Energy Challenge

12 septembre 2017 09:00; Act: 28.09.2017 10:21 Print

La Suisse est-elle prête pour l'énergie solaire?

par Stephanie Sigrist - Un ensoleillement insuffisant, des panneaux solaires inesthétiques et trop chers: il s'agit là des principaux préjugés sur l'énergie solaire.

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L'utilisation actuelle de la technologie photovoltaïque ne dépend que partiellement de l'intensité du rayonnement solaire. (Photo: Julian Salinas, Office fédéral de l'énergie)

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Le soleil est une source inépuisable d'énergie et l'utilisation de la puissance de ce corps céleste par le biais de modules photovoltaïques ou de collecteurs solaires crée de l’indépendance vis-à-vis de fournisseurs d'électricité externes. De plus, comme toutes les formes d'énergie renouvelable, l'énergie solaire est beaucoup plus respectueuse de l'environnement et du climat que les combustibles fossiles. Malgré ces avantages de taille, de nombreux préjugés et mythes sur l’énergie solaire continuent de se propager d'après SuisseEnergie. Cet article doit pouvoir faire table rase de ces légendes et aborder les questions urgentes concernant le photovoltaïque.

Commençons par l'idée reçue selon laquelle la Suisse ne serait pas suffisamment ensoleillée pour pouvoir exploiter l'énergie solaire. L'ensoleillement annuel varie dans notre pays, en fonction du site, de 1050 à 1550 kWh/m2. En d'autres termes, la surface totale de 41 285 km2 de la Suisse reçoit environ 200 fois plus de rayonnement solaire que la consommation totale d'énergie du pays.

Un potentiel du soleil insuffisamment exploité

Quelques endroits très ensoleillés tels que Sion (VS) ou Samedan (GR) sont même comparables à la Toscane ou à la Provence en termes de rayonnement. Par ailleurs, l'utilisation actuelle de la technologie photovoltaïque ne dépend que partiellement de l'intensité du rayonnement solaire. Ainsi, les pays d’Europe qui exploitent le plus intensivement l'énergie solaire sont autant méridionaux (Grèce et Italie notamment) que du centre du continent (Allemagne, Belgique, République tchèque). Par ailleurs, le potentiel de production des toits et des façades suisses est élevé, puisqu'il pourrait couvrir près de la moitié de la consommation intérieure totale d’électricité. Malheureusement, il est à peine exploité, puisqu'en 2016, seuls 5% des toits et façades adaptés étaient équipés d’installations photovoltaïques.

Ces installations sont en outre souvent accusées de coûter trop cher. Fondé ou pas? Si une installation photovoltaïque de 30 m2 sur une maison individuelle coûte environ 15 000 francs, en défalquant la subvention financière de la Confédération, de 3400 francs (dès 2018), et les déductions fiscales, de près de 2900 francs, l'installation ne coûte plus que 8500 francs.

Le kWh de courant ne coûte plus que la moitié

Les coûts de production du courant autoproduit s’élèvent à 13 centimes par kWh. Mais après déduction de la subvention et de l'économie d’impôts, ce chiffre tombe à 9,5 centimes par kWh. Ce coût est très inférieur aux 20 centimes par kWh que les foyers suisses paient pour le courant à la prise murale. C'est pourquoi il est judicieux de produire son courant soi-même. La production excédentaire qui ne peut être utilisée directement dans la maison est par ailleurs injectée dans le réseau électrique. Elle est rémunérée sous la forme du tarif dit d’injection.

Les esthètes formulent eux aussi leurs objections quant aux installations photovoltaïques: les modules installés sur les façades des maisons seraient moches à regarder. Bien que la technologie la plus répandue actuellement est celle des modules cristallins fabriqués en tailles standard et dont la couleur varie du bleu au noir, ces derniers ont été grandement perfectionnés au cours de ces dernières années et leur gamme considérablement élargie. Les cellules des modules cristallins en silicium peuvent notamment être disposées de manière différente, si bien qu’une quantité supérieure de formes que les rectangles standard est désormais possible. Les modules à couches fines autorisent d’ailleurs des formes encore plus flexibles et permettent notamment des ajustements à des formes courbes. Les couleurs peuvent elles aussi être modifiées grâce aux nouvelles technologies. Actuellement, la palette des teintes s’étend du vert au blanc en passant par le rouge.

Pour qui mon installation solaire produit-elle du courant?

Selon un autre préjugé, le courant généré par une installation photovoltaïque ne peut pas du tout être auto-utilisé. Ce n'est pas complètement faux: les installations solaires produisent essentiellement du courant pendant la journée, en particulier vers midi. Or, même si personne n'est à la maison de la journée, certains appareils ménagers tels que les réfrigérateurs, les congélateurs ou les équipements de commande consomment de l'électricité en permanence. Les appareils en veille tels que les téléviseurs, les chaînes stéréo, les routeurs, les machines à café ou les copieurs figurent parmi les autres consommateurs de courant en continu. Mais l'installation photovoltaïque peut répondre à ces besoins en électricité. En effet, comme les grands consommateurs de courant tels que les cuisinières, les fours et les appareils de cuisine ou les objets informatiques sont principalement utilisés le matin et le soir, en fonction de la saison et de la météo, ils peuvent aussi être alimentés par la propre installation photovoltaïque.

D'après SuisseEnergie, la part d’électricité produite pouvant être autoconsommée dépend surtout de la taille de l'installation et du comportement individuel de consommation énergétique. Ainsi, dans le cas d’une installation très petite, de 12 m2, une proportion de 35 à 40% du courant produit est affectée à l’autoconsommation. Le solde est injecté dans le réseau, en contrepartie d'une rémunération de la part du fournisseur d'électricité. Et si l’installation est un peu plus grande, jusqu'à 30 m2, seul 20% à 40% du courant produit peut être autoconsommé.