Genève

27 novembre 2016 16:37; Act: 27.11.2016 18:56 Print

«Hé Mad'moiselle! Tu me files ton numéro?»

par Marine Guillain - Des jeunes ont mené une action choc samedi après-midi pour sensibiliser au harcèlement de rue.

Une faute?

«Oh mon dieu c'était trop violent!» «Je me sens trop stressée là!» «Mais c'est quoi ça?» Surprise et réactions, chez ces jeunes femmes qui viennent de se faire insulter. L'une fronce les sourcils, une autre rit jaune, mal à l'aise. Samedi après-midi, le Parlement des jeunes Genevois (PJG) a créé une zone «reloue» sur la plaine de Plainpalais. Quatre haut-parleurs crachant en continu des remarques et des insultes ont été installés sur quelques mètres de l'allée centrale.

«On a voulu sensibiliser les gens au harcèlement de rue en leur permettant de faire l'expérience concrète de ce que ça représente», explique Elise Blandenier, vice-présidente du PJG. Les phrases ont été choisies à la suite d'un brainstorming entre filles au sein de l'association. Toutes ont été reprises d'expériences réellement vécues dans la rue: «Hé madmoiselle! Hé attends! T'as une clope? Je te raccompagne chez toi? Il est où ton copain? Tu me donnes ton numéro? Non? T'es moche de toute façon.»

Entre ça et des insultes plus grossières encore, surgit très vite un sentiment oppressant. «Ça me choque d'entendre ce genre de phrases et ça me donne envie d'agir, car c'est la réalité et c'est encore trop tabou», déplore Adrien Renaud, du PJG.

Tous types de réactions

Certains passants ralentissent, s'intéressent, d'autres passent tout droit, casque sur les oreilles. «On a eu toutes sortes de réactions, note Valérie Vuille, du journal online DécadréE, qui promeut une presse égalitaire. Des gens enthousiastes car ils se sentent concernés, ou sont ouverts à la problématique. D'autres plus agressifs, qui ne comprenaient pas.» Un homme n'a par exemple pas supporté que sa copine se fasse «traiter de pute» et est sorti de ses gonds. Soûlé par l'enregistrement, un marchand a, lui, voulu débrancher les câbles.

L'action «zones relouEs» s'inscrit dans le cadre de la Biennale du Genre et de la campagne «Ça veut dire non!», qui s'est déroulée du 17 au 26 novembre.

Dans le reportage vidéo (ordre d'apparition):
Elise Blandenier, vice-présidente du PJG
Gabriela Cabré, co-organisatrice du projet et membre du comité du PJG
Valérie Vuille, du web-journal DécadréE
Marie, une passante
Olivia, une passante
Adrien Renaud, trésorier du PJG