Genève

30 août 2017 06:56; Act: 30.08.2017 09:17 Print

Un gros avion de ligne souffle le toit de sa villa

par David Ramseyer - Le passage d'un boeing a fait chuter les tuiles d'une maison, près de l'aéroport. L'incident est dû à un phénomène physique rare.

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(Photo: dr)

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Elle regardait tranquillement la télé. A 200m au-dessus de sa tête un avion s’apprêtait à atterrir, comme c'est régulièrement le cas à Genthod, commune voisine de Genève aéroport. La routine, en somme. Sauf que vendredi dernier vers 19h30, «il y a soudain eu une violente bourrasque, les arbres se sont mis à bouger», raconte Marion. Son mari a senti un tourbillon d'air s'engouffrer dans la cave où il effectuait des travaux. Puis il y a eu un gros bruit.

Le souffle de l'appareil a fait se détacher du toit une vingtaine de tuiles; certaines se sont écrasées au sol, devant l'entrée de la maison. «Elles auraient pu tomber sur mon fils de trois mois», s'émeut la jeune femme. Heureusement, personne n'a été blessé. Le couple a contacté l'aéroport, qui a dépêché du personnel sur place pour établir un constat.

Aujourd'hui, Marion veut comprendre ce qui s'est passé. Ses assurances n'entrant pas en matière sur pareil incident, elle se demande aussi qui payera les dégâts, dont le montant reste indéterminé.

Circonstances particulières

«Ce type d'incident, qui à notre connaissance n'a jamais fait de blessé, survient très rarement: une à deux fois par an, concède le porte-parole de Cointrin Bertrand Stämpfli. Il est dû à un vortex.» Soit une perturbation de la masse atmosphérique au passage d'un avion, ce qui provoque des tourbillons.

Comme cela a visiblement été le cas vendredi, ces phénomènes peuvent être amplifiés vers le sol, persister et dériver en fonction d'éléments simultanés qui ont trait à la température de l'air, à la présence ou pas de vent, etc. «De plus, l'avion incriminé, un Boeing 777, est l'un des plus puissants au monde», note Bertrand Stämpfli. «Les effets sont plus intenses en phase d'atterrissage, ajoute Pierre Eckert, expert scientifique à Météo Suisse. L'appareil est plus longtemps proche du sol qu'au décollage et les volets ouverts des ailes augmentent les perturbations.»

Bonne nouvelle pour Marion et sa famille: dans pareils cas, l'aéroport rembourse les dégâts causés.