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Drame de Ballaison (F)
04 février 2013 07:00; Act: 04.02.2013 12:05 Print
«Je ne pardonnerai jamais à mon père»
L’ado de 17 ans qui a retrouvé sa mère poignardée et son père pendu, mardi dans leur villa de France voisine, raconte le cauchemar vécu par sa maman.
La famille P. avait emménagé récemment dans cette villa de Ballaison. (Photo: 20 minutes)
Le respect de la mémoire de sa mère. Voilà ce qui pousse M. à raconter aujourd’hui les relations tumultueuses entretenues par ses parents pendant plus de dix ans et qui ont trouvé une issue fatale, mardi dernier, dans leur villa de Ballaison (F), à quelques encablures de la frontière genevoise. Son père, M.P., a selon toute vraisemblance tué sa mère avec une arme blanche avant de se pendre. C’est le jeune homme, âgé de 17 ans, qui a retrouvé les corps en passant le seuil de la porte. Et pour M., ça ne fait aucun doute: «C’est lui qui a fait ça!»
Une enquête en coursLe Parquet de Thonon continue ses investigations suite au double décès. Si la piste du meurtre par arme blanche, suivie du suicide, est largement privilégiée par les enquêteurs, l’hypothèse de l’intervention d’une tierce personne n’est pas encore écartée. Selon nos informations, le père de famille, retrouvé pendu, avait les mains attachées dans le dos. Un élément que confirme la gendarmerie de Thonon. «Mais c’est matériellement tout à fait compatible avec le suicide», rapporte un officier.
S’il ne revient pas sur la vision d’horreur face à laquelle il s’est retrouvé, l’ado veut par contre expliquer «l’amour très jaloux, pas le bon amour» que portait son papa de 62 ans à une épouse de quinze ans sa cadette. «Ma mère voulait divorcer. Elle a tout fait pour le lui faire comprendre, mais il n’a rien voulu entendre», explique-t-il.
«Une plainte en Suisse»
La violence entre ses parents franco-suisses avait d’ailleurs jailli bien avant les événements tragiques de mardi. «Elle avait déposé plainte il y a une dizaine d’années. Pas en France, parce que les gendarmes ne voulaient pas l’enregistrer, mais côté suisse, où la police sait écouter les gens», souffle-t-il.
Son père aurait même craint de fouler à nouveau le sol helvétique, de peur de devoir rendre des comptes à la justice. Vendredi, la police cantonale genevoise n’a pas voulu commenter cette information, laissant la communication au sujet de l’affaire au Parquet de Thonon-les-Bains, chargé du dossier. Ce dernier est resté injoignable.
«Des menaces de mort»
Mais le couple a visiblement franchi le point de non-retour pendant les dernières vacances de fin d’année, passées en Espagne. «Il a étranglé ma mère. Elle est ensuite allée à la police. Elle a hésité à porter plainte, mais la Guardia Civil a insisté pour qu’elle le fasse.» Ce qui a eu pour effet de rendre fou son père, regrette M., écœuré. Renvoyé prématurément en France par sa mère, son père multipliera ensuite les tentatives de déstabilisation.
Les menaces par téléphone ont commencé à pleuvoir. «Il disait qu’il souhaitait que l’on se tue moi et ma mère sur la route du retour d’Espagne. Puis il a menacé de mettre le feu à nos maisons.» Finalement, l’histoire des époux P. s’est terminée dans un bain de sang mardi. «Il a fait ça parce qu’il est égoïste et lâche. Il n’a pas eu le courage d’assumer la séparation. Je ne lui pardonnerai jamais.» M. est actuellement entouré de sa sœur aînée et d’«amis qui le comprennent».
(tpi)

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