Genève

26 mai 2016 11:51; Act: 26.05.2016 13:56 Print

Recours contre le mémorial du génocide arménien

Des riverains ont mandaté un avocat pour déposer d'ici au 20 juin un recours contre l'autorisation de construire du monument commémoratif.

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Image d'illustration - Une quinzaine de riverains du parc Trembley estime que le monument contrevient à la zone de verdure. (Photo: © N. Faure/Ville de Genève)

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Un recours contre l'autorisation de construire du monument commémoratif du génocide arménien «Les Réverbères de la Mémoire» va être déposé d'ici au 20 juin. Une quinzaine de riverains du parc Trembley estime qu'elle contrevient à la zone de verdure.

230 m2 de verdure vont disparaître

«Mes clients pensent qu'une chose aussi monumentale va défigurer le parc», a indiqué jeudi l'avocat et conseiller national UDC Yves Nidegger, confirmant une information de la «Tribune de Genève». Sauf intérêt public prépondérant, toute construction en zone de verdure doit être directement liée à son utilisation, comme des jeux pour enfants ou une cabane de jardinier.

Selon l'avocat, 230 m2 de verdure vont disparaître en raison de l'emprise au sol du mémorial. L'oeuvre de l'artiste français Mélik Ohanian est en effet constituée de neuf réverbères de près de dix mètres de haut dont la ou les tiges sont courbées en direction du sol. A leur bout est fixée une «larme» en Inox, qui remplace l'ampoule électrique. Des spots seront installés au sol.

Question délicate

Lauréate en 2011 d'un concours international lancé par la Ville de Genève, l'oeuvre appartient à une association privée. «En quoi y a-t-il un intérêt public à la célébration mémorielle d'un groupe particulier?» s'interroge Me Nidegger. Le terrain appartient, lui, à la Ville. L'autorisation de construire a été publiée vendredi dernier.

Le projet devait initialement voir le jour au bastion Saint-Antoine en 2013, mais des découvertes archéologiques sur ce site en ont décidé autrement. La municipalité voulait ensuite ériger le mémorial dans le parc du Musée Ariana, voisin du bâtiment des Nations unies. Sur pression de la Turquie, le Conseil fédéral a contesté cet emplacement au nom de la neutralité de la Genève internationale.

La question est délicate d'un point de vue politique. «En autorisant cette oeuvre, le canton a préféré laisser les juges trancher», analyse Me Nidegger. La décision du Tribunal administratif de première instance devrait tomber en fin d'année.

(nxp/ats)