WikiLeaks aux Etats-Unis

20 décembre 2010 07:11; Act: 20.12.2010 07:50 Print

Julian Assange, un «terroriste high-tech»Julian Assange, un «terroriste high-tech»

Le ministère de la Justice américain explore les voies légales pour poursuivre le fondateur de WikiLeaks Julian Assange, a affirmé Joe Biden, le vice-président américain.

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05.12 Julian Assange se rend une fois encore devant la justice pour tenter d'éviter une extradition vers la Suède. 02.11 La Haute cour de Londres a confirmé mercredi l'extradition du fondateur de WikiLeaks Julian Assange vers la Suède, un jugement qui survient après 11 mois de bataille juridique mais est susceptible d'appel devant la Cour suprême. Le soldat américain Bradley Manning, incarcéré pour avoir fourni à WikiLeaks des milliers de documents confidentiels américains, a été inculpé par la justice militaire, le 2 mars 2011. Julian Assange déguisé en femme, en mai 1995 dans les rues de Melbourne. Le manoir d'Ellingham Hall, près de Londres, où Assange passera son assignation à résidence. 16.12 Julian Assange devant la Haute cour de Justice de Londres qui a prononcé sa mise en liberté conditionnelle. La Haute cour de Londres a accordé la liberté conditionnelle à Julian Assange le 16 décembre en appel. Des manifestants devant la Haute cour de Londres, le 16.12. Manifestant devant le consulat britannique à Sao Paulo, samedi 11 décembre. Protestation en faveur d'Assange à Madrid, samedi 11 décembre. Supporter de WikiLeaks, Barcelone, samedi 11 décembre. A gauche le logo de la nébuleuse Anonymous et à droite le logo de l'opération "Payback" en soutien à WikiLeaks de ce même collectif. Kristinn Hrafnsson, le nouveau visage de WikiLeaks après l'arrestation de Julian Assange. Claes Borgstrom est l'avocat des deux Suédoises qui accusent Julian Assange de viols et d'agressions sexuelles. De nombreuses personnes se sont réunis le 7 décembre devant la Cour de justice de Westminster. Ils demandaient la libération du co-fondateur de WikiLeaks. Julian Assange est sous le coup d'un mandat d'arrêt international. Julian Assange, arrêté mardi matin 7 décembre par Scotland Yard, devait comparaître devant la Cour de justice de Westminster, selon la Cour. L'un de ses avocats londoniens, Mark Stephens (Photo), a déclaré à son arrivée au tribunal que son client «allait bien», et que l'audition par la police britannique avait été «très cordiale». «Ils ont vérifié son identité», a-t-il expliqué. «Ils se sont assurés qu'il s'agit bien de Julian Assange et nous sommes prêts à comparaître», a-t-il ajouté devant une meute de journalistes qui assiège le tribunal, situé au coeur de Londres près du Parlement. Une voiture censée transporter le fondateur de WikiLeaks est entrée par un portail du tribunal, sans qu'on puisse distinguer formellement Julian Assange à l'intérieur. La fiche d'Assange sur le site internet d'Interpol. Le 7 décembre, Julian Assange, 39 ans, «a été arrêté en vertu d'un mandat européen à 09H30 GMT», alors qu'il se présentait devant la police, a précisé Scotland Yard. Julian Assange doit répondre des accusations de «coercition, agression sexuelle et viol» à l'encontre de deux femmes, pour des faits qui auraient été commis en août en Suède. Julian Assange est en passe de devenir une figure culte: différents sites internet vendent des tee-shirts à son effigie. Le 30 novembre 2010, le fondateur de WikiLeaks a été placé par Interpol sur la liste des personnes les plus recherchées. Assange est recherché en Suède pour des affaires de «viol, agression sexuelle et coercition». L'une des victimes, une Suédoise de 30 ans, avait organisé un séminaire à l'Université d'Uppsala sous le titre "La première victime d'une guerre est la vérité". Assange y avait été invité à présenter sa plate-forme. Assange aurait suivi la femme après une fête et l'aurait violée. La deuxième victime est une photographe, qui aurait fait la connaissance d'Assange lors de la même fête. L'Australien a jusqu'ici toujours proclamé son innocence et parlait d'une campagne des services secrets US contre sa personne. Julian Paul Assange est né le 3 juillet 1971 à Townsville, Queensland, en Australie. Ses parents étaient des comédiens ambulants. En raison d'une dispute concernant la garde de son demi-frère, Julian Assange et sa mère ont été contraints de fuir en permanence et de se cacher, ce qui a amené l'enfant à devoir fréquenter successivement 37 écoles différentes, suivies de 6 autres universités australiennes. Assange a fait ses premiers pas d'informaticien grâce au Commodore 64 offert par sa mère. En 1987, il acquiert un modem et, sous le pseudonyme "Mendax", il commence ses premières activités de hacker. Simultanément, Assange étudie les mathématiques et la physique à l'Université de Melbourne. Alors qu'il était hacker, Assange fait la connaissance de sa future femme. En 1989, ils emménagent ensemble et ont un fils, Daniel (photo), en 1990. Un an plus tard, le couple se sépare. Le fils de Julian a refusé de le suivre lorsque celui-ci a décidé de quitter l'Australie. Daniel décrit son père comme quelqu'un de très intelligent. Julian Assange estime que certaines personnes ne sont pas en mesure d'atteindre son niveau et de comprendre ses idées. Les débuts de WikiLeaks datent de décembre 2006. Assange a publié, sur son site Wikileaks plus de 400 000 documents confidentiels relatifs aux modes opératoires de l'armée américaine en Irak. La structure de la plate-forme et son financement restent secrets. Seul Assange est sur le devant de la scène. L'ancien porte-parole de presse d'Assange, l'Allemand Daniel Domscheit-Berg, conseillait "à personne de collaborer avec lui". En janvier 2008, le serveur WikiLeaks publiaient plusieurs documents sur des clients de Julius Bär aux îles Cayman. Les noms de 12 personnes étaient clairement notifiés. Au printemps 2010, WikiLeaks transporte ses serveurs en Suède. Début avril 2010, WikiLeaks fait sensation au niveau international en publiant une vidéo des attaques aériennes à Bagdad du 12 juillet 2007. Un soldat US, Bradley Manning, aurait transmis les informations. Le jeune homme de 22 ans a été arrêté après la publication des enregistrements vidéo de l'hélicoptère Apache. Le 28 novembre 2010, Wikileaks refait sensation en publiant plus de 250 000 documents diplomatiques américains.

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«Nous regardons ça. Le ministère de la Justice se penche sur la question», a déclaré Joe Biden, selon la transcription d'un entretien qui devait être diffusé sur la chaîne «NBC».

«S'il a comploté avec un militaire des Etats-Unis pour mettre la main sur ces documents secrets c'est fondamentalement différent d'un journaliste à qui on les remettrait», a jugé le vice-président.

La loi américaine contre l'Espionnage, datant de 1917, n'est pas taillée pour ce genre de cas car il faut prouver que le site WikiLeaks, à l'origine de la révélation de milliers de notes diplomatiques américaines, n'est pas un média traditionnel.

Les procureurs du ministère américain travaillent sur une autre base juridique. Ils cherchent à rassembler des preuves que le fondateur de WikiLeaks a «comploté», selon les mots du vice- président, en encourageant ou même en aidant en amont le militaire américain Bradley Manning, soupçonné d'avoir transmis les milliers de documents au site internet.

Atteinte à la sécurité nationale

L'accuser de complot permettrait notamment à l'administration américaine de rendre M. Assange responsable d'atteinte à la sécurité nationale, tout en justifiant que les médias traditionnels restent couverts par la liberté d'expression protégée par la Constitution.

«Cet homme a fait des choses qui ont nui, mis en péril la vie et le métier de certaines personnes dans le monde. Il a rendu plus compliquée la conduite de nos affaires avec nos alliés et nos amis», a justifié Joe Biden, qui a qualifié Julian Assange de «terroriste high-tech».

Par peur de nouvelles fuites, les interlocuteurs du vice- président préfèrent dorénavant le voir en tête-à-tête plutôt qu'entouré de collaborateurs, a-t-il expliqué.

Lundi, interrogé par le quotidien espagnol «El Pais» sur les propos de Joe Biden, Julian Assange a répondu que «selon le vice- président nord-américain, la vérité sur les Etats-Unis, c'est du terrorisme.

«Le terrorisme se définit comme l'emploi de la violence à des fins politiques. L'Administration de Biden continue de s'offusquer de notre organisation et de la presse avec un objectif violent ou politique, donc qui sont les terroristes ?»

(ats)

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