Genève

20 juillet 2017 07:09; Act: 20.07.2017 07:09 Print

La générosité des fans «grenat» part en miettes

par David Ramseyer - Les noms des donateurs qui ont aidé à sauver le Servette FC en 2012 ont disparu du Mur de la solidarité. Ce dernier devrait être rasé.

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(Photo: dra)

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«Ça donne l'impression qu'on a payé pour rien. Il faut respecter le geste des supporters, estime Julian Karembeu, l'un des rédacteurs du site de référence Les Enfants du Servette. On doit laisser une trace de cet élan de générosité». Egalement fan des «grenat», Alex Giammarresi se dit «triste» et «surpris» de la disparition depuis le mois passé des plaques qui ornaient le Mur de la solidarité, sur l'esplanade du stade de Genève. Sur trois piliers en béton d'environ 4m. de haut figuraient les noms des quelques 5000 personnes et entreprises qui en 2012 ont fait don de près de 900'000 francs au Servette FC, alors en grande difficulté financière.

Inauguré en 2013, le monument «tombait en lambeaux, il y avait des infiltrations», décrit le président du club genevois Didier Fischer. Par respect pour ses généreux fans, le SFC a donc décidé de rénover l'installation à ses frais. En juin dernier, les plaques ont donc été enlevées et mises de côté. Et puis... rien. Le chantier a été interrompu par la Fondation du Stade de Genève (FSG).

Construit et rénové sans autorisation

La maison «grenat» n'a pas demandé d'autorisation pour rénover ces édifices, d'ailleurs construits à l'origine sans permis par l'ancienne direction du Servette de Hugh Quennec (lire encadré). De plus, le monument poserait des problèmes de sécurité en raison de son état de délabrement, et de son emplacement. Erigé près des grilles d'entrée de l'esplanade de la Praille, il pourrait constituer un obstacle malvenu en cas de mouvement de foule, notamment lors de matches internationaux qui drainent de nombreux spectateurs.

Servette s'offusque qu'on l'empêche de rendre hommage aux gestes des Genevois pour leur club de football. Mais les choses sont claires pour la Fondation: l'installation est «vouée à la démolition». Son président Laurent Moutinot estime que les plaquettes avec les noms des donateurs «peuvent être exposées ailleurs, dans l'enceinte, en sollicitant notre accord». Où? Aucune idée pour l'instant. Club et FSG doivent en discuter. Julian Karembeu a son idée: «Que l'on détruise ce Mur qui n'a jamais correspondu au projet de départ, avec des arches au-dessus des piliers, et que l'on fasse quelque chose d'intelligent. On pourrait exposer les plaques sur la façade ou dans les coursives du stade».