Uber à Genève

06 décembre 2017 15:14; Act: 06.12.2017 18:57 Print

Des chauffeurs dénoncent un système d'esclavage

par Maria Pineiro - Une vingtaine d'employés d'une société partenaire d'Uber se sont mis en grève pour protester contre leurs conditions de travail.

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Une vingtaine de chauffeurs travaillant pour une société partenaire d'Uber ont dénoncé mercredi matin leurs conditions de travail. (Photo: mpo)

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«Uber est le plus grand arnaqueur des travailleurs de Suisse», dénonce Roman Künzler, responsable national transports pour le syndicat Unia. Autour de lui, mercredi matin, 18 chauffeurs d'une entreprise partenaire de la société américaine ont témoigné de leurs conditions de travail et se sont mis en arrêt de travail devant le siège d'Uber.

Les conducteurs reprochent à leur employeur de les faire travailler plus des 45 heures inscrites dans leurs contrats, de leur soustraire du salaire les charges sociales sans pour autant les payer et de leur taxer des coûts de téléphone et de location de véhicules.

Uber est responsable

Pour Umberto Bandiera, secrétaire syndical, «la volonté d'Uber de professionnaliser les chauffeurs ne s'est pas soldée par une amélioration des conditions de travail, bien au contraire». Unia considère par ailleurs que la société américaine est responsable des agissements de ses partenaires, ce d'autant plus que les chauffeurs-grévistes affirment que l'intégralité de leurs courses étaient des commandes Uber.

Selon le syndicat, les deux sociétés partenaires louent exclusivement leur personnel à Uber: elles sont ainsi sujettes à la loi sur la location de services soumise à une CCT qu'elles ne respectent pas.

Roman Künzler a indiqué que l'entreprise américaine temporisait: «Pour éviter un jugement qui ferait jurisprudence Uber négocie des compensations au cas par cas avec ses chauffeurs. ils jouent la montre.»

Salaires de misère

Les employés ont témoigné de salaires inexistants ou de maximum 2000 fr. pour des plein-temps. Unia a expliqué qu'Uber prenait 25% du prix de la course. Ensuite, l'entreprise partenaire retient 51% de ce qui reste. «Les chauffeurs ne gagnent rien au final», s'est insurgé Umberto Bandiera. Surtout, «les salaires payés et les heures effectuées ne correspondent pas aux contrats signés», relève le syndicat.

Alexis raconte que certains mois, après déductions, il ne touchait rien. Pour Jean, «c'est de l'exploitation, on nous menaçait de nous retirer notre permis de travail frontalier et nous n'avons jamais reçu notre carte AVS».

Réunion sous l'égide de l'Etat

Les syndicalistes ont ensuite tenté sans succès de remettre une lettre à Uber, qu'ils estiment responsable de cette situation quand bien même les chauffeurs sont employés de sociétés partenaires.

Les deux entreprises incriminées n'étaient pas joignables pour une réaction en début d'après-midi. A 16h, le Département de la sécurité et de l'emploi doit recevoir des représentants d'Unia, d'Uber et des deux sociétés, pour autant qu'elles puissent être contactées. Le département ne communiquera que si la réunion se solde par une solution.


Les commentaires les plus populaires

  • Jean Marc le 06.12.2017 13:02 Report dénoncer ce commentaire

    Vous étiez averti

    Que dire, sinon bienfait.....vous avez pas tellement hésiter à casser les prix du marché, et bien vous avez la paye et les prestations sociales qui vont avec....Uber vous considère comme des indépendants, donc c'est à vous de fixer vos prix afin d'obtenir un salaire et le recouvrement des frais qui incombent à chaque travailleur indépendant, comme un vrai patron quoi!

  • Jean Luc le 06.12.2017 13:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Qui cherche, trouve

    Vous avez voulu piquer le travail des taxis qui pratique des prix plus cher, mais qui permettent de payer la maintenance de l'outil de travail et d'avoir un salaire décent, alors cessez de pleurer et assumez vos actes !

  • Bobby Huere le 06.12.2017 13:16 Report dénoncer ce commentaire

    Information lacunaire

    Pourquoi taire le nom de l'entreprise incriminée? Ce serait intéressant journalistiquement parlant, non?

Les derniers commentaires

  • le doute le 07.12.2017 19:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    uber a raison

    Bonjour, les chauffeurs uber pour en connaître me font rire.Ils veulent tout les avatages d'une compagnie de taxis ou d'une entreprise comme globe, mais ils biaise le plus possible, course en douce, pas de contrôle sur les heures de conduites pas de contrôle sur l'état du vehicule, soyez pro suivez les formation payez vos taxes en clair soyez responsabes et respecter les clients.

  • BLM le 07.12.2017 12:42 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    IsYourLifeBro

    Aller taffer faut bien que le patron se fasse du fric sur votre dos.

  • Pierre bonial le 06.12.2017 22:23 Report dénoncer ce commentaire

    Félicitation

    Je suis content que ces travailleurs manifeste . Soyez courageux. Le peuple genevois est avec vous

    • Ayo le 07.12.2017 16:58 Report dénoncer ce commentaire

      Non mais !

      De quel droit parlez-vous au nom du peuple Genevois ???

  • Reader94 le 06.12.2017 22:14 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Comment osent-ils

    Comment peuvent-ils oser faire une grève et se plaindre de quoi que se soit alors que la plus part des voitures présentes lors de cette grève étaient en plaque VD Tous ces chauffeurs ne sont pas légale et ils osent réclamer des choses.... cest lhôpital qui se fou de la charité . Commencez par payer vos taxes et déclarez vos revenus!

    • Grandes Geules le 06.12.2017 23:23 Report dénoncer ce commentaire

      Geneve seule au Monde

      Le fait d avoir des plaques VD n as juste rien a voir avec le fait de payer ses taxes et declarer ses revenus. Aucun autre Canton n interdit de travailler avec des plaques autre que les leurs a part GE. L important est de declarer ses revenus, d avoir un vehicule prof (tachy et assurances qui vont avec), et cotiser au assurances social. Voila le reel problem avec Uber. Faut arreter avec ces plaques GE ou VD. Les limos genevoise ne se privent pas d aller avec leurs clients a Verbier a Crans Montana ou a Montreux! Par contre les autres n auraient pas le droit ? Faut relire les lois federales

    • Reader94 le 07.12.2017 08:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Grandes Geules

      La suisse est composée de plusieurs canton régie par leurs propres lois. Les lois sur Geneve obligent les chauffeurs professionnel à être avec des plaque GE 96... partant de là je ne vois même pas pourquoi tu argumente étant donné que cest hors la lois.... le fait dêtre immatriculer ailleurs est une concurrence déloyale car si ils paient leurs charges beaucoup moins élevé! 99% du temps cest pour ne rien déclarer du tout et donc payer aucunes charges dire le contraire serait être mauvaise langue

  • Opacité le 06.12.2017 19:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Il faut protéger les chauffeurs malgré eux..

    Il faut en finir avec ces sociétés opaques! La réalité est qu aucune règle n est respectée, ces sociétés ne paient pas les impôts qu elles devraient payer et les employés font de la concurrence déloyale aux autres sociétés. Ceux qui s en sortent travaillent combien d heures par jour? Les revenus sont ils déclarés ? Les normes de sécurité sont elles respectées ? Les chauffeurs disposent ils d une formation suffisante, que se passe-t-il si un chauffeur tombe malade ? On n en sait rien c est la jungle alors stop avec ces systèmes de sociétés décadents !