Genève

08 juin 2017 14:16; Act: 08.06.2017 15:44 Print

Une fâcherie Ville-Canton prive l'Opéra de 3 millions

par Jérôme Faas - Les députés de la commission des finances ont refusé, mercredi, d'étudier le versement d'une subvention au Grand Théâtre.

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Le Grand Théâtre, sur la place Neuve, en 2013. (Photo: Keystone/Christian Beutler)

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Trois millions de francs, voilà ce que coûte au Grand Théâtre un désaccord entre la Ville de Genève et le Canton. Mercredi, une subvention du montant en question était à l'ordre du jour de la commission des finances du Grand Conseil. Celle-ci n'est même pas entrée en matière, privant de facto l'institution lyrique de cette somme. En agissant de la sorte, les députés souhaitaient exprimer leur mécontentement vis-à-vis de la Municipalité.

Selon le député PLR Cyril Aellen, «il ne s'agit absolument pas de sanctionner le Grand Théâtre lui-même». L'énervement des élus trouve sa source dans le dossier de la répartition des tâches entre le Canton et les communes: ils estiment que la Ville, qui avait accepté en 2015 le principe d'un transfert de l'Opéra à l'Etat, a retourné sa veste.

«Dans ces conditions, on ne paie plus»

«Elle souhaite maintenant une institution gérée à 50%-50%, explique Cyril Aellen. Or, nous ne sommes pas d'accord de continuer à financer une entité enchevêtrée. Clairement, nous disons: dans ces conditions, on ne paie plus rien jusqu'à ce que l'on ait une feuille de route.» Et si cette coupe mettait vraiment à mal le Grand Théâtre? «Il demeure une institution de la Ville. Donc s'il manque un bout, qu'elle le mette.»

Jeu de mots

L'origine de cette brouille trouve sa source en 2015. Voyant que le Grand Conseil rechigne à voter un crédit de 45 millions pour la Nouvelle Comédie, la Ville propose la répartition suivante: à elle le futur théâtre, et à l'Etat l'Opéra. A la fin de l'année, le principe d'un «partenariat ou d'un transfert à plus terme est retenu». Pour le Canton, il est clair que le partenariat n'est qu'une étape. Pour la Ville, il semble que cela soit moins limpide.

«Le Grand Théâtre a besoin d'argent»

«Je comprends la décision des députés comme un avertissement que le Grand Conseil veut donner à la Ville, réagit la conseillère d'Etat chargée de la Culture, Anne Emery-Torracinta. Ils ont le sentiment qu'elle ne veut pas se désengager. Je regrette néanmoins cette décision, car le Grand Théâtre a besoin d'argent. Mais j'ai bon espoir que les choses soient aplanies quand cet objet arrivera en plénière, sans doute cet automne.»