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Drame de Vésenaz
12 mars 2010 13:08; Act: 12.03.2010 15:40 Print
Le jeune chauffard ne retournera pas en prison
Le jeune conducteur reconnu coupable d'un triple homicide par négligence pour l'accident mortel de Vésenaz (GE) en 2004 ne retournera pas derrière les barreaux.
La Cour d'assises de Genève l'a condamné vendredi à deux ans de prison assortis de trois ans de sursis.
Les jurés ont suivi la peine requise par le Ministère public pour le chauffard qui prenait «la route pour un terrain de jeu», selon le verdict. Le jeune homme devra aussi payer plus de 200 000 francs de tort moral, de dépens et de frais de procédure.
«Ce jugement permet de donner un signal fort aux fous du volant», a déclaré satisfait le procureur général Daniel Zappelli. Il démontre aussi que, lorsqu'une course poursuite est engagée, l'ensemble des conducteurs peuvent être tenus pour responsables. Cette décision est fondamentale en termes de prévention générale, a ajouté le magistrat.
Par trois fois
Le ministère public aura dû s'y prendre à trois reprises devant la Cour d'assises pour obtenir un verdict qui reconnaît le lien entre la course-poursuite et la mort de trois personnes. Les deux premières fois, les jurés n'avaient retenu ni l'homicide par négligence, ni le meurtre par dol éventuel.
Trois jeunes avaient perdu la vie dans la nuit du 30 au 31 octobre 2004 à la sortie du village de Vésenaz. L'accusé s'était engagé dans une course-poursuite contre un ami, avec des dépassements à des vitesses faramineuses. La bande avait auparavant consommé de l'alcool et du haschisch. La voiture du copain a fini sa course contre un arbre, tuant le conducteur et ses deux passagers.
«Egoïsme crasse»
La faute du prévenu est d'une extrême gravité et le motif relève de l'égoïsme le plus crasse, a relevé Daniel Zappelli dans son réquisitoire. Il voulait montrer ses talents de conducteur pour sa propre satisfaction. Sans compter qu'il avait obtenu son permis depuis peu et avait déjà à son actif deux accidents et des excès de vitesse, a souligné la Cour.
Le chauffard est resté la tête baissée tout au long de son procès. Malgré ses regrets et ses excuses jugées sincères, Michael Anders, l'un des avocats des parties civiles, considère qu'il est toujours dans le déni.
«Du plomb dans la cervelle»
Le prévenu a déjà effectué six mois de prison préventive. Pour un jeune âgé de 18 ans au moment des faits, c'est une longue période qui a permis de lui mettre du plomb dans la cervelle, a estimé le procureur général.
Les avocats des familles des victimes sont déçus par cette peine qu'ils jugent trop légère. Mais aucune des parties ne fera recours, car après plus de cinq ans de procédure, tout le monde veut tourner la page.
Le chauffard n'a pas récupéré son permis de conduire depuis l'accident. Il occupe ses journées en jouant au football en première ligue et en travaillant à temps partiel dans le social. Il n'a pas réussi à décrocher un emploi fixe. Il devrait aussi continuer à témoigner dans des cours d'auto-école, même s'il n'y est pas obligé par la justice, a souligné son avocat.
(ats)























