
«Ce serait trop triste de perdre un endroit si chaleureux, où on se sent si bien. Battons-nous!» a écrit Kezia sur le réseau social Facebook. En apprenant que le café allait être détruit, Bénédict, enfant du quartier, a créé, il y a un mois, le groupe «Sauvons le Café de l’Amitié» sur le célèbre site web. Plus de 100 personnes s’y sont inscrites. «J’ai créé ce groupe sans me rendre compte de l’impact que cela pouvait provoquer, se réjouit Bénédict. Ce bistrot a une âme. Et on souhaite le faire comprendre au propriétaire de l’immeuble.»
Une mobilisation qui a permis, il y a deux semaines, aux membres du groupe de sortir du monde virtuel pour faire connaissance autour d’une fondue. «Je suis vraiment touché de voir tous ces gens qui nous soutiennent», constate, ému, Fabien Rashani, le patron du Café de l’Amitié. «Je ne veux pas partir, s’exclame-t-il. ça fait quarante et un ans qu’on travaille ici avec ma femme.»
Le propriétaire de l’immeuble a décidé de remplacer le café par une galerie d’art. «Pas besoin d’une galerie, les artistes sont derrière le comptoir et les fourneaux», déclare Jérémy, sur Facebook. «Ils sont en train de fermer tous les vieux bistrots du quartier pour les remplacer par des boutiques de luxe», constate avec désarroi Fabien. Grâce à cette forte mobilisation, les Rashani réussiront-ils à garder leur bistrot? L’affaire est devant le tribunal.
Sabrine Gilliéron
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