Inde

13 août 2017 16:01; Act: 13.08.2017 17:40 Print

Soixante gamins meurent à l'hôpital faute d'oxygène

Le bilan encore provisoire fait état de la mort de 64 enfants dans un hôpital, suite à une pénurie d'oxygène. Beaucoup réclament la démission du ministre en chef de l'Uttar Pradesh, au Nord de l'Inde.

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Un proche allié du premier ministre indien Narendra Modi faisait face dimanche à des appels à la démission. Au moins 64 enfants sont morts dans un hôpital public du nord de l'Inde qui a connu une pénurie d'oxygène.

Les décès sont survenus pendant six jours, alors que les médias indiens ont indiqué que 30 enfants étaient morts jeudi et vendredi en raison d'un manque d'oxygène dans les secteurs de l'hôpital réservés aux enfants.

Le bilan est encore provisoire et pourrait s'aggraver. Dimanche, le commissaire de police de Gorakhpur, Anil Kumar, a déclaré à l'AFP que 11 autres enfants étaient morts à l'hôpital samedi.

Démission demandée

Yogi Adityanath, ministre en chef de l'Uttar Pradesh, Etat dans lequel a eu lieu la catastrophe, s'est rendu sur place dimanche. Les proches des victimes, en colère, réclamaient des réponses.

À mesure que l'indignation augmentait, les partis d'opposition et les critiques du gouvernement ont demandé la démission de Yogi Adityanath. Ce prêtre hindou avait remporté les élections en mars dans cet Etat, le plus peuplé de l'Inde.

«Cet incident a eu lieu en raison du laxisme du gouvernement de l'État, qui en est pleinement responsable», a déclaré samedi Ghulam Nabi Azad, un dirigeant du principal parti d'opposition au Congrès en Inde. «Le ministre en chef, le ministre de la santé et le secrétaire à la santé doivent immédiatement démissionner, les médecins ne devraient pas être accusés de cela», a-t-il dit.

Enquête en cours

Selon des médias indiens, la société fournissant les bonbonnes aurait mis fin à ses services, apparemment en raison du non-paiement de factures se montant à plusieurs millions de roupies, certaines remontant à novembre.

Une enquête a été ouverte sur les dysfonctionnements de cet hôpital Baba Raghav Das, dans le district de Gorakhpur, dans l'Uttar Pradesh, gouverné par le parti de droite Bharatiya Janata du Premier ministre Narendra Modi.

Manque d'oxygène

Les responsables locaux ont concédé qu'il y avait eu une interruption de l'approvisionnement en oxygène à l'hôpital, mais continuent d'affirmer que les décès ont été causés par des maladies telles que l'encéphalite, et non par l'absence d'oxygène.

«Nous sommes convaincus qu'aucune de ces vies n'a été perdue à cause de cet épisode», a déclaré dimanche à l'AFP un haut responsable de la santé publique local, sous couvert d'anonymat.

Des médecins ont admis que l'approvisionnement en oxygène avait été interrompu pendant quelques heures jeudi soir. Mais ils ont déclaré qu'aucun décès n'avait eu lieu à ce moment. Cette interruption coïncide cependant avec une brutale augmentation du nombre de victimes jeudi, quand 23 nourrissons sont morts.

Panique et chaos

Les familles des victimes ont vivement contesté cela, décrivant la panique et le chaos lorsque les patients ont commencé à se battre contre un manque brutal d'oxygène. Des appareils de respiration artificielle manuels ont alors été utilisés pour aider les enfants.

«Dès que nous sommes arrivés à l'hôpital, on nous a remis une petite pompe et on nous a dit de pomper en continu. Je l'ai fait pendant plus de trois heures et demie,» a déclaré le père d'une victime, Shailendra Gupta, cité dimanche dans le journal Indian Express. «Le jour suivant, on nous a informé qu'il était mort».

Vers les cliniques privées

Les hôpitaux publics indiens sont souvent débordés et au bord du point de rupture. Les patients doivent faire face à de longues listes d'attente, même pour des interventions simples, et sont contraints à partager des lits.

De ce fait, ceux qui le peuvent évitent les hôpitaux publics et se tournent vers les cliniques privées, où une consultation coûte ne moyenne 1000 roupies (plus de 13 euros), une somme énorme pour les millions d'Indiens qui vivent avec moins de deux euros par jour.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • vito le 13.08.2017 18:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    quel malheur

    pourquoi cela ne fais pas autant de bruit qu'un acte terrosiste en europe ou la vente d'un joueur à 222 milions? quel monde malheureux que nous vivons. Ma pensé va a tous ces petits enfants

  • Anne H le 13.08.2017 17:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ingratitude

    Un intolérable "fait divers" - bon rappel pour les nouilles égocentriques qui râlent suite à une attente de quelques heures aux urgences, à 20 minutes de leur domicile, parfaitement équipées en matériel et personnel, avec des chaises en salle d'attente et une machine à café, alors qu'il viennent pour un problème non vital voir non urgent: être privilégié n'oblige personne à être ingrat.

  • Alfy le 13.08.2017 17:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Incompréhensible

    Affreux, horrible, inconcevable et inadmissible.

Les derniers commentaires

  • PhilR le 15.08.2017 07:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Des milliers

    " Des milliers de gosses meurent de gain chaque année "

    • Simon le 15.08.2017 10:03 Report dénoncer ce commentaire

      @PhilR

      Et ?... ça excuse donc ce cas là ?????

  • Alessia le 14.08.2017 16:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Encore

    Entre tous les enfants siamois ou avec des infirmités quand leur gouvernement va t il enfin bouger ....

  • et dire que ns sommes en 2017 le 14.08.2017 10:58 Report dénoncer ce commentaire

    c'est honteux

    Laisser crever des enfants comme certains font crever de pauvres bêtes.... l'humain continue décidément à régresser. La pire des races parfois

  • Gary008 le 14.08.2017 09:38 Report dénoncer ce commentaire

    Une question de priorités

    C'est une terrible nouvelle mais je ne peux m'empêcher de demander pourquoi l'Inde cherche à dépenser tant de milliards pour développer leur armes thermonucléaires au lieu de renforcer leur infrastructure sanitaire.

    • Pierre Roche le 14.08.2017 15:30 Report dénoncer ce commentaire

      voisins

      Regardez ce qu'ils ont comme pays voisins et vous comprendrez pourquoi...

  • Moi Lui le 14.08.2017 07:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    revoltant

    Et pendant ce temps chez nous, certains patients gaspille l'oxygène en fumant tout en étant branché a cette dernière...