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Crise en Syrie
07 février 2012 15:04; Act: 07.02.2012 17:48 Print
Un référendum sur une nouvelle constitution
Le chef de la diplomatie russe a déclaré mardi que le président syrien allait bientôt annoncer la date du référendum sur une nouvelle Constitution, dont le contenu a été finalisé.
«Le président Assad a dit que dans les jours à venir il allait rencontrer la commission qui a rédigé le projet de nouvelle Constitution. Le travail est terminé, et désormais le calendrier pour le référendum sur ce document très important pour la Syrie doit être annoncé», a dit Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères russe.
Diaporama Asma al-Assad l'épouse de Bachar Promesses syriennes à la RussieLe chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a déclaré mardi avoir eu une rencontre «très utile» à Damas avec le président syrien, Bachar al-Assad, qui lui a promis de «faire cesser les violences d'où qu'elles viennent».
«Nous avons eu une rencontre très utile. Le président syrien nous a notamment assuré qu'il s'était entièrement engagé à faire cesser les violences d'où qu'elles viennent», a déclaré M. Lavrov, cité par les agences russes, à l'issue des entretiens.
«Il est clair que les efforts pour faire cesser les violences doivent être accompagnés d'un dialogue entre toutes les forces politiques», a poursuivi le chef de la diplomatie russe. «Aujourd'hui, le président syrien a confirmé sa bonne volonté de contribuer à ce processus», a-t-il ajouté.
La Russie s'est pour sa part dite prête à continuer à chercher une solution au conflit syrien en se basant sur l'initiative de la Ligue arabe dont le dernier projet prévoit notamment le transfert des pouvoirs du président Assad à son vice-président. «Nous avons confirmé notre bonne volonté de contribuer à une sortie de crise sur la base de l'initiative proposée par la Ligue arabe», a déclaré M. Lavrov.
Le ministre n'a pas fait de commentaires sur l'avenir du président syrien alors que plusieurs experts russes avaient estimé à la veille de la visite que le départ d'Assad serait à l'ordre du jour des entretiens. La semaine dernière, M. Lavrov a déclaré dans une interview à la télévision australienne que la Russie n'était pas «un allié» du président syrien.
«Nous ne sommes pas un ami, nous ne sommes pas un allié du président Assad. Nous n'avons jamais dit que le maintien au pouvoir du président Assad est la solution à la crise», avait-il souligné.
Mardi, M. Lavrov a par ailleurs dit que la Russie maintiendrait des contacts avec des opposants syriens, tout en laissant entendre que les Occidentaux étaient mieux placés pour cette mission. «C'est ceux qui ont plus d'influence sur (l'opposition) et qui doivent travailler avec eux», a-t-il dit.
M. Assad a pour sa part affirmé au ministre russe que la Syrie voulait que la mission de la Ligue arabe continue de travailler dans le pays et qu'elle soit élargie. «La Syrie informe la Ligue arabe qu'elle a intérêt à ce que la mission de la Ligue continue son travail et soit élargie», a souligné M. Lavrov.
Bachar al-Assad avait annoncé le 10 janvier pour le début du mois de mars l'organisation d'un référendum sur une nouvelle Constitution syrienne.
La commission chargée d'élaborer le texte a prévu de limiter le mandat présidentiel à deux septennats, a écrit fin janvier le quotidien al-Watan, sans pour autant préciser si cette réforme s'appliquera à Bachar al-Asad dont le second mandat s'achève en 2014.
Ambassadeurs expulsés
Les monarchies arabes du Golfe ont annoncé mardi avoir décidé d'expulser les ambassadeurs de Syrie dans leurs pays et de retirer les leurs en poste à Damas. Elles dénoncent le «massacre collectif» commis par le régime.
Dans un communiqué, le Conseil de coopération du Golfe (CCG) demande aux ambassadeurs de Syrie de «quitter immédiatement» les six pays membres du groupement régional, dont l'Arabie saoudite est le chef de file, et annonce le rappel des ambassadeurs de ses six pays membres de Damas.
Le CCG «suit avec une extrême inquiétude et colère l'intensification des tueries et de la violence en Syrie, qui n'épargne aucun enfant, femme ou vieillard», affirme le communiqué qui dénonce «un massacre collectif contre un peuple désarmé».
Relations diplomatiques inutiles
Il précise que les relations diplomatiques sont «devenues inutiles après le rejet par le régime syrien de toutes les tentatives et de tous les efforts arabes sincères visant à régler la crise et arrêter l'effusion du sang» en Syrie.
Cette mesure intervient alors que les six monarchies du CCG (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Oman, Qatar et Koweït) tiennent samedi à Ryad une réunion sur la Syrie après l'échec de l'ONU à adopter une résolution condamnant la répression dans ce pays.
Un ministre turc appelle à mettre fin au «massacre»
Le ministre turc des Affaires européennes, Egemen Bagis, a exhorté la communauté internationale à se mobiliser pour mettre fin aux «massacres» de civils en Syrie en convaincant le régime d'effectuer des réformes démocratiques.
«La Turquie fait ce qui est juste» en dénonçant la répression «car des innocents sont tués de toutes parts et parce que nous avons tous la responsabilité de mettre un terme à ce massacre», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Bruxelles, à l'issue d'une rencontre avec le président du Parlement européen, Martin Schulz.
«Il est temps pour la communauté internationale de travailler de concert pour convaincre les dirigeants syriens de faire les réformes nécessaires afin que tous les gens en Syrie puissent vivre dans la prospérité et en liberté», a ajouté le ministre.
Son Premier ministre Recep Tayyip Erdogan avait annoncé un peu plus tôt que la Turquie lancerait une «nouvelle initiative» internationale pour la Syrie après le blocage d'une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU visant à arrêter l'effusion de sang dans ce pays voisin.
Il n'en a pas précisé immédiatement le contenu. M. Erdogan a condamné fermement le double veto russe et chinois au Conseil de sécurité samedi, affirmant que ce blocage «est un permis de tuer aux mains du tyran» syrien, en référence au président Bachar al-Assad.
Le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu doit se rendre mercredi aux Etats-Unis, alliés de la Turquie au sein de l'Otan, pour notamment évoquer le dossier syrien avec la secrétaire d'Etat Hillary Clinton et l'administration américaine.
Deux «espions» arrêtés à Berlin
Deux agents soupçonnés d'avoir espionné des militants de l'opposition syrienne en Allemagne pour les renseignements syriens ont été arrêtés mardi matin à Berlin, a annoncé le parquet fédéral dans un communiqué.
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a convoqué l'ambassadeur syrien à Berlin suite à ces interpellations. «Une éventuelle action contre l'opposition syrienne ne peut en aucun cas être acceptée», a souligné le chef de la diplomatie à Berlin.
La police judiciaire allemande a arrêté les deux suspects après avoir perquisitionné leurs domiciles.
Les deux hommes, un Syrien de 34 ans et un Germano-libanais de 47 ans, «sont soupçonnés, d'avoir travaillé pendant plusieurs années pour un service de renseignements syrien en espionnant des opposants syriens dans la République fédérale», a expliqué le parquet de Karlsruhe compétent en matière d'espionnage et de terrorisme.
Les deux suspects doivent être présentés mercredi à un juge de la Cour fédérale pour un placement en détention.
Les domiciles de six autres personnes soupçonnées de participation à la surveillance des opposants ont également été perquisitionnés, mais la police n'a pas procédé à leur arrestation.
(ats/afp)























