Conséquences de la votation anti-minarets sur le tourisme
30 novembre 2009 16:26; Act: 30.11.2009 17:21 Print
«On baisse la tête et on laisse passer l’orage»
Au lendemain des résultats de la votation sur les minarets, l’heure est encore à la surprise pour les milieux économiques suisses. L’hôtellerie genevoise espère notamment que sa clientèle moyen-orientale saura faire la part des choses.
«J’espère qu’il n’y aura pas de conséquences pour notre secteur», lâche Jacques Favre. Le directeur de l’Hôtel d’Angleterre, établissement genevois de luxe installé sur le quai du Mont-Blanc, regrette les résultats de la votation sur les minarets de dimanche. Mais il ne se veut pas pour autant alarmiste quant aux conséquences que l'interdiction de construire des minarets pourrait avoir sur l’hôtellerie du bout du lac, pourtant en partie dépendante de la clientèle musulmane du Moyen-Orient.
L'hôtellerie genevoise espère que sa clientèle ne sera pas déboussolée par le résultat de la votation sur les minarets.(Bild: Keystone)
Jacques Favre fait tout de même part de sa surprise suite au scrutin. «Dans le secteur, on n'a jamais pensé que cette initiative allait passer. Genève et Vaud sont deux cantons qui ont l’habitude de vivre avec des musulmans. J’espère seulement que les gens feront la part des choses entre le vote suisse et la réalité du bassin lémanique.» Il précise par ailleurs qu’aucun client n’a pris son téléphone pour annuler sa réservation depuis dimanche soir.
Continuer à travailler
Certes, le milieu hôtelier genevois a enregistré une baisse conséquente de fréquentation chez ses clients moyen-orientaux, l’été dernier – en août 2009, les nuitées des clients du Golfe on chuté de 40% par rapport à la même époque l’année précédente. Mais Jacques Favre estime que le refus de construire des minarets ne devrait pas amplifier la tendance. «Le problème c’est la crise économique globale qui touche tout le monde. On n’a pas que des princes qui viennent chez nous, et la classe moyenne a moins de moyens que les années précédentes. Et peut-être que cette votation sera oubliée dans les prochaines semaines.»
Même son de cloche auprès de la Société des hôteliers de Genève. Son président Paul Muller espère qu’une seule votation populaire ne remettra pas en question l’ensemble du travail accompli par la branche. Pas question, dès lors, de changer sa communication auprès des clients du Moyen-Orient. «Il ne faut pas en rajouter, affirme-t-il. On baisse la tête, on laisse passer l’orage et on continue de montrer au quotidien que le résultat de cette votation ne représente pas notre pensée.»
Peu d’effets sur les voyageurs suisses
Du côté des voyagistes, le calme semble régner. Chez la maison M-Travel Switzerland – qui gère notamment les marques Hotelplan et Travelhouse –, aucune annulation, ni même aucun téléphone de client inquiet de voyager dans un pays musulman à la suite du résultat de la votation n’a été enregistré.
L’agence ne s’attend d’ailleurs pas à voir les Helvètes arrêter de voyager dans les pays musulmans. «Il est par contre possible que ce soient les touristes musulmans qui ne veuillent plus venir en Suisse», avance Valentin Handschin, porte-parole de M-Travel. Le voyagiste ne fera d’ailleurs aucune recommandation particulière à ses clients voyageant à destination du monde musulman, suivant les directives du Département fédéral des Affaires étrangères.
(tpi)


























