Genève

10 novembre 2014 17:44; Act: 11.11.2014 07:10 Print

«Durant le vol, je n’ai pas quitté des yeux ce clapet!»

par Jérôme Faas - La fixation d’un capot de réacteur est restée ouverte entre Genève et Djerba, en Tunisie. Un passager l’aurait signalé, en vain. La compagnie n’a pas fait de commentaire.

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Lun des crochets immobilisant le carénage du réacteur du Boeing 737 était ouvert au décollage. (Photo: lecteur)

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«Je pars du principe que si un clapet existe, c’est pour être fermé.» Alexandre connaît peu les avions, mais use de son bon sens. Celui-ci l’a fait tiquer le 25 octobre passé, alors qu’il était assis dans un appareil Tunisair sur le point de quitter Cointrin pour Djerba. Par le hublot, il repère une attache ouverte sur le réacteur. Inquiet, il avertit l’équipage qui décidera de... ne rien faire.

«Le chef de cabine est venu deux fois observer la pièce. Le commandant de bord aussi est venu deux fois. Ils ne nous ont rien dit, puis l’avion a décollé. Le clapet baillait d’environ 1,5 cm au sol, de 3 cm en l’air. Je peux vous dire que je ne l’ai pas quitté des yeux de tout le vol!» Remis de sa frayeur, Alexandre ne sait
toujours pas s’il a été en danger.

La réponse est non. La compagnie n’a pas répondu aux sollicitations, mais deux pilotes, dont l’un est encore en ­activité, l’assurent. «Rien de vraiment dangereux», dit l’un. «C’est comme rouler avec le capot d’une voiture ouvert d’un cran, image l’autre. Ce crochet sert à fermer le carénage du réacteur. Pour qu’il risque d’être arraché, il en faudrait deux ou trois ouverts. Cela arrive, d’ailleurs. En général, l’avion fait demi-tour.»

Les deux hommes s’étonnent en revanche de la passivité de l’équipage face à «cette erreur du mécanicien». Rabattre la pièce prend quinze secondes: «Si je suis le pilote, j’appelle tout de suite le mécano. C’est réglé sur-le-champ, et tout le monde est rassuré. C'est crétin d'avoir fait l'économie d'un geste simple.»