France voisine

10 février 2010 18:07; Act: 10.02.2010 20:05 Print

La psychose du kidnapping d’enfants hante un villageLa psychose du kidnapping d’enfants hante un village

par Shahïn Ammane - La mairie d'Ornex, village français aux portes de Genève, a mis en garde tous les parents d’élèves de l’école primaire contre un risque d’enlèvement. En effet, une camionnette blanche suspecte rôde dans la région.

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Voilà le courrier de mise en garde que la mairie d'Ornex a transmis aux parents des élèves de la commune. (Illustration: dr)

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L., 9 ans, élève de l’école des Bois, attendait le bus scolaire, à l’arrêt Vert Village jeudi dernier lorsqu’une camionnette blanche s’est doucement portée à sa hauteur. A son bord, un homme qui invite l’écolier à le rejoindre. Pas assez persuasif, le chauffeur est vite repéré par des parents qui observent la scène et se précipitent vers L.

L’individu appuie alors sur le champignon et s’évapore dans la nature. «Le soir même, mon fils est rentré de l’école munit d’une lettre de la mairie», souffle une mère. La lecture de la missive n’a rien de rassurant: hormis les détails de l’incident, le maire invite tout le monde «à maintenir sa vigilance».

Dès lors, la petite bourgade limitrophe de Genève vit dans la hantise: «car ce n’est pas la première fois qu’une tentative d’enlèvement survient dans la région», lâche le père d’un camarade de L.

A Meinier, la peur s'était dissipée

En effet, à Gex, une ville située à proximité d’Ornex, des bruits courent aussi sur des plans avortés de kidnapping. La gendarmerie est sur le pied de guerre, mais se refuse à commenter «une enquête en cours». Le porte-parole de la police genevoise, Patrick Pulh, confirme que l’événement, pris très au sérieux, a suscité une entraide franco-suisse. Il recommande, toutefois, de ne pas sombrer dans la psychose.

«Tous les cas répertoriés ces dernières années se sont révélés n’être que des malentendus», nuance le policier. On se souvient de la panique de l’enlèvement née en janvier 2008 à Meinier, un village du canton de Genève. Un voisin d’une maman de jour qui gardait des enfants avait voulu leur offrir des jouets. Il était passé en voiture et avait interpellé les bambins, mais les cris d’une fillette, l’ont fait paniqué et prendre la fuite.

Apprenant par la presse qu’il était recherché, l’homme s’était alors rendu à la police pour s’expliquer. La hantise de l’enlèvement avait toutefois secoué le village.

Des mesures de surveillance

La Fondation pour la recherche d’enfants disparus international (FREDI) a été sollicitée la semaine dernière. Il s’agissait de rassurer les parents paniqués par un appel à la pru­dence concernant les enlèvements d’enfants lancé par les autorités scolaires du Val-de-Travers, dans le canton de Neuchâtel. «Il y a des mesures élémentaires à suivre, rappelle Diana Burgy, directrice de FREDI. Les petits doivent toujours se déplacer en groupe et de préférence sous la surveillance d’un adulte. D’autre part, il ne faut pas se focaliser sur le signalement d’un véhicule suspect, car celui-ci peut être changé.»