Statistiques

30 novembre 2016 12:26; Act: 30.11.2016 12:47 Print

Les violences domestiques en hausse à Genève

Les infractions pénales pour violences domestiques ont augmenté de 12,7% à Genève en 2015.

storybild

Scène du film « Emprise » de Claude-Michel Rome, avec Fred Testot et Odile Vuillemin. (Photo: Capture d'écran YouTube)

Une faute?

Plus 12,7%. C'est ainsi que se chiffre la hausse des violences domestiques dénoncées dans le canton de Genève en 2015. Cette hausse, la troisième en trois ans, peut s'expliquer par les efforts de prévention et de sensibilisation déployés par l'Etat, qui peut laisser supposer que les victimes s'annoncent davantage. Reste que cette augmentation suit néanmoins celle des infractions pour violences en général.

Selon l'Observatoire genevois des violences domestiques, qui regroupe quatorze institutions, 1,3% de la population a été auteur ou victime de violences, a indiqué mercredi le Département présidentiel. Cette proportion s'élevait à 1,5% en 2014.

En 2015, les institutions membres de l'observatoire ont été en contact avec 6414 personnes, essentiellement majeures (60%). Les femmes sont principalement victimes, tandis que les auteurs sont en majorité des hommes (75%). Plus de la moitié des mineurs recensés sont victimes de l'exposition aux violences conjugales exercées entre leurs parents.

En effet, la violence domestique est surtout subie ou exercée dans un contexte conjugal, au sein du couple (37%) ou après la séparation (15%). Dans 86% des prises en charge, elle est d'ordre psychologique, mais elle peut être accompagnée d'un autre type de violence. La violence physique est évoquée dans 63% des prises en charge.

53 mesures d'éloignement

La hausse des infractions pour violence domestique est due en grande partie à l'augmentation des injures ( 20%), qui représentent près d'un quart de ces infractions. Les menaces ont augmenté de 19% (23% de l'ensemble) et les lésions corporelles simples de 13% (26% de l'ensemble). En tout, 53 mesures d'éloignement administratif ont été prononcées à l'encontre de 51 hommes et de deux femmes.

Pour la première fois, les données de deux unités des Hôpitaux universitaires de Genève complètent ce tableau. L'Unité interdisciplinaire de médecine et de prévention de la violence a pris en charge 298 personnes, victimes ou auteurs. Pour sa part, le groupe de protection de l'enfance s'est occupé de 176 enfants de 16 ans ou moins, tous victimes de violences domestiques.

(nxp/ats)