ONU a été «ébranlée» après le veto russo- chinois.
A Genève, le Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a estimé que le Conseil de sécurité devait saisir la Cour pénale internationale (CPI). Et de rappeler qu'une commission d'enquête des Nations unies avait conclu que des crimes contre l'humanité ont eu lieu depuis mars 2011 en Syrie.
Mais le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a accusé l'Occident de s'être rendu complice de l'aggravation de la crise en soutenant les opposants.
(ats/ap)























