Etats-Unis

09 novembre 2017 11:09; Act: 09.11.2017 11:09 Print

«C'était bon de savoir qu'il allait mourir»

Accusée d'avoir causé la mort de son fiancé en sabotant son kayak, une Lettone de 37 ans a été condamnée mercredi à une peine de 4 ans de prison.

storybild

Angelika était passée aux aveux lors de son interrogatoire mais s'était rétractée par la suite.

Une faute?

Angelika Graswald, 37 ans, a été condamnée mercredi à 4 ans de prison pour avoir causé la mort de son fiancé en sabotant son kayak, le 19 avril 2015 sur le fleuve Hudson à New York. En juillet dernier, la trentenaire avait plaidé coupable d'homicide par négligence criminelle. Elle pourrait déjà bénéficier d'une liberté conditionnelle en décembre prochain, la Lettone ayant déjà passé un certain temps derrière les barreaux dans l'attente de son procès. Une amende de 5000 dollars lui a par ailleurs été signifiée, rapporte le «New York Times».

Selon le procureur, Angelika a intentionnellement causé la mort de son fiancé Vincent Viafore, 46 ans, en retirant un bouchon de son kayak de manière à ce qu'il se remplisse d'eau. La trentenaire aurait également bidouillé la pagaie de son homme et l'aurait éloignée de lui alors qu'il se débattait dans des eaux à 4 degrés. Le malheureux serait resté accroché à son kayak retourné pendant 5 à 10 minutes, mais ce n'est qu'après une vingtaine de minutes que sa fiancée aurait appelé les secours. Le corps de la victime n'avait été retrouvé qu'un mois après sa noyade.

La «barrière de la langue»

Après la lecture de la sentence, l'avocat de la défense a lu une déclaration d'Angelika: «Jamais je n'aurais imaginé me réveiller un jour et me retrouver derrière les barreaux, accusée du meurtre de l'homme que j'aime. Toute cette procédure a été incroyablement difficile pour moi. Je ne pense pas avoir été traitée équitablement.» Le procureur affirme que lors de son interrogatoire, Angelika a avoué avoir saboté le kayak de son fiancé. «C'était bon de savoir qu'il allait mourir», aurait-elle déclaré aux enquêteurs, ajoutant qu'elle savait qu'elle toucherait les 250'000 dollars de l'assurance vie de son conjoint.

Mais l'avocat de la défense affirme que «la barrière de la langue» – Angelika ne parlant pas bien l'anglais – a fait dire à sa cliente des choses qu'elle ne pensait pas. Dans une interview à ABC News, la trentenaire avait expliqué avoir craqué pendant l'interrogatoire et donné aux enquêteurs «ce qu'ils voulaient». Dans les jours suivant la disparition de Vincent, la Lettone avait partagé sur Facebook des photos de son couple, mais aussi des blagues et des vidéos d'elle faisant la roue ou visitant un sanctuaire animalier.

Arrangement avec le procureur

Dans un premier temps, la trentenaire devait faire face à des accusations de meurtre au second degré et d'homicide involontaire au second degré. Elle risquait ainsi d'être condamnée à une peine maximale de 25 ans de prison et avait plaidé non coupable. En juillet, la trentenaire avait trouvé un arrangement avec le procureur et plaidé coupable d'homicide par négligence, admettant qu'elle avait sous-estimé les risques d'une sortie sur l'Hudson ce jour-là.

(joc)