Genève

10 avril 2017 14:19; Act: 10.04.2017 15:25 Print

«Inadmissible de politiser le pont du Mont-Blanc»

par Jérôme Faas - Le maire Guillaume Barazzone est choqué par le pavoisement de l'ouvrage, décidé par ses collègues de gauche. Ceux-ci assument.

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Les drapeaux ont été installés ce lundi en début d'après-midi. (Photo: 20 minutes / jef)

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«Il est inadmissible que l'on politise le pont du Mont-Blanc!» Ce lundi après-midi, l'ouvrage qui enjambe la rade a été pavoisé avec des drapeaux «STOP TISA», à la grande colère du maire de la Ville de Genève. Guillaume Barazzone a donc décidé de rompre la collégialité pour critiquer la décision prise par ses collègues du Conseil administratif. L'élu PDC n'apprécie pas qu'il ait orné le pont de sa défiance vis-à-vis de cette accord, négocié par cinquante pays, et visant à libéraliser le marché des services.

Pour le maire, les drapeaux flottant sur le lac devraient être réservés «aux manifestations officielles suisses et genevoises, aux organisations internationales, aux congrès, aux salons et aux grandes manifestations sportives». Le règlement municipal relatif au pavoisement prévoit effectivement ces priorités, mais n'interdit pas au Conseil administratif de faire des exceptions.

«La lutte contre la torture, c'est aussi politique»

Les drapeaux «STOP TISA» seront visibles une semaine. Ils font suite à une pétition de 2017 et une motion de 2015 votée par les partis de gauche, l'UDC et le MCG. «Celle-ci demandait que la Ville fasse pression sur Berne pour rendre public le contenu des négociations sur TISA, et qu'elle fasse tout son possible pour s'opposer à cet accord», explique le conseiller municipal Vert Alfonso Gomez. D'où ce pavoisement, dont le caractère politique ne l'émeut pas. «La convention pour la lutte contre la torture, c'est aussi un message politique, sauf qu'il fait beaucoup plus l'unanimité.»

«Clivage gauche-droite transcendé»

La Conseillère administrative socialiste Sandrine Salerno assume la démarche. «Déjà, ce n'est pas la première fois: on pavoise aussi le 1er mai. Ensuite, le message a obtenu, au Conseil municipal, une majorité qui transcende le clivage gauche-droite. Sinon, j'aurais été bien plus réservée. Enfin, l'enjeu, les services publics, concerne vraiment tout le monde.» Son collègue Sami Kanaan, socialiste également, abonde: «Ces accords négociés dans la plus grande confidentialité mettent en danger la notion même de service public.»

Eloge de la rareté

Sandrine Salerno dit cependant rejoindre Guillaume Barazzone sur un point: «Là où il a raison, c'est qu'il faut savoir utiliser ce pont avec parcimonie. Il ne s'agit pas d'un espace d'affichage public supplémentaire.»