
C’est la panique! Au Service des autos et de la navigation (SAN), les employés ne savent plus oû donner de la tête. «Une foule de gens scandalisés demandent, tous les jours, que leurs coordonnées soient retirées de la liste», s’exclame un employé sous couvert d’anonymat.
Jeudi dernier, le SAN a lancé son service numérique, qui permet d’obtenir les nom, prénom et adresse d’un automobiliste. Il suffit d’envoyer un sms accompagné du numéro de la plaque minéralogique au 939. L’opération est taxée 2 fr. Dans d’autres cantons, la même demande ne coûte que 50 ct.
Pourquoi une telle différence? «C’est en fonction du développement et de l’entretien du service que nous avons fixé ce prix», justifie le directeur du SAN, Vincent Moreno. «C’est scandaleux, vitupère le radical Jacques Jeannerat, le SAN veut s’engraisser, il encaisse un bénéfice net de 1,80 fr. pour chaque message.»
Auteur d’une interpellation urgente déposée hier au Conseil d’Etat, l’élu fustige un système qu’il juge dangereux. «Si un détraqué repère une fille au volant, il a tout de suite son adresse», s’exclame-t-il. Il demande ainsi que cette technologie soit suspendue le temps que tous les propriétaires de véhicule soient avertis. «Il est possible que cette occasion soit utilisée par des gens malintentionnés, concède Laurent Moutinot.» Le magistrat, qui a donné son accord, demandera bientôt un bilan de l’opération.
Shahïn Ammane
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